Migration forcée…

La plateforme skynetblogs a tiré sa révérence, si bien que j’ai été contrainte de déménager. Nous sommes en 2018 et mes premiers pas de blogueuse remontent à juillet 2004.

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Les portes du Monde de Païkanne sur skynetblogs se sont définitivement fermées.

Quelques chiffres au 31/05/2018 :

1er (très court) billet : 09/07/2004 > Shrek, Shrek, Shrek hourrah ;

1678 notes ;

5493 commentaires ;

487036 visites.

Merci aux fidèles lecteurs qui, je l’espère, continueront à me suivre dans ma nouvelle maison.

 

Taxonomie de l’amour, Rachael Allen

Présentation. « Chose à savoir sur Hope Birdsong, ma nouvelle voisine : je suis sûr à genre 80 % qu’elle a des pouvoirs magiques. Elle fait peur à des brutes deux fois plus grandes qu’elle, elle aime grimper dans les arbres, ses cheveux sentent le chèvrefeuille en fleur, et elle ne se moque pas de mon syndrome de La Tourette.
Chose à savoir sur Hope Birdsong : elle ne sera jamais, jamais, JAMAIS amoureuse de moi. »

Il n’a fallu que quelques heures à Spencer pour arriver à ces conclusions.
Mais il y a aussi une chose à savoir sur lui : après avoir rencontré Hope Birdsong, sa vie ne sera plus jamais, jamais, JAMAIS la même.

Couverture Taxonomie de l'amour

Mon avis. Je me suis ré-ga-lé-e…

Focus sur Spencer, 13 ans, intéressé par la taxonomie suite à un exposé à réaliser pour l’école : « Cette façon d’envisager le monde m’a semblé tout fait logique. […] Certaines personnes n’aiment pas les étiquettes, mais je pense qu’elles permettent parfois de mieux se comprendre soi-même. Par exemple quand on se comporte de façon vraiment bizarre sans pouvoir s’en empêcher et que le docteur annonce qu’il s’agit du syndrome de La Tourette. C’est plus qu’une seule étiquette ou que de simples mots. C’est une révélation, une explication et un plan de bataille. Les étiquettes de ce genre peuvent vous soulager du poids que vous avez sur les épaules. » [p. 6]

La vie de Spencer bascule lorsqu’une nouvelle voisine s’installe en face de chez lui, Hope Birdsong, « chant d’oiseau d’espoir ». Tout un programme.

« – Spencer, qu’est-ce que tu regardes ? me demande Pam.

Parfois, le choc est tel qu’on en est réduit à l’honnêteté la plus totale.

– La plus belle fille que j’aie jamais vue de ma vie. » [p. 12]

Amoureux. L’adolescent est amoureux. Définitivement. Irrémédiablement. Désespérément. Comment imaginer que la jeune fille s’intéresse à lui alors qu’il tente, tant bien que mal – plutôt mal que bien d’ailleurs -, de se forger une (petite) place dans un monde qu’il peine à appréhender et qui, la plupart du temps, lui hurle sa différence au visage. Et pourtant, une amitié se noue entre Spencer et Hope. Indéfectible. Mais Spencer rêve de tellement plus. Secrètement. Douloureusement.

Six parties dans ce récit, six parties qui couvrent cinq années de la vie de Spencer, entre 13 et 18 ans : ses questionnements, ses difficultés relationnelles, tant dans sa famille qu’au lycée, le harcèlement qu’il devra apprendre à « combattre » avec les armes dont il dispose, ses souffrances, ses joies aussi. Et Hope. Omniprésente. Même quand elle s’amourache d’un autre garçon. Surtout quand elle s’amourache d’un autre garçon. Qui elle aussi connaît la douleur.

« Pendant un instant, la peur me fait totalement perdre mes moyens, mais je réussis à rester debout. Je lève les yeux. Plus haut. Encore plus haut. Et je tombe sur le visage d’Ethan Wells et de deux de ses copains à la carrure de yéti. Comment ai-je pu ne pas remarquer leur présence ? J’imagine que le bruit de mon cœur en train de se briser a couvert celui de leur arrivée. » [p. 29 – 13 ans -]

« Voilà, c’est réglé, je crois. Je peux retirer le nom de Hope de la liste des « Sera peut-être/Si Dieu le veut/Un jour avec Spencer », et classer son dossier dans la catégorie des « Filles contaminées par Dean ». Et c’est bien pire que tout ce que j’aurais pu imaginer, parce que j’avais oublié de prendre en compte le fait que c’était ma seule véritable amie ». [p. 113 – 15 ans -]

« Au-dessus de nos têtes, les étoiles nous font des clins d’œil.

Je tiens ma copine dans mes bras.

Ma meilleure amie regarde de nouveau des films avec moi.

Et aujourd’hui, c’est le plus beau jour de ma vie. » [p. 293 – 17 ans -]

Un superbe récit qui met l’accent sur la différence, la difficulté d’être soi quand on est singulier parmi le pluriel, l’amitié, l’amour… Un récit à savourer… Pleinement…

Traduction (anglais USA) : Florence Barrau.

Titre VO : A Taxonomy of Love (2018).

Un grand merci aux éditions Bayard pour cette très belle découverte.

C’est la petite bête qui…, illustré par Olivia Cosneau

Présentation. C’est la petite bête qui monte, qui court, qui tourne, qui saute…

Une drôle de chenille, facile à animer, pour faire rire et éveiller bébé.

Mon avis. Un solide album cartonné et superbement coloré qui met en scène une chenille toute mignonne.

Les sept doubles pages, agrémentées d’animations destinées aux tout petits, suivent la « petite bête » qui gravit la colline, s’encourt derrière les arbres, tourne au milieu d’une fleur, saute de branche en branche, se cache au milieu des feuilles, finit par disparaître pour renaître papillon, en un superbe pop up.

Les animations sont destinées à être manipulées, mais le cercle destiné à accueillir le doigt qui les mettra en mouvement aurait gagné, me semble-t-il, à « ressortir » davantage afin de faciliter le déplacement.

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Un grand merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

Lire est dangereux (pour les préjugés), Dave Connis

Présentation. Quel est le point commun entre L’Attrape-cœurs et Hunger Games ?

Ce sont des romans. Des romans interdits dans le lycée de Clara.

Quand la jeune fille découvre que, depuis des années, des œuvres y sont censurées sans que personne n’en sache rien, elle décide d’entrer en résistance.

Son plan ? Monter une bibliothèque clandestine dans son casier.

Et montrer qu’en aucun cas, les livres ne peuvent être dangereux.

Couverture Lire est dangereux (pour les préjugés)

Mon avis. Un véritable régal…

Clara, en dernière année de lycée, adore les livres, ce sont ses amis, ils l’inspirent dans son quotidien et l’aident parfois à faire face aux difficultés rencontrées dans son existence.

« Quatre ans.

Quarante-huit mois.

Mille quatre cent soixante et un jours.

Trente cinq mille soixante-quatre heures.

Deux millions cent trois mille huit cent quarante minutes.

Cent vingt-six millions deux cent trente mille quatre cents secondes.

C’est le temps que j’ai dû patienter avant la parution de Ne me marchez pas dessus, le nouveau roman de Lukas Gebhardt, mon auteur préféré. » [p. 7]

Fait numéro 1 : la sortie de Ne me marchez pas dessus dans lequel il est question de livres et de censure. Fait numéro 2 : Clara apprend incidemment, lors de son bénévolat à la bibliothèque, que des livres « disparaîtront » des rayonnages car désormais censurés. Pire, certains l’ont déjà été dans le passé et elle ne s’était rendu compte d’absolument rien.

Il n’en faut guère plus pour que la jeune fille décide de se battre avec les armes dont elle dispose : les livres. C’est ainsi qu’elle « ouvre » une bibliothèque clandestine à l’intérieur même du lycée. Une gageure. Se faire pincer, c’est à coup sûr perdre la bourse pour laquelle elle est encore en lice aux côtés des autres finalistes. Or, contrairement à certains qui intégreront sans souci la fac, bourse ou pas bourse, Clara en a absolument besoin…

« – Alors, ce que tu fais là, c’est une sorte de bibliothèque-doigt d’honneur ? Comme une bibliothèque secrète de livres censurés ? » [p. 103]

J’ai beaucoup aimé ce livre qui aborde des sujets tels que la censure, l’importance de la rébellion, le pouvoir des mots, tantôt salvateurs, tantôt destructeurs… Car les questions que se pose Clara suscitent la réflexion : alors qu’elle était intrinsèquement certaine du bienfait des livres, il lui apparaît que, parfois, ceux-ci engendrent la souffrance chez certains élèves qui vivent des situations conflictuelles…

« Peut-être que, malgré tous ces mots que j’ai lus dans ma vie, je n’en ai plus un seul en réserve qui compte vraiment. » [p. 207]

« Et j’ai peur. Pour la première fois de ma vie, j’ai peur des livres. » [p. 239]

À proposer sans hésitation aux élèves à partir de ~ 15 ans.

Traduction (USA) : Leslie Damant-Jeandel.

Titre VO (2019) : Suggested Reading.

Un grand merci aux éditions Milan pour cette très belle découverte.

Question de choix, Nora Roberts

Présentation. Un flic new-yorkais est plus habitué à affronter des malfrats qu’à veiller sur une héritière prétentieuse du Connecticut. Mais James, en bon policier qui se respecte – et qui suit les ordres -, n’a pas le choix : il lui faut accepter cette mission. Après tout, la maison est somptueuse, le cadre fort agréable, et il a en prime besoin de temps pour terminer l’écriture de son livre. Or, à peine est-il arrivé qu’il bute sur un problème de taille : Jessica est bien trop jolie, et pas snob le moins du monde… Comment garder la tête froide alors que la seule vue de cette fille superbe suffit à lui donner le vertige ?

Question de choix par [Nora Roberts, Béatrice Pierre]

Mon avis. Une lecture d’été. Ni plus ni moins.

Lorsqu’on lit un roman de Nora Roberts, le plus souvent on sait à quoi s’attendre dès le début. Ici, je dirais depuis la 4e de couverture même.

Mais qu’importe, le lecteur n’imagine nullement être surpris, il s’attend à passer un bon moment, sans « prise de tête ». Le but n’est pas de savoir si les protagonistes vont succomber à leur charme mutuel, mais de découvrir comment surviendra l’inévitable « happy end » après qu’ils auront surmonté les inévitables aléas de leur histoire naissante…

« Slade la repoussa doucement. Il avait besoin de se concentrer, de trouver un moyen de sortir du guêpier dans lequel il s’était fourré. C’était indispensable et urgent. » [p. 129]

« Les doigts de Slade se posèrent sur la gorge de Jessica où palpitait un pouls rapide. Elle le désirait autant qu’il la désirait. Ne pensant plus qu’à cela, Slade dénoua la serviette qui recouvrait le corps de la jeune femme et l’emporta sur le lit. Elle vit ses yeux sombres la regarder intensément tandis qu’elle déboutonnait sa chemise. Puis, la bouche de Slade s’emparant de la sienne, ses doigts se retrouvèrent prisonniers entre leurs corps. La nuit précédente, il l’avait fait planer ; à présent, il la faisait flotter. » [p. 153]

Ce roman a rempli son office.

Traduction : Béatrice Pierre.

Titre VO (1984) : A matter of choice.

Merci aux éditions J’ai Lu pour ce partenariat.

Nuit étoilée, Jimmy Liao

Présentation. Une fille incomprise de ses parents et en deuil de son grand-père se lie d’amitié avec un garçon solitaire nouveau venu dans sa classe. Le harcèlement à l’école et les brutalités urbaines les poussent à partir. Leur périple les mène à la maison de grand-père près d’un lac en montagne. À leur retour, il déménage. Elle ne le reverra pas mais désormais la vie est plus légère. De l’obscurité de la nuit traversée, reste la beauté des étoiles comme celles de la toile de Van Gogh.

Couverture du livre : Nuit étoilée - édité par HongFei édition

Mon avis. Sublime Nuit étoilée

Des illustrations magnifiquement colorées pour relater des moments difficiles de la jeune fille, profondément seule, tant à l’école que chez elle où ses parents brillent par leur absence… même quand ils sont « présents ». La mort de son grand-père adoré ajoute à sa douleur.

La rencontre avec un nouvel élève va singulièrement changer sa vie : ces deux enfants solitaires vont s’épauler et « conjuguer leurs solitudes » au pluriel sur fond des œuvres de Van Gogh et Magritte, car l’art peut parfois apporter un éclairage particulier sur la vie…

Un bémol : le texte est celui d’un adulte, et non d’un jeune censé raconter des bribes de son histoire…

Traduction : Chun-Liang YEH

Jetez un œil ici ou ici.

Merci aux éditions HongFei pour cette belle découverte…

Urbex sed lex, Christian Guillerme

Présentation. Contre une belle somme d’argent, quatre jeunes passionnés d’urbex sont mis au défi de passer une nuit dans un sanatorium désaffecté...

Urbex Sed Lex - Christian Guillerme - Babelio

Mon avis. Un thriller sans temps mort…

Un aveu au préalable : j’ai dû effectuer une recherche car en fait, « urbex » = késako ? Wikepédia est mon ami : « L’exploration urbaine, abrégé urbex (de l’anglais urban exploration), est une activité consistant à visiter des lieux construits et abandonnés par l’homme, mais cette pratique inclut également la visite de lieux interdits, cachés ou difficiles d’accès, tels que des tunnels de métro, des catacombes, des chantiers de constructions/rénovations et des rooftop (sommets d’immeubles, monuments…).

Le prologue donne d’emblée le ton puisqu’un homme est poursuivi dans une cimenterie apparemment désaffectée et n’a, semble-t-il, aucune chance d’échapper à ses assaillants. En fait, le « semble-t-il » n’est bien vite plus de mise.

« La chute lui semble interminable. Le tatouage en forme de hibou gravé à la base de son cou ne peut pas grand-chose contre la loi de la gravité.

Une fraction de seconde, il semble pouvoir s’en sortir si ce qui se situe en contrebas peut amortir sa chute.

Mais que peut-il bien se trouver au sol d’une cimenterie à part… du béton ? [p. 10]

Focus sur un quatuor : deux couples qui s’adonnent à l’urbex : Carine et Fabrice, Chloé et Théo. Ils ont reçu, sous la forme d’un courriel, une proposition pour le moins étrange : ils disposent de cinq jours pour accepter un défi qui leur est lancé en tant qu’urbexers, défi qui leur rapportera 32.000 euros. Fabrice « ne le sent pas » : trop beau pour être vrai. Pourtant, chacun ne peut s’empêcher d’imaginer ce qu’ils auraient l’opportunité d’entreprendre avec une telle somme. Fabrice finit par accepter l’idée lui aussi…

Aucun temps mort dans ce récit où la tension est palpable. Dès le moment où les quatre amis s’introduisent dans le sanatorium désaffecté, l’atmosphère s’épaissit et le lecteur les accompagne, impuissant, sursautant avec eux, crevant de trouille avant eux même…

« Maintenant que nous y sommes, perso, ça me fiche des frissons, c’est carrément sinistre en vrai ! Et puis ce silence, pas âme qui vive depuis notre arrivée… vraiment lugubre ! » [p. 64]

Et cela ne fait que commencer…

Le seul petit bémol selon moi : je trouve que les dialogues entre les « héros » manquent parfois de naturel, surtout avant « l’expédition ».

Un grand merci aux éditions Taurnada pour ce partenariat.

J’peux pas, j’ai synchro, Jean-Philippe Jel

Présentation. J’ai été officier dans deux armées. Puis j’ai enseigné aux enfants dans le 9.3., le canton de Fribourg et même avant tout ça à des adultes en Hongrie. J’ai couru des marathons, des trails, été nageur de course et de fond. J’ai été marié, j’ai un fils. Et toutes ces années, je n’avais aucune idée de qui j’étais. Le grand écart, je connais.

Et pas moyen de le faire en vrai ce grand écart.

Et puis j’ai découvert la natation synchronisée. Éduqué à entrer dans la norme, rien ne semblait m’y mener. Mais je me suis mis à la pratiquer parce que ce sport, c’est moi. Ni plus ni moins. J’ai mis tant de temps à le comprendre et surtout à l’accepter. À m’accepter.

J’ai enfin cessé de vouloir être un bonhomme pour être moi-même. Avec ma dégaine de bûcheron et mon maillot rose, je suis devenu une nageuse de synchro. Une synchronette. […]

Couverture J'peux pas, j'ai synchro

Mon avis. Une immersion – je n’ai pas pu résister – intéressante dans un milieu méconnu...

Une lecture qui met l’accent sur le parcours pour le moins atypique de l’auteur, aujourd’hui « synchronette », autrement dit nageuse – non, non, ce n’est pas une erreur de ma part ; si vous lisez le récit, vous comprendrez pourquoi il se dit lui-même nageuse – de synchro.

Jean-Philippe Jel relate les circonstances qui l’ont conduit à devenir ce qu’il était intrinsèquement sans (oser) le savoir : un passionné de « natation artistique », espèce de « danse/gymnastique dans l’eau » ? Et cela ne s’est pas fait sans heurts dans un monde pétri de codes, voire de dérives (!) où les protagonistes se déclinent presque exclusivement au féminin. Autant dire que quand il y débarque/embarque à l’aube de la quarantaine, cela fait des vagues (!)…

« Les mecs doivent faire un truc qui pète. Soit on pète des trucs, comme à l’armée. Soit on fait péter de la thune. Vu que je me cogne de la thune, je ferai péter des trucs. Je rejoins alors la Marine, parce que l’eau reste depuis toujours mon élément. C’est le seul endroit où je me sens bien, éternel retour au liquide amniotique ? Les bruits du monde s’amenuisent, je me déplace en trois dimensions, je ne suis pas cloué au sol. » [p. 21]

La troisième partie présente le coté pratique de la synchro, photos à l’appui, pour qui souhaiterait y plonger…

« La synchro, c’est ma rédemption. Face au pire des juges. Moi-même. » [p. 37]

En réalité, le titre aurait tout à fait pu être : « Je dois, je suis synchro ».

L’auteur en interview ; ici aussi.

Merci aux éditions Favre et à Gilles Paris pour ce partenariat.

Où le loup demeure, Aurore Gomez

Présentation. À Fonfroide, petit village niché au cœur des montagnes, l’arrivée des loups divise les habitants. Tandis que les uns affichent une franche hostilité, d’autres cherchent coûte que coûte à les protéger.

Benjamin, lui, y voit un bon sujet de documentaire pour son concours d’entrée dans une prestigieuse école de cinéma et Mathilda l’occasion de prendre un nouveau départ loin de tout ce qu’elle connaît.

Pour Abel, l’enjeu est tout autre. Fasciné par les loups, il craint que leur présence lève le voile sur le lourd secret qu’il cache depuis des années… 

Couverture Où le loup demeure

Mon avis : une belle découverte…

Le roman met l’accent sur des personnages au sein d’un conflit qui agite le village de Fonfroide : celui qui oppose partisans et opposants aux loups de nouveau présents dans la montagne. La situation s’envenime lentement mais sûrement dans un cadre où la nature exprime sa majesté glacée…

Focus particulier sur Abel, Benjamin et Mathilda.

Abel vit dans ces montagnes en compagnie de sa maman et sa sœur Émilie. Tous trois ont déjà dû déménager à plusieurs reprises car l’adolescent, passionné par les loups, dissimule un secret qui le ronge et auquel il est contraint de faire face, du « mieux » qu’il le peut…

– Je ne veux pas encore déménager. Ici, nous nous sommes fait des amis sur qui nous pouvons compter. Je n’ai pas envie de tout recommencer ailleurs [p. 39]

Benjamin, quant à lui, est obnubilé par le reportage qu’il est en train de réaliser sur les loups… ainsi que par Émilie pour qui il est malheureusement « transparent » malgré son embonpoint certain – qui ne le tracasse nullement – et son sens de l’humour exceptionnel.

« Si seulement je pouvais arrêter d’être amoureux d’elle », pensa Benjamin en la regardant. Depuis des années qu’il l’aimait, six pour être exact, il n’avait jamais réussi à passer à autre chose. Alors autant dire que maintenant qu’elle avait des seins – pas de simples œufs au plat -, c’était limite mission impossible. [p. 41]

Mathilda, pour sa part, se retrouve à Fonfroide bien contre son gré, ses parents ayant pensé que les « soucis » rencontrés dans son lycée s’estomperaient avec la distance.

« Son cœur se serra encore plus en repensant au fait qu’elles avaient pulvérisé leur amitié pour une erreur d’une soirée. Pour un truc sans importance. Et que depuis, cette blessure était comme une plaie béante qui ne voulait pas cicatriser. »‘ [p. 66]

Le récit progresse sans temps mort, dans une atmosphère oppressante qui flirte avec le fantastique et conduit le lecteur à s’interroger tout en explorant les pistes les plus diverses.

Un roman que j’aurais proposé sans hésitation au deuxième degré si j’avais été encore « en service ».

Un grand merci aux éditions Magnard pour ce partenariat.

Les Enfants de la Terre, 5 : Les Refuges de Pierre, deuxième partie, Jean M. Auel

Présentation. Plus tard, des millénaires plus tard, cette région s’appellera le Périgord. C’est là que parviennent enfin Ayla et Jondalar, « enfants de la Terre », au terme de leur fabuleux voyage. Le géant blond et la femme aux cheveux d’or avaient quitté leurs clans respectifs, poussés par l’esprit d’aventure et de découverte, parcouru les immenses steppes du continent européen, à l’ère glaciaire, parmi les peuples vivant de chasse et de cueillette.
Quand ils atteignent la Neuvième Caverne, où Jondalar a grandi, l’accueil de la tribu Zelandonii est plutôt mitigé. On se méfie d’Ayla, de son étrange langage, du loup apprivoisé qui l’accompagne et de ces chevaux sur lesquels elle exerce un pouvoir troublant.
La civilisation entame sa marche lente.

Couverture Les Enfants de la Terre (pocket), tome 5, partie 2 : Les Refuges de pierre

Mon avis. Une déception…

Bien évidemment, j’ai été ravie de retrouver Ayla et Jondalar, toujours aussi profondément amoureux. Bien évidemment, j’étais curieuse de découvrir si – et comment –  Ayla allait réussir à être acceptée au sein de la Neuvième Caverne, le clan de Jondalar. Bien évidemment, je voulais savoir si la grossesse de la jeune femme allait se dérouler sans encombres. Bien évidemment, je me demandais si Loup, Whinney et Rapide ne risquaient rien face à des gens pour qui les animaux représentent uniquement de la nourriture…

   « Elle le trouvait beau encore maintenant, et son amour pour lui emplissait tout son être. C’était presque plus qu’elle n’en pouvait supporter, presque douloureux. N’y tenant plus, elle se leva en silence, s’habilla rapidement et sortit. » [p. 265]

Alors, pourquoi cette déception ? En fait, il ne se passe rien durant ces 500 pages. Oh, j’exagère, mais à peine. J’ai eu l’impression, à certains moments, que l’auteur souhaitait avant tout mettre en évidence les mœurs de l’époque, tels qu’on les imagine, au détriment de ses personnages. Autrement dit, je me suis souvent ennuyée, à tel point que je me demande si lire la suite revêt un quelconque intérêt…

Traduction : Jacques Martinache.

Titre VO : Earth’s Children : The Shelters of Stone (2002)

Ce point qu’il faut atteindre, Mireille Disdero

Présentation. « Un jour, en novembre, quelque chose est arrivé. Le chaos a suivi et, dans ce chaos, j’ai surnagé, comme un sachet plastique sur un fleuve – troué, ballotté… puis rien d’autre. »

Violette et Arnaud, lycéens de 17 ans inséparables depuis la 5e, entretiennent une relation qui ne cesse de s’intensifier. Ils s’aiment. La vie est belle…

Violette, très active sur le web, anime un forum littéraire et un blog où elle exprime sa passion d’écrire. Mais, après une fête à Paris organisée par les membres du forum, elle n’est plus la même. Arnaud, qui n’était pas présent lors de la fête, s’inquiète et veut comprendre.

Que s’est-il passé cette nuit-là ? Et pourquoi ne parvient-elle pas à s’en souvenir ? Ce roman à deux voix va le dévoiler, en montrant que l’amour et la parole peuvent s’avérer de puissants remèdes à la plus dramatique des situations.

Ce-point-qu-il-faut-atteindre

Mon avis. De nouveau un texte fort de la collection « Rester vivant » chez Le Muscadier…

Le propos ici n’est pas de se demander ce qu’il s’est passé pour que le comportement de Violette se modifie radicalement, puisque l’on le devine aisément « entre les lignes ». Non, il s’agit de découvrir, par petites touches, la manière dont Arnaud va tâcher de lui venir en aide. Un travail de longue haleine qui lui demandera patience, ténacité, et surtout, surtout, beaucoup d’amour.

   « Le plus déroutant était ces mots dans ma tête – chambre froide – qui venaient cogner contre mes pensées à intervalles réguliers et en cadence avec la migraine. » [p. 45]

   « Alors, depuis son retour, je brassais tout ça dans ma tête. J’aurais aimé savoir. Mais toutes mes tentatives pour en parler avec elle se soldaient par un échec, je me cognais à un vrai mur. À force, j’avais mal, moi aussi. » [p. 64]

La partie n’est pas gagnée car Violette s’étiole et s’éteint, jour après jour. Inexorablement. Pour tenter de retrouver son souffle, elle dépose sur son blog, des mots/maux  qui crèvent la surface de son mal-être (im)palpable…

   « Les carnets de poésie – blog de Violette

     À l’ombre de l’oubli

             Assise dans l’ombre

             Entre la nuit et l’hiver

             Je suis un tissu de vie

             Aux souvenirs décousus

             Aux morceaux éparpillés

             Les recoudre plus tard

             Réparer…

             Je voudrais.

   Violette

   Accès aux commentaires refusés » [p. 65]

Un grand merci aux éditions Le Muscadier pour ce SP.