Migration forcée…

La plateforme skynetblogs a tiré sa révérence, si bien que j’ai été contrainte de déménager. Nous sommes en 2018 et mes premiers pas de blogueuse remontent à juillet 2004.

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Les portes du Monde de Païkanne sur skynetblogs se sont définitivement fermées.

Quelques chiffres au 31/05/2018 :

1er (très court) billet : 09/07/2004 > Shrek, Shrek, Shrek hourrah ;

1678 notes ;

5493 commentaires ;

487036 visites.

Merci aux fidèles lecteurs qui, je l’espère, continueront à me suivre dans ma nouvelle maison.

 

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La lumière est à moi et autres nouvelles, Gilles Paris

Présentation. Dans la lignée de « Courgette« , cet enfant qui a bouleversé la littérature, les personnages de Gilles Paris se placent d’emblée auprès des héros inoubliables d’Henry James, de Jules Renard, d’Emily Brontë, de Truman Capote et de Dickens.

Comme eux, ils traversent les situations les plus insolites, souvent douloureuses : Lior, la bien nommée, qui voit sa mère dépérir et guérir ; Eytan, séducteur funambule qui joue avec les sentiments des petits et des grands ; Brune, Anton et Ben, qui se trouvent et se perdent dans le tourbillon de leurs premiers émois…

Anton, Eytan, Angus, Julian, Aaron, Lior, Ethel, Anna, Ruth, Ambre, Brune… Tous ces héros romanesques happés par les battements d’une vie aussi sombres que lumineux se succèdent et se font écho dans un tempo étonnant. Ils ont en commun l’irréductible conviction que la lumière leur appartient aussi.

Couverture La lumière est à moi et autres nouvelles

Mon avis. Lumière et pénombre émaillent les nouvelles de ce recueil, en un habile clair-obscur…

Il est toujours difficile d’évoquer un recueil de nouvelles : vaut-il mieux (tenter de) trouver ce qui en fait la « substantifique moelle » chère à Rabelais ou prendre le parti de mettre en évidence, de manière purement subjective, l’un ou l’autre texte ? J’ai choisi le second procédé.

Si chaque récit se centre sur un(des) enfant(s), tous ne le font évidemment pas de la même manière ; par ailleurs, certains textes se font écho, comme les deux premiers, Les pins parasols, raconté par Brune, et Anton – Les pins parasols, où Anton prend la parole ; le hiatus/le lien entre les deux protagonistes a pour prénom Ben.

   « Je suis un homme apaisé qui regarde la pluie s’écouler sur la fenêtre.. » [p. 38]

Fermer les yeux, texte d’une poésie rare, m’a beaucoup plu : « Je suis sa lumière et l’obscurité. Moi aussi, il m’arrive de fermer les yeux et de rêver à un monde merveilleux.  Je suis la fille de la colline qui court dans les champs de blé et s’allonge entre les replis fourchus des racines qui font de moi une écorce. » [p. 50]

Enfants de cœur raconte en quelques lignes l’histoire de deux enfants qui se sont trouvés : « La première fois, Lulu m’a regardé avec un point d’interrogation dans son ciel bleu. » [p. 85]

Dans Julian, Christie, 14 ans, épie le mystérieux Julian, dont la « maison est perchée à la pointe de l’île. » [p. 89]  « Pourquoi ferait-il attention à une petite curieuse comme moi qui le regarde nager derrière les troncs de filaos ? »[p. 91]  Pourquoi effectivement ? Pourquoi pas ?

Dans Les pétales jaunes de Panarea , on découvre une enfant qui grandit sur cette île où personne ne semble faire attention à elle ; sa mère est décédée, son père se noie dans le vin blanc à défaut de se baigner dans la mer. Elle est chargée de donner les clés et le courrier aux clients de l’hôtel. Pourtant, parfois, il arrive que la vie apporte sème dans son sillage des surprises…

Quelques mots encore glanés çà et là : « Une lumière me traverse, aussi intense et douloureuse qu’une pluie d’épingles. Je porte mes mains aux yeux, je veux les coudre, rester aveugle au monde » ; Tu es un homme libre. Pas de cage, pas de laisse. Tu partiras un jour. Thomas, n’oubliez pas de prononcer le S de son prénom allemand, s’il vous plaît. Cet homme rest pluriel » [p. 141-142 dans Sur le toit du monde].

Merci à Gilles Paris et Gallimard pour ce SP.

Héros, Livre 1 : Le réveil, Benoît Minville

Présentation : Ils grandissent au pied du Morvan entre ville et village. Matéo, diamant à l’oreille, Richard, la tête rentrée dans les épaules, et l’inénarrable, intarissable, insupportable José, duvet au menton et hygiène douteuse.

Leur passion : la légendaire BD Héros, dont ils attendent chaque mois le nouveau numéro. Leur rêve : éditer un jour leur propre série, inspirée de cet univers fascinant et occulte qui domine les records de ventes. Après tout, la série a bien été créée dans leur région, il y a plus de 80 ans : alors, pourquoi pas eux ?

Mais un soir, alors qu’ils planchent dans leur Q.G., un homme apparaît comme par magie, blessé à mort ; juste avant de s’effondrer, il tend à Richard une étrange fiole… une fiole dont le contenu vibre et scintille, comme s’il était vivant.

Héros1

Mon avis. De l’amitié, de l’action, du fantastique…

Matéo, Richard et José sont des amis soudés par leur passion commune pour la BD Héros : chaque numéro est analysé, scruté, décortiqué à sa sortie. Ils travaillent d’ailleurs eux-mêmes à leur propre série en relation avec la célèbre BD : au dessin, le talentueux Matéo ; au scénario, le taciturne Richard (mon préféré) ; en « maître d’œuvre » théorique, l’exaspérant José.

C’est au cours d’une de leurs réunions secrètes que se produit le « télescopage » entre la fiction et la réalité, entre la BD et leur vie : des forces obscures, apparemment tout droit issues de la BD, surgissent dans leur quotidien, reléguant définitivement aux oubliettes leur existence (relativement) banale d’adolescents.

   « Richard se laissa aller. La pluie coulait sur lui et, là-haut, sur la toile sombre, il crut voir d’épaisses voies lactées onduler, comme si une tempête secouait les étoiles alors même qu’au fond de lui-même, quelque chose bouillonnait. » [p. 31]

Aucun temps mort dans ce roman, ça court, ça grouille, ça enfle, ça fouille, ça « tentacule » dans/par tous les sens, faisant (re)surgir des créatures lovecraftiennes définitivement peu ragoûtantes.

   « La robe de bure se déchira de part en part et l’abomination fondit sur eux, couvrant les cris de terreur par un hurlement inhumain. » [ p. 195]

Si j’ai beaucoup apprécié les relations entre les protagonistes et l’aventure (d)étonnante qu’ils sont amenés à vivre, je dois avouer que l’univers fantastique dépeint n’est pas (du tout) ma tasse de thé, mais c’est purement subjectif et ne remet nullement en cause la qualité du récit qui devrait ravir les amateurs de l’écrivain américain, et dont la fin appelle inévitablement la suite…

Merci aux éditions Sarbacane pour ce SP, qui s’inscrit dans le challenge de La Licorne 5.

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American War, Omar El Akkad

Présentation de l’éditeur. 2074. Une nouvelle guerre de Sécession éclate aux États-Unis, opposant le nord du pays aux états sudistes hostiles à tout contrôle des énergies fossiles. Sarat Chestnut a six ans quand son père est tué et qu’elle doit rejoindre un camp de réfugiés avec sa famille. Cette tragédie signe la fin d’une enfance ensoleillée près du Mississippi. Sous l’influence d’un homme qui la prend sous son aile et la transformera en une impitoyable machine de guerre, Sarat se mue au fil des épreuves en une héroïne féroce, révoltée et insaisissable. Portrait d’un conflit dévastateur qui détruit tout sur son passage, ce livre fait écho à toutes les luttes fratricides qui naissent aux quatre coins du monde.

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Mon avis. Un récit sombre qui sème les cailloux conduisant, inéluctablement, au drame…

Nous sommes à la fin du XXIe siècle sur un continent américain (encore) en train de se déchirer. La raison : les énergies fossiles défendues par le Sud, interdites par le Nord. Au « milieu du jeu de quilles », Sarat Chesnut, contrainte de rejoindre un camp de réfugiés (Camp Patience !) avec sa mère, son frère et sa jumelle.

C’est le règne de la débrouille pour la petite Sarat qui scrute, observe, analyse, décortique l’existence des réfugiés dans cet endroit pourri où il est surtout question de survie… La gamine grandit dans cet environnement hostile, loin des préoccupations habituelles d’une enfant de son âge, d’autant que Sarat se comporte déjà naturellement de façon très peu féminine, au grand dam de sa jumelle. Les années passent et Sarat fait un jour la connaissance d’un homme mystérieux qui la prend sous son aile.

   « Je crois que tu vas te trouver une place dans ce monde, Sarat. Je crois que tu vas réussir à t’en faire une. » [p. 192]

La graine est semée. Elle s’épanouira lors du massacre des réfugiés par des miliciens du Nord.

   « – Qu’est-ce que tu veux faire, alors ?

   – Je veux tous les tuer. »

   Sarat a enfoui sa tête dans ses mains ; elle n’a pas vu le léger sourire qui a traversé le visage de son professeur à cet instant précis. » [p. 261]

Le récit, entrecoupé de passages tirés d’archives diverses relatives à la « seconde guerre de Sécession », relate l’existence de Sarat, devenue un instrument de vengeance particulièrement efficace.

Derrière la fiction apparaît une réflexion pertinente et approfondie sur notre société et les dérives dont elle(nous?) est(sommes) capable(s) en matière de conflits.

   « Les positions dans lesquelles ils l’attachaient avaient lentement rongé le cartilage de ses genoux et façonné son dos en une douloureuse colonne voûtée. Malgré tout, elle résistait. » [p. 384]

Merci aux éditions J’ai Lu pour ce partenariat.

Collection J’écris, je lis, Milan.

Nouvelle collection J'écris, je lis. Pour apprendre à écrire et à lire en même temps !

Voici une nouvelle collection proposée par les éditions Milan : J’écris, je lis ; elle allie, dans de petits albums, l’apprentissage de l’écriture et de la lecture.

Chaque album commence par la présentation des personnages et des autocollants de mots/images que l’enfant pourra venir insérer dans l’histoire racontée par la suite ; des jeux mettant l’accent sur la reconnaissance des lettres agrémentent l’ensemble.

L’album est coloré et la police adaptée aux apprentis lecteurs.

J’ai eu l’opportunité de découvrir Des mots doux pour maman, de Valéria et Lucile Ahrweiller, dans lequel mots doux et magasins occupent une place de choix.

Couverture de « Des mots doux pour maman »

Dans Les crocos n’aiment pas le o, Pascal Brissy et Nathalie Choux proposent une immersion dans la savane, déclinée autour de la lettre « o ».

Couverture de « Les crocos n’aiment pas le o »

Maîtresse, poil aux fesses !, de Ghislaine Biondi et Jean-Sébastien Deheeger, se centre sur l’école et les parties du corps en mode humoristique.

Couverture de « Maîtresse, poil aux fesses ! »

Une belle découverte 🙂

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

Au loin, Hernán Díaz

Présentation de l’éditeur. Jeune paysan suédois, Håkan débarque en Californie, seul et sans le sou. Il n’a qu’un but : retrouver son frère à New York. Il entreprend alors la traversée du pays à pied, remontant à contre-courant le flux continu des pionniers qui se ruent vers l’ouest. Les montagnes et les plaines se succèdent, les caravanes et les embûches aussi. Trop souvent, la nature et les hommes essaieront de le tuer. Håkan croise ainsi la route de personnages truculents et souvent hostiles : une tenancière de saloon, un naturaliste éclairé, des fanatiques religieux, des arnaqueurs, des criminels, des Indiens, des hommes de lois… Et, tandis que s’écrivent à distance les mythes fondateurs de l’Amérique, il devient un héros malgré lui, peu à peu sa légende grandit. Håkan n’a bientôt d’autre choix que de se réfugier loin des hommes, au cœur du désert, pour ne plus être étranger à lui-même et aux autres.

Au-loin

Mon avis. Une lecture qui plonge dans l’intime, « sourçante » en quelque sorte, même si, par moments, le temps s’est pour moi (un peu trop) étiré au fil de la lecture… au loin… au loin…

Ce roman raconte l’histoire de Håkan, un jeune Suédois qui se retrouve malencontreusement séparé de son frère alors qu’ils sont arrivés, seuls et dépourvus de tout,  sur le continent américain. 

Commence alors l’errance pour cet adolescent qui se fixe un seul objectif : traverser le continent pour retrouver son frère, censément à New York… au loin… au loin…

Celui qui « phonétiquement » est devenu le Hawk trace son sillon au fil des rencontres et des (més)aventures, parfois foncièrement dramatiques, vécues sur le Nouveau Continent, avec, en ligne de mire, l’image de son frère qui s’estompe au fur et à mesure des semaines, des mois, des années… au loin… au loin…

J’ai globalement apprécié ce roman qui s’étire… au loin… au loin… ligne après ligne, page après page, même si certaines parties m’ont semblé longues. L’épisode qui m’a beaucoup touchée est la rencontre, profondément humaine, entre Håkan et Ava, prémices d’une sérénité qui réduit à néant le « Verbe », laissant toute la place aux gestes primitifs, essentiels, tellement récurrents que « le silence et la solitude avaient brouillé sa perception du temps » [p. 271] : certains passages sont ainsi, l’air de rien (?), relatés à plusieurs reprises dans le chapitre 20.

  « De gels en dégels, il marcha sans jamais aller nulle part et couvrit des territoires plus vastes que des nations. » [p. 270]

Traduction : Christine Barbaste.

Titre VO : In the Distance (2017).

J’ai lu ce titre dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire organisés par Rakuten [#Au loin#Hernán Díaz#MRL18 #Rakuten]

MRL18

ABCD’ART, Yann Walcker

Présentation de l’éditeur. UNE PROMENADE LUDIQUE DANS L’ART EN 26 LETTRES ASSOCIÉES À 26 MOTS D’UNE MANIÈRE INATTENDUE ET AMUSANTE.

ABCD'ART

Mon avis. Un très bel album qui associe, de façon ludique, œuvres d’art célèbres et mots.

Quelques exemples très « parlants » : « A », comme « atchoum » pour le Sphinx de Gizeh qui a dû éternuer trop fort pour en arriver à perdre le bout du nez ; « B » comme « bras » pour la célèbre Vénus de Milo ; « C » comme « Cendrillon » pour Carmen Miranda, l’escarpin réalisé en casseroles avec couvercles, de Joana Vasconcelos, etc.  Un principe qui agit comme un moyen mnémotechnique pour se rappeler les œuvres en question dont – je l’avoue – quelques-unes m’étaient inconnues.

Il me semble que cet album pourrait tout à fait trouver sa place dans les classes de l’enseignement primaire…

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

Juste de l’autre côté de la mer, Ingrid Thobois

Présentation : l’histoire de Lilia et Medhi, 15 ans, des jumeaux qui ont grandi dans l’Atlas marocain et se retrouvent confrontés à une dure réalité… [la 4e de couverture en dit trop, j’ai donc accommodé le texte à ma sauce]

Justecotemer

Mon avis. Un roman jeunesse qui se lit aisément, mais m’a laissée sur ma faim…

Focus sur Lilia et Medhi, jumeaux de 15 ans vivant dans l’Atlas marocain, en compagnie de leur mère (lumineuse) et leurs grands-parents « adoptifs ». Le soleil est présent aussi dans les cœurs.

     « Assise en tailleur au bord de la rivière, un carnet sur les genoux, Lilia manie le crayon et la gomme à toute vitesse. Un vent léger, printanier, chahute les petites mèches brunes qu’elle chasse régulièrement de son front. Son regard charbon va et vient de son modèle à son dessin : de son frère jumeau à sa feuille. Ses gestes sont nets, précis. De temps en temps, Lilia estompe son trait d’un index humidifié de salive, ombrant une paupière, une arcade sourcilière. Puis elle regarde à nouveau Mehdi, avec une telle concentration qu’elle semble littéralement immergée dans son visage. » [p. 5]

La famille est soudée, mais apparaît une fêlure quand Medhi commence à songer, de plus en plus sérieusement, à l’eldorado européen. Éric, un ami français qui séjourne une fois par an chez eux, a beau lui dire qu’entre le rêve et la réalité, il y a une (énorme) marge, rien n’y fait : Medhi s’évade de plus en plus souvent en pensée vers des cieux (qu’il croit) plus bleus.

Le récit aborde plusieurs problématiques d’actualité comme le désir de « partir pour l’Europe », l’expansion insidieuse du fondamentalisme musulman, la drogue, les naufrages des embarcations de fortune des migrants…, mais sans en approfondir aucune. Les situations évoluent ainsi beaucoup trop vite. Dommage…

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

Ce récit entre dans le challenge « Suivez le thème » (« liquide » pour cette session).

Challenge Suivezletheme

Dernières nouvelles, Jim Harrison

Présentation de l’éditeur. Dans ces trois nouvelles posthumes de Jim Harrison, on retrouve tous les thèmes chers à l’auteur.
Avec Les Œufs, il se glisse dans la peau d’une fermière isolée du Montana, pourtant bien résolue à avoir un enfant.
Le-Chien est la dernière aventure de son héros favori Chien Brun, qui se revendique de sang-mêlé, force de la nature, hypersexuel et insolent.
L’Affaire des Bouddhas hurleurs met en scène l’ancien inspecteur Sunderson. Vieux sage au goût immodéré pour la pêche, la chasse, l’alcool et les jolies femmes, Sunderson ne résiste pas aux avances d’une jeune fille délurée… La fin tragique du double littéraire de Jim Harrison sonne comme les adieux d’un maître au sommet de son art.

Dernieresnvl

Mon avis.  Après Légendes d’automne, j’ai eu envie de retrouver la plume de Jim Harrison à travers ces trois nouvelles posthumes. Je vais être sincère : j’aurais dû m’abstenir…

Des trois nouvelles, seule la première, Les Œufs, m’a plu : j’ai vraiment apprécié l’anticonformisme permanent de Catherine, l’héroïne, depuis toujours fascinée par les poules et qui savoure une vie simple en union avec la nature. Chaque fois qu’elle est amenée à quitter sa ferme du Montana, elle attend (im)patiemment d’y retourner. Le « qu’en dira-t-on » est à mille lieues de ses préoccupations et son regard acéré sur les humains et les situations donne à réfléchir.

En revanche, les désirs/délires/dérives sexuel(le)s des « vieux libidineux » relatés dans les deux autres textes, à travers une langue (!) parfois peu châtiée – correspondant, il est vrai, aux situations scabreuses – m’ont laissée de marbre (!) ; j’avoue que je n’en ai pas vu l’intérêt…

Bref, un coup (!) dans l’eau…

Traduction : Brice Matthieussent.

Titre VO : The Ancient Minstrel / Brown Dog (2013).

Passé déterré, Clément Bouhélier

Présentation de l’éditeur. Quelque part dans la campagne autour de Vernay, un car scolaire conduit par un chauffeur saoul s’écrase dans le fossé. Sept enfants périssent dans l’accident.

Six ans plus tard, lorsque l’ancien conducteur du car est retrouvé assassiné chez lui, les souvenirs se réveillent. Marquée par la disparition de son fils, Estelle Baupin est aspirée dans le tourbillon de l’enquête. Elle comprend rapidement que des forces mystérieuses œuvrent dans l’ombre, bien décidées à faire payer les responsables du drame.

Alors que les morts se multiplient, Estelle sait que pour les arrêter, elle doit découvrir le lourd secret qui pèse sur Vernay. Et faire face à son propre passé.

Passedeterré

Mon avis. Un « bon » moment fantastico-terrifiant…

Le prologue donne d’emblée le ton : une créature s’amuse avec sa proie avant la mise à mort. La victime sait que ses minutes sont comptées :

     « Tu es le lapin et je suis le loup. Sauve-toi avant que je t’attrape. Sauve-toi vite.

    Mais il n’est plus capable d’aller vite. La créature a brisé plusieurs de ses os. Chaque mouvement est un supplice. Il parvient à poser le pied sur la première marche de l’escalier. Mais il sait qu’il n’ira pas plus loin.  Derrière lui, le feulement vient de retentir. » [p. 8]

     La victime a juste le temps de voir se dérouler le drame qui s’est déroulé six ans auparavant « grâce » à la morsure infligée par la créature.  Avant de tirer sa révérence.

C’est dans la région de Vernay que se produisent d’horribles meurtres, plus sanguinolents les uns que les autres. La première victime n’est autre que le chauffeur du car scolaire qui, six ans auparavant, a causé la mort de neuf personnes en raison de son ébriété. Or les meurtres semblent avoir un rapport avec ce drame qui a marqué pour toujours les habitants. Les forces de l’ordre sont sur les dents (!) mais le nombre de victimes augmente, quoi que les gendarmes entreprennent.

    « Rien, à côté de ce que la créature aux yeux rouges pouvait lui faire endurer. Elle se pencha sur lui, avide. Tout juste sorti de sa transe, Thierry Sévenin eut une longue minute pour expérimenter ce qu’était réellement la douleur. La mort fut une délivrance, sans aucune contestation possible. » [p. 78]

Le récit suit bon nombre des protagonistes qui, de près ou de loin, ont un lien avec l’accident passé, avec un focus particulier sur certains d’entre eux : Estelle, la maman de Thomas, et Alexandre, papa de Victor, deux des enfants ayant trouvé la mort dans le drame de la route ; Noël, un des frères du conducteur éméché, est également mis en évidence. Tous tentent de comprendre… l’incompréhensible.

Chaque personnage soulève un coin du voile, permettant ainsi au lecteur d’entrevoir le puzzle qui se construit pièce par pièce : le passé paraît bel et bien déterré (!).

L’atmosphère pesante joue un rôle important dans le roman ; le lecteur ressent, aux côtés des personnages, une torpeur qui englue les habitants, les empêchant de réagir, alors que la Mort continue son (grand) œuvre…

    « « Les gens n’étaient pas vraiment apeurés. C’était plutôt comme si quelque chose se passait… quelque chose qu’ils attendaient, et qui arrivait enfin. »  Ceux qui furent interrogés par leur hiérarchie, plusieurs semaines plus tard, employèrent presque tous le même mot : Torpeur. […]

     Quelque chose allait se passer. Quelque chose allait se régler. La tête hurlait de partir, mais autre chose intimait de rester. » [p. 153 – 154]

Merci à Book en stock et aux Éditions Critic pour ce partenariat.  Vous pouvez découvrir l’auteur et lui poser vos questions ici durant ce mois d’octobre.

Ce titre entre dans le challenge de La Licorne, 5.

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