Migration forcée…

La plateforme skynetblogs a tiré sa révérence, si bien que j’ai été contrainte de déménager. Nous sommes en 2018 et mes premiers pas de blogueuse remontent à juillet 2004.

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Les portes du Monde de Païkanne sur skynetblogs se sont définitivement fermées.

Quelques chiffres au 31/05/2018 :

1er (très court) billet : 09/07/2004 > Shrek, Shrek, Shrek hourrah ;

1678 notes ;

5493 commentaires ;

487036 visites.

Merci aux fidèles lecteurs qui, je l’espère, continueront à me suivre dans ma nouvelle maison.

 

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Le paradoxe du dimanche

Quoi de plus approprié qu’un dimanche gris, pluvieux, tristounet, pour jeter sur papier/tapoter sur le clavier quelques réflexions accordées au temps.

Quand on vit seul(e), un petit/gros coup de blues peut parfois s’immiscer au fil de la journée dominicale. Si je prends mon cas – je n’ai nullement la prétention de généraliser -, c’est le jour où il m’arrive souvent de n’avoir rien prévu de particulier, en dehors d’une « confrontation avec moi-même » – et je peux parfois être compliquée – (!).

La journée commence souvent dans la bonne humeur : puisque aucune visite n’est prévue, ni dans un sens, ni dans l’autre, je peux me lever quand je le sens, déjeuner quand/si je le sens – le café est quand même obligatoire -, m’habiller quand/si je le sens. Et ça, c’est très chouette. Impression de souffler en quelque sorte.

 

Il arrive que les choses se corsent quand la journée s’étire, que les « tâches matérielles » ont été effectuées : avoir replié le linge mis à sécher la veille, avoir préparé le dîner, avoir (éventuellement) fait la « petite vaisselle », avoir corrigé l’un ou l’autre texte…

Alors se pointe l’éventail de ce que j’ai envie de faire : ranger, lire, regarder un (deux, trois) épisode(s) de l’une ou l’autre série, continuer l’enregistrement d’un roman audio, écrire un article pour le blog (!)…

Alors se pointe parfois un petit coup de blues car on peut se sentir seul(e).

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Entendons-nous bien, je ne parle pas de la « véritable solitude », celle qui vient du fait que l’on sait ne pouvoir compter sur personne : les enfants, la famille, les amis, les connaissances même sont bien présents. Et je peux leur faire signe si nécessaire. Mais je n’en ai pas forcément l’envie. Et ce ne sera pas nécessaire car le blues du dimanche s’estompera, comme toujours jusqu’à présent.

Mais quand même, une (ou deux) épaules sur lesquelles (amoureusement) m’épancher, ma foi, ça me tente parfois…

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Les copains de la petite salamandre, tome 1 : le hibou, la grenouille, la coccinelle, Blandine Aubin et Émilie Vanvolsem

Présentation. Sam la petite salamandre adore partir à l’aventure dans la nature. Elle fait toujours d’étonnantes rencontres. Un hibou casse-cou qui survole la campagne chaque nuit, une grenouille fripouille qui fait des bonds de géants, une demoiselle coccinelle dévoreuse de pucerons…
De quoi se faire de nouveaux copains !

Couverture Les copains de la petite salamandre, tome 1 : Le hibou, la grenouille, la coccinelle

Mon avis. Un très bel album…

Trois histoires : Sam vient en aide à son ami Moucheron, qui ne dort plus la nuit à cause d’un loup. En fait de loup, les deux compères feront la connaissance de la famille hibou, l’occasion d’en apprendre davantage sur cet animal nocturne.

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Focus ensuite sur la grenouille : Grenouille souhaite chanter sa sérénade à Grenouillette : pas facile quand s’en mêlent le prétentieux voisin « armoire à glace » et le brochet. Heureusement Sam et Moucheron veillent…

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Enfin Sam et Moucheron font la rencontre de Coccinelle : qui sait si cette demoiselle ne pourra pas venir en aide à leur copain Escargot, dont la laitue est dévorée par les pucerons ?

Chaque double page présente le texte à gauche en une police aisément lisible, les intervenants sont représentés par leur nom surmonté d’un dessin. Côté droit, place aux superbes illustrations, amusantes et colorées.

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Après l’histoire est proposé un quiz sous la forme de cinq questions auxquelles pourra répondre l’enfant après qu’on lui/qu‘il aura lu l’album. Pour chaque question, trois propositions de réponse.

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Téquitoi ?
Une collection pour découvrir tous les secrets des petites, moyennes et grosses bêtes !

L’image contient peut-être : texte

Merci aux éditions de La Salamandre pour ce partenariat.

Thérapie du crime, Sophie Jomain – Maxime Gillio

Présentation. Alice Rivière est une psychologue peu conventionnelle. L’incongruité, c’est son truc. Elle ne fait rien comme personne et c’est même la raison pour laquelle on vient la voir. D’ailleurs, si elle pouvait parler de ce qu’on lui confie lors de ces séances, elle aurait des centaines d’histoires à raconter. Mais la discrétion est une règle d’or. Une règle fortement ébranlée par la réapparition du commandant Xavier Capelle, qui vient lui soutirer des informations sur un de ses patients. Encore faudrait-il qu’elle accepte de l’aider et qu’elle lui pardonne l’humiliation subie seize ans plus tôt. Et pour ça, il peut toujours courir…

Couverture Thérapie du crime

Mon avis. Une bien agréable détente…

Un roman lu en quelques heures tant j’ai apprécié suivre les (més)aventures de cet improbable duo.

Alice Rivière, psychothérapeute, partage son temps entre ses patients – de Monsieur Oh-Oui-Fais-Moi-Mal à Monsieur Oh-Non-Ne-Me-Fais-Pas-Mal en passant par Monsieur J’aime-Me-Faire-Arroser –, son fils Hugo, adolescent sans problème dont elle a la garde une semaine sur deux, et Fleur, son amie de sorties.

Quelle n’est pas sa surprise lorsqu’elle voit débarquer dans son cabinet Xavier Capelle, son grand amour de jeunesse, celui qui l’a abandonnée comme une vieille chaussette.

   « – J’avais dix-neuf ans. Il en avait vingt et un. J’étais à la fac, lui à l’école de police. On a eu une histoire pendants quelques mois. Je suis tombée amoureuse comme jamais. J’avais confiance en lui, et il m’a traitée comme une moins-que-rien. Il a disparu le jour où je devais le présenter à mes parents. Ma mère avait cuisiné un gigot d’agneau et une tarte flamande.

Fleur arque un sourcil.

   – Euh… OK. Le détail est important ?

   – Oui. Parce que pour une fois, elle avait réussi tous ses plats. Cette histoire l’a traumatisée autant que moi.

   Fleur éclate de rire puis porte son verre à ses lèvres.

   – Et sinon, sexy chicken, il te voulait quoi ?

   – Sexy chicken ?

Mon amie prend un air consterné.

– Vous avez peut-être eu une aventure qui t’a dégoûtée de lui pour la fin des temps, mais pas moi. C’est sans doute un vrai connard, mais bon sang, il est plus qu’agréable à regarder. Il a un fessier du tonnerre. » [p. 135]

Autant dire qu’elle voit rouge, d’autant qu’il ne semble pas avoir changé. Le pire est qu’ils seront amenés à « collaborer » – se disputer/s’invectiver/s’injurier/se harponner – dans le cadre d’une enquête criminelle.

   « – Toujours d’après mon contact, Favier consulterait une psychologue depuis quelque temps. Je me suis dit que tu pourrais la contacter.

   Il fait glisser la fiche sur la table.

   ALICE RIVIÈRE

PSYCHOLOGUE CLINICIENNE –

PSYCHOTHÉRAPEUTE – SEXOLOGUE

   Toute la misère du monde s’abat sur mes épaules.

   Pitié, n’importe qui mais pas elle… » [p. 65]

    « Je n’en reviens pas.

   Le poids des années et les quelques rides d’expression qui mûrissent son visage n’ont pas suffi à le rendre méconnaissable. Les mêmes traits volontaires, les mêmes yeux noirs brillants d’arrogance, la même moue insupportable au coin des lèvres. » [p. 71]

Indépendamment des « héros », j’ai aussi beaucoup apprécié l’équipe de Xavier : Bernardine Pompuis et Mathieu Moreau – qui « semble tout droit sorti d’un magazine de mode pour jeunes mâles urbains. » [p. 19] -. Je retrouverais volontiers ce quatuor de choc.

Même s’il n’y a aucune surprise dans le déroulement de l’histoire, j’ai vraiment passé un excellent moment en compagnie d’Alice et Xavier, d’autant que l’humour est présent plus souvent qu’à son tour.

Merci aux éditions J’ai Lu pour ce partenariat.

Mon tapis d’éveil des animaux de la forêt, Sarah Andreacchio

Voici un tapis d’éveil qui propose des illustrations autour du thème de la forêt.

Ce tapis très doux est destiné à être déployé (55 x 43 cm) à terre ou accroché au lit grâce à des rubans. Il recèle bien des surprises : parties à soulever découvrant animaux et végétaux ; éléments sonores ; papier qui « crisse » ; miroir…

Les illustrations de Sarah Andreacchio sont superbement colorées.

Merci aux éditions Tourbillon pour cette belle découverte.

 

 

Merci aux éditions Tourbillon pour cette belle découverte.

Une enquête de Fredrika Bergman : Les étoiles de David, Kristina Ohlsson

Présentation. À Stockholm, alors qu’Efraim Kiel vient recruter un nouveau responsable de la sécurité pour la synagogue de Salomon, l’alarme se déclenche : une institutrice a été abattue devant une école juive, peu de temps avant que deux enfants disparaissent sur le chemin de leur cours de tennis. Crimes antisémites ? Vengeance personnelle ? Y aurait-il même un lien entre les crimes ?

Alex Recht et Fredrika Bergman sont chargés de l’affaire, mais une tempête de neige a fait disparaître tout indice. Pendant ce temps, Eden Lundell, à la tête de l’unité antiterroriste de la police suédoise, mène sa propre enquête sur Efraim Kiel. Qui est ce Garçon de papier qui ne cesse d’apparaître durant les recherches ? Les enquêteurs seront amenés jusqu’en Israël pour déterminer s’il s’agit d’un simple mythe, ou d’une réalité…

Couverture Les étoiles de David

Mon avis. Une enquête qui tient le lecteur en haleine…

Dans ce cinquième opus des enquêtes de Fredrika Bergman, on retrouve bien évidemment Fredrika, mais aussi Alex Recht, Eden Lundell et deux « revenants » : Peder Rydh, contraint de quitter la Police depuis son énorme « bavure » (Les anges gardiens), ainsi que le mystérieux Efraim Kiel (Les otages du paradis).

Le roman s’ouvre sur l’évocation d’un « mythe », celui que l’on nomme le Garçon de papier, un « personnage » qui reviendra à de multiples reprises au cours du livre. Apparaissent ensuite des pages titrées « La fin », pages qui émailleront régulièrement le récit et relatent un drame qui, selon toute vraisemblance, surviendra au sein de la famille d’un des personnages principaux.

   « Parce qu’elle ne sait pas encore que l’enfer l’attend au coin de la rue, elle arpente le trottoir à grands pas décidés. Du ciel sombre tombe la neige, les larmes gelées des anges, déversées sur ses épaules et sa tête. Elle tient à la main un étui à violon. La journée à été longue, elle a grand-hâte de rentrer.

   Hâte de retrouver sa famille. » [p. 13]

Cette fois, l’enquête tourne autour de la synagogue de Salomon : une jeune institutrice a été abattue devant une école juive ; peu de temps après, deux enfants de 10 ans appartenant à la même communauté sont enlevés.

   « L’obscurité, le froid.

   Et la peur. Parce qu’il était trop tard, parce qu’il avait fait une bêtise.

   Simon et Abraham étaient dans une camionnette à l’arrêt au milieu des bois, et l’homme qui les y avait enfermés ne reviendrait pas avant le lendemain. Ce qui voulait dire qu’ils allaient passer la nuit seuls dans cette voiture glacée.

   Ils pleuraient tous les deux. Des pleurs épuisés. » [p. 57]

Efraim Kiel est revenu depuis peu à Stockholm afin de superviser le recrutement d’un agent de sécurité pour la synagogue de Salomon ; quant à Peder Rydh, il est pressenti pour le poste en question.

L’équipe d’Alex Recht n’a que peu d’indices susceptibles de permettre de retrouver la trace des enfants ; tous sont conscients que le temps – tant les heures qui s’écoulent que les conditions météorologiques hivernales – joue contre eux et très vite surgit l’idée qu’ils risquent bien de ne retrouver que des cadavres…

En outre, les informations récoltées par les policiers (le groupe d’Alex), la Säpo (Eden) ou Peder ne peuvent, la plupart du temps, être mises en commun, ce qui complique les investigations, d’autant que les parents des enfants enlevés semblent peu désireux de coopérer.

Encore une fois, l’intrigue est très fouillée, les pistes – ténues – lancent les enquêteurs tous azimuts. Une seule (quasi-) certitude : tout les ramène à Israël…

Traduction (suédois) : Françoise Heide.

Titre VO : Davidsstjärnor (2013).

Un grand merci à J’ai Lu pour ce partenariat.

Hubert Falabrak, tome 1 : L’impeccable toutou d’Hubert Falabrak, Gwénaëlle Boulet – Fred Benaglia

Présentation. La famille Falabrak est… un peu foutraque. Ils oublient toujours tout, ils n’arrivent jamais à l’heure à un rendez-vous et ils aiment s’amuser, patouiller, batifoler. Hubert, au contraire, est toujours sage, un brin maniaque. Alors le jour où sa famille adopte Toutou, un chien foufou, Hubert est horrifié : de la bave et des poils partout dans la maison !

Couverture Hubert Falabrak, tome 1 : L'impeccable toutou d'Hubert Falabrak

Mon avis. Un récit qui inverse les codes…

Ce livre, destiné aux jeunes lecteurs (collection Les romans à bulles), met en scène la famille Falabrak, une famille « déjantée », dans laquelle Hubert, le petit garçon, dénote par son côté « classique ».

Lors d’une balade, ils tombent sur un chien qu’ils décident d’adopter. Or l’animal enchaine bêtise sur bêtise, ce qui n’émeut pas outre mesure la famille, en dehors d’Hubert. Lui qui est si soigné, si  précautionneux, tiré à quatre épingles, ne peut imaginer vivre en bonne intelligence avec le nouveau venu. Il lance un ultimatum à ses parents : qu’ils choisissent entre leur fils ou le chien…

Une histoire amusante, abondamment illustrée et colorée, tant dans le dessin que dans le texte, et qui plaira aux lecteurs débutants.

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

Les Ombres d’Esver, Katia Lanero Zamora

Présentation. Amaryllis a 16 ans et n’a jamais connu que la maison où elle est née, le domaine d’Esver, reculé, magnifique, mystérieux. Dans ce manoir qui tombe en ruines où elle vit seule avec sa mère austère, elle étudie la botanique avec l’espoir d’en faire son métier… Le jour où elles reçoivent une lettre du père annonçant la vente du domaine et le mariage forcé d’Amaryllis à un de ses associés, tout bascule. Pour échapper à ce destin, malgré les ombres qui hantent ses nuits, la jeune fille répondra-t-elle à l’aventure fantastique qui se cache derrière les portes fermées d’Esver ?

Couverture Les ombres d'Esver

Mon avis. Un récit d’équilibriste…

Le lecteur plonge dans un univers sombre, gothique, avec une maison en ruines, où le temps semble s’être arrêté depuis une soirée « mémorable » dont Amaryllis ne sait rien. Les portes dérobées, réseaux de couloirs secrets et autres caves renforcent l’atmosphère pesante qui imprègne les lieux.

   « La maison était traversée d’entre-murs, d’entre-sols, de doubles couloirs, de portes dérobées, de trappes, de monte-charges, de pièces à double-fond et d’escaliers en colimaçon qui étaient les voies des domestiques. » [p. 17]

   « L’horloge annonçait chaque matin l’avènement d’un autre genre de cauchemar.

   Amaryllis ne savait si elle craignait plus le crépuscule qui étendait les ombres ou l’aube qui réveillait sa mère. » [p. 21]

Amaryllis a seize ans et ne connait du monde que les murs délabrés qui les abritent, sa mère et elle, une mère austère qui régit de main de maitre leur existence misérable : tous les soirs, avant 20h44, elle somme sa fille d’ingurgiter une potion soigneusement préparée par ses soins. Pour quelle (véritable) raison ? Amaryllis elle-même l’ignore. En outre, l’adolescente est contrainte d’étudier la botanique sous toutes ses coutures – boutures – en vue de présenter un hypothétique examen d’entrée à l’Institut Théophraste d’Erésos, « la plus grande école botanique du monde » [p. 25], seul moyen apparent d’espérer quitter cette prison. Car il semble impossible pour la jeune fille de franchir les limites du domaine, quoi qu’elle entreprenne, et qui qu’elle puisse rencontrer alors qu’elle tente de le faire…

Le roman joue sur les non-dits, un habile embrouillamini qui perd le lecteur sur des sentiers détournés, à l’instar du réseau labyrinthique qui sous-tend la demeure. On ne sait sur quel pied danser : Amaryllis est-elle ou non « malade » ? Les « ombres » qui l’angoissent existent-elles ou sont-elles le fruit de son imagination ? Sa mère lui veut-elle du mal ou s’ingénie-t-elle, au contraire, à la protéger ?

   « Elle sursauta : quelque chose l’avait effleurée, elle en était certaine. Elle se retourna, mais il était peine perdue de chercher à deviner une ombre dans la pénombre. Elle la savait là, dans le coin de son œil, épousant chacun de ses pas. » [p. 53]

   « Une fois à l’abri dans l’escalier de service, le silence revint autour d’elle et elle se déboucha les oreilles, se laissa glisser contre le mur pour trouver un peu de repos dans le noir apaisant des coulisses. Elle regagna sa chambre et s’enferma à clef, haletante, encore sous le choc de la présence monstrueuse qui dormait derrière la porte. » [p. 145]

« Le fantastique, c’est l’hésitation éprouvée par un être qui ne connaît que les lois naturelles, face à un événement en apparence surnaturel. »

Introduction à la littérature fantastique, Tzvetan Todorov

Merci aux éditions ActuSF pour ce partenariat.

Un peu plus près des étoiles, Rachel Corenblit

Présentation. Mon père m’avait prévenu : si tu rencontres les patients d’ici, tu ne fais pas de commentaires, tu réagis le plus poliment possible. Tu risques d’être surpris, mais surtout tu es diplomate, tu ne montres rien à ces pauvres gens. Ils ont déjà tellement souffert. Tu vas en croiser pas mal, ici, des abîmés, des malheureux et il y a même un secteur pour les enfants et les grands ados. »

– Hé, cache ta joie, Machin. C’est super romantique comme rencontre. Manque plus que les violons, non ?

Un ado solitaire. 7 gueules cassées.
Une histoire d’amitié étourdissante, loin des apparences.

Couverture Un peu plus près des étoiles

Mon avis. Un coup au cœur…

Coïncidence (?) :  après le Club des cinq éclopés évoqué il y a peu, à destination des jeunes lecteurs, voici le Clan des sept gueules cassées auquel est confronté Rémi, un adolescent « sans domicile fixe » en raison de la profession de son père : médecin généraliste remplaçant. Docteur Sylvestre, pour ceux qui ont connu la série.

   « Dans ma vie, j’ai déménagé dix-neuf fois. En dix ans, ce n’est pas mal du tout.

   Quand j’étais plus petit, je ne réalisais pas. […]

   Je vais avoir quinze ans. Je crois que je détiens le record mondial de changements d’adresse. La France, je la connais. Ses montagnes, ses plaines, ses rivières, ses églises, ses places de la mairie, ses routes départementales, ses centres commerciaux, ses salles des fêtes municipales.

   Ses hôpitaux surtout. » [L’aventurier, 1982, Indochine – Égaré dans la vallée infernale… -, p. 13 – 14]

Rémi n’en peut plus de ces « déracinements » intempestifs, mais il ne peut rien y faire : sa grand-mère – qu’il adore – est trop âgée pour qu’il puisse vivre chez elle et sa mère n’est définitivement plus en état de s’en occuper. « Cerise sur le gâteau » : les relations avec son père sont réduites à leur plus simple expression : de rares paroles échangées quand ils « se croisent ». La plupart du temps, l’adolescent s’isole avec son Walkman et dix cassettes des années quatre-vingt, « héritage » de sa mère à cet égard, le titre des chapitres, comme celui du roman, correspond chaque fois à une chanson des années quatre-vingt -. Cette fois, direction « le Jura. L’air frais. Le bon fromage. On ne connaît pas. » [idem, p. 20 ]

   « Une forteresse posée sur un mont, entourée d’arbres remparts, peuplée par des malades et des handicapés que mon père allait soigner, par la force des pouvoirs qui lui étaient conférés ». [Travailler c’est trop dur, 1986, Julien Clerc – Et voler, c’est pas beau… -, p. 42]

Rémi y est confronté à la dure réalité de la (sur)vie puisqu’il y croisera un groupe d’enfants/adolescents ayant subi des traumatismes tels qu’ils sont profondément – dans tous les sens du terme – marqués dans leur chair.

   « Ils étaient réunis, un club de défigurés. Si on avait voulu réaliser un film d’horreur sans avoir besoin d’effets spéciaux, il aurait suffi de venir faire un casting dans cette pièce. » [The magnificent seven, 1980, The Clash – Move y’self to go again… -, p. 52]

La « rencontre » est d’abord impossible ; elle s’avère ensuite (très) difficile car la « meneuse », à savoir « la fille au visage détruit » manie l’ironie, l’autodérision, « l’encarapacement », la souffrance… comme personne.

   « Ses yeux bleus étaient immenses. Des yeux qui auraient pu être magnifiques. C’est ce que j’ai pensé, à ce moment : elle avait des yeux qui auraient pu être parfaits, des yeux d’une couleur unique, d’une forme parfaite, mais tout le reste, ce massacre, ce ravage, ce n’était pas humain.

   Alors, son visage s’est déformé. Je veux dire, encore plus déformé qu’il ne l’était. Un truc atroce. Ses joues se sont soulevées. J’ai vu les tendons apparaître, tout un mécanisme de rouages jouer sous sa peau qui se tordait, se dépliait, se déployait. J’ai réalisé que c’était une sorte de sourire. Voilà, elle souriait, et son sourire était une grimace atroce. J’aurais aimé m’enfuir, comme un lâche qui court devant un fantôme, une vision d’horreur, pour ne plus la contempler.

   – Hé, cache ta joie, Machin. C’est super romantique comme rencontre. Manque plus que les violons, non ? » [Mala vida, 1988, Mano Negra – Tu me estás dando mala vida… -, p. 10 – 11]

   « – Je suis d’accord. Il peut rester avec nous, Rémi Machin. On va voir s’il est aussi beau à l’intérieur qu’à l’extérieur. C’est pas gagné. » [Tous les cris, les SOS, 1985, Daniel Balavoine – Pour te dire que je me sens seul… -, p. 129]

Rémi réussira à approcher le groupe, mais ses propres réactions « instinctives » sont parfois à mille lieues de ce qu’il estime devoir/pouvoir faire. Difficile d’être confronté à une différence de cet acabit ; difficile d’affronter le regard de ces êtres en souffrance ; difficile d’affronter le regard des autres sur lui aux côtés de ces « monstres ». D’autant plus difficile quand le mal-être personnel que l’on croyait bien enfoui ne demande qu’à lui éclater à la gueule…

   « Je n’étais pas forcément quelqu’un de bien. » [Beds are burning, 1987, Midnight Oil – How can we dance when our earth is turning… – p. 89]

Un récit qui met le doigt là où cela fait mal, sans jamais tomber dans le pathos, et que je vous recommande chaleureusement.

Un grand merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

Les énigmes d’Amédée & Pétula, 1 : Le mystère des chips au fromage, Claire Clément et Marion Piffaretti

Présentation. Alerte ! Phénomène, la chèvre de Nany Génie, a disparu pendant la nuit ! Son cabanon est ouvert : c’est sûr, quelqu’un l’a enlevée. Accompagnés par leur chien sans flair, Amédée et Pétula sont bien décidés à tirer cette affaire au clair.

Et toi, pourras-tu les aider, en résolvant les énigmes au fil des pages ?

Couverture Les énigmes d'Amédée & Pétula, 1 : Le mystère des chips au fromage

Mon avisUn récit de la collection « Les romans à bulles » qui ravira les lecteurs débutants et curieux.

Après la présentation des personnages, utile par la suite pour la résolution des « énigmes », commence l’histoire du Mystère des chips au fromage.

Le livret relate l’aventure d’Amédée et Pétula, bien décidés à retrouver la chèvre Phénomène. Chaque double page se termine par une question à laquelle l’enfant est invité à répondre après avoir observé les illustrations et/ou s’être référé à la page de présentation des personnages.

   « Là, elle dort, mais plus pour longtemps… Tu devines pourquoi ? » [p. 11]

   « D’après toi, est-ce que Percy dit la vérité ?  Vois-tu au moins deux indices ? » [p. 21]

Merci aux éditions Bayard pour cette découverte.

Agenda de la nature au jardin 2020, La Salamandre et Terre Vivante

Un bel agenda de près de 160 pages illustrées autour du thème de la nature.

Après une carte et des repères saisonniers, l’agenda est découpé en mois ; chaque mois évoque une problématique qui lui est liée ; chaque double page présente une semaine et comporte des renseignements « à voir », « à savoir », « à écouter », « à faire »…

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L’ouvrage se termine par les observations de l’année, des infos pratiques, les bons gestes, des adresses utiles avant « d’aller plus loin ».

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15 x 21 cm ; 12 euros.

Merci à La Salamandre.