Migration forcée…

La plateforme skynetblogs a tiré sa révérence, si bien que j’ai été contrainte de déménager. Nous sommes en 2018 et mes premiers pas de blogueuse remontent à juillet 2004.

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Les portes du Monde de Païkanne sur skynetblogs se sont définitivement fermées.

Quelques chiffres au 31/05/2018 :

1er (très court) billet : 09/07/2004 > Shrek, Shrek, Shrek hourrah ;

1678 notes ;

5493 commentaires ;

487036 visites.

Merci aux fidèles lecteurs qui, je l’espère, continueront à me suivre dans ma nouvelle maison.

Le féminisme, Elsa Pereira, Aurore Bay, Mes p’tites ?uestions, Milan

Présentation

Mon avis. Un intéressant tour de la question relatif au féminisme destiné aux jeunes enfants.

Y sont abordés, entre autres, le terme lui-même et sa signification, les jeux et métiers erronément destinés aux filles ou aux garçons, la langue, les (non-)droits à travers époques et pays, quelques célèbres féministes, la vie quotidienne évoquée à travers le prisme du féminisme…

Un album richement illustré, sur papier glacé, qui initie la réflexion…

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

Le bal des cendres, Gilles Paris

Présentation. Lior, Thomas, Sevda, Anton, Ethel et bien d’autres passent leurs vacances à Stromboli, à l’hôtel Strongyle, dans l’intimité de ce lieu paradisiaque géré par un Français, Guillaume, et sa fille adolescente, Giulia. Ils sont sensibles, lâches, infidèles, égoïstes, enfantins. Elles sont fortes, résilientes, légères, amoureuses. Le volcan, menaçant et imposant, n’est pas seulement dans la montagne. Il est en chacun d’entre eux. Lorsqu’il gronde et que la vie ne tient plus qu’à un fil, que les mystères les plus sombres remontent à la surface, les actes, seuls, demeurent. Et si le personnage principal de ce roman n’était autre que Stromboli, cette île éolienne, si proche de la Sicile, âpre, rude, aux plages noires, et pourtant si lumineuse ?

Cet été de tous les dangers sera aussi le prix à payer pour se libérer enfin d’incroyables secrets.

Mon avis. Ce fut une lecture quelque peu étrange…

Le roman se présente en trois parties : Strombolicchio, avant l’éruption ; Iddu, au moment de l’éruption ; Téphras, après l’éruption. Et j’ai eu énormément de mal avec la première partie à laquelle je n’accrochais pas du tout, prenant sur moi, à chaque nouveau chapitre, pour « remettre mes pièces à place » afin de savoir de quel personnage il était question ; difficulté pour continuer la lecture aussi, tout « simplement », tant je restais à distance, et de l’histoire, et des protagonistes eux-mêmes. Et cela, alors que la couverture – qui cadre tout à fait avec le propos – m’avait d’emblée rebutée, malgré la « percutance » de la première phrase – « Je suis née le jour où ma mère est morte » [p. 15] – qui m’a rappelée, par cette « percutance », celle de Au pays des kangourous – « Ce matin, j’ai trouvé papa dans le lave-vaisselle » -. Les seuls qui trouvaient grâce à mes yeux, c’étaient Thomas, le photographe pleurant son amour disparu, et dans une moindre mesure, Giulia, l’adolescente,

« J’aimerais que le firmament m’emporte, comme un de ces petits nuages blancs où mes photographies s’éparpillent comme seules traces de mon histoire. Sans elles, je n’ai aucun passé, je n’existe nulle part. » [p. 17]

« Lior me regarde. Il a légèrement tourné sa tête comme s’il découvrait ma présence. Le vent s’amuse avec ses mèches. Son amazonite me trouble. Une large patte de poils descend le long de sa tempe avant de s’élargir en barbe rousse, flambée par la lumière du jour. Je me rends compte que sa cuisse est restée contre la mienne. J’en suis un peu gêné. Au loin le bleu de la mer est indigo, recouvert d’écume. » [p. 84]

La magie a commencé à opérer à partir de la 2e partie ; je me suis alors laissé volontiers emporter par les vicissitudes de la vie de chacun ou presque, ses fêlures, son côté sombre, désireuse de savoir ce que l’éruption allait faire ressurgir du passé de chacun, car quoi que l’on fasse pour enfouir au plus profond de soi les secrets, une étincelle suffit souvent à tout embraser (!). Les non-dits s’expriment, les comptes semblent destinés à se régler sous la torpeur « strombolienne ». Certain(e)s attendent (im)patiemment leur heure, l’air de rien…

Côté personnages, j’ai beaucoup apprécié Thomas et Lior ; le jeune Tom qui se débat entre ce qu’il voit et ne « peut » voir ; Sevda, au mari papillon ; et Elena, contrainte d’apprendre la patience…

« Je compte les instants qui me séparent de ce géant. J’espère le retrouver à l’hôtel. Qu’il n’a rien. Je redeviens avec lui cet adolescent insouciant que j’étais avant que ma mère ne soit malade. Sa présence, ses bras me rassurent. Je sais combien ses mains sont douces lorsqu’elles glissent sur moi. Je n’ai pas choisi d’aimer cet homme. Pas plus que ma couleur préférée, le bleu. […] J’adore le sourire. Il me fait fondre comme le verre sous le feu. C’est une invitation à entrer. La clé unique pour toutes les serrures du monde. » [p. 176]

« De toute façon, les adultes n’aiment pas trop la magie. Pour eux, rien n’existe sans explication, ce qui prouve qu’ils sont loin d’être prêts. » [p. 268]

« Je veux le sel de Stromboli, sa part âpre, ses chemins rocailleux à peine tracés, ses murs blancs si lumineux qu’ils aveuglent, ses églises démesurées même si je ne prie plus depuis mon enfance […] » [p. 276]

Un bon moment finalement malgré un début très laborieux – pour moi -.

Merci aux éditions Plon et à Gilles Paris pour ce partenariat.

La Chronique des Rokesby, 1 : À cause de Mlle Bridgerton, Julia Quinn

Présentation. 1779, comté du Kent. Tout commence dans la résidence des Bridgerton, Aubrey Hall, une génération avant la naissance du premier des huit descendants d’Edmund et Violet Bridgerton.

La demeure la plus proche, Crake House, est le fief des Rokesby et de leurs cinq enfants. Les deux familles se fréquentent, leurs bambins jouent et grandissent ensemble. Sybilla, la sœur d’Edmund, véritable garçon manqué, sait bien qu’un jour elle épousera l’un des quatre fils Rokesby. Enfin, plus précisément un des trois fils, car l’aîné, George, est un insupportable raseur. Or, le jour où Sybilla se blesse, George, seul témoin de l’accident, lui vient en aide. Et c’est ainsi qu’ une facétie du destin va être à l’origine d’une saga familiale où les deux lignées vont s’unir pour le meilleur.

Mon avis. Quelle lecture bien agréable…

J’ai regardé, comme nombre d’entre nous, La Chronique des Bridgerton et n’ai dès lors pas hésité à saisir l’opportunité de découvrir ce volume qui relate les (més)aventures des Rokesby, famille qui s’est liée précédemment aux Bridgerton.

Et ce fut un régal, si bien évidemment l’on goûte à ce genre de récit, qui n’est pas sans rappeler ceux de Jane Austen (inutile de m’incendier, ce n’est que mon avis) : le but n’est nullement de découvrir si Billie et George finiront ensemble, mais bien de savoir de quelle manière et après combien de temps…

Car d’emblée, il est (presque) évident que deux personnes qui sont l’une pour l’autre tellement insupportables apprendront à se découvrir, s’apprécier et fatalement s’aimer. CQFD.

 » – Si, finalement, Andrew ne passe pas par ici… Et qu’on s’aperçoit de ton absence… et de la mienne…

Elle leva vers lui un regard horrifié.

– Quelqu’un finira bien par se rendre compte que nous avons disparu tous les deux.

– Où veux-tu en venir ?

Elle pivota pour le regarder en face,

– Pourquoi ne supposerait-on pas que… ?

– Parce que les gens ont un cerveau, la coupa-t-il, Il ne viendrait jamais à l’idée de quiconque que je puisse être avec toi exprès. » [p. 35 – 36]

« – Et tu as une si haute opinion de tes prouesses viriles qu’à ton avis les gens vont croire que tu as réussi à me compromettre sur un toit ?

– Crois-moi, n’importe quel homme sensé saurait que tu es définitivement impossible à compromettre.

Le front plissé par la perplexité, Billie réfléchit quelques instants. La complimentait-il sur sa rectitude morale ? Puis elle comprit…

– Tu es méprisable, siffla-t-elle. » [p. 43]

C’est avec beaucoup d’étonnement que George se surprend à voir de temps à autre Billie sous un autre jour ; il en ira de même pour la jeune femme. Mais il leur faudra bien du temps avant d’oser voir en face ce que le lecteur a pressenti dès les premières pages.

« Elle sourit de nouveau, un sourire complice, et George nota – pas pour la première fois, constata-t-il avec étonnement – qu’elle était plutôt jolie. » [p. 56]

« Cela suffit pour qu’elle se sente mieux. George Rokesby s’exprimait comme un crétin pompeux. Tout redevenait normal. Ou presque normal.

Suffisamment normal. » [p. 108]

Merci aux éditions J’ai Lu pour cette délicieuse lecture ; tome 2 à suivre très prochainement.

Le Petit Peuple, 1 : Bera et les Granjans, Sepia

Présentation. Bera ne croit plus aux contes de fées. Pour la jeune lutine de 12 centimètres, les Granjans ne sont pas des monstres seulement inventés pour faire peur aux petits lutins. Elle est persuadée que ces géants leur ressemblent malgré la différence de taille. Peut-être pourraient-ils même devenir des alliés du Petit peuple ?
Entre les animaux de la forêt et les lutins opposés à son projet l’expédition pour partir loin de son village ne sera pas de tout repos. Mais la courageuse Bera est prête à braver tous les dangers pour rencontrer les Granjans, et changer le destin du Petit Peuple.

Mon avis. Je n’ai pas été entièrement conquise par ce premier tome, même si j’ai passé un bon moment…

L’on y fait la connaissance de Bera, une lutine de 16 ans qui accomplira bientôt son rite de passage, autrement dit présentera un projet symbolisant son entrée dans l’âge adulte. Tout le monde attend d’elle qu’elle devienne la prochaine cheffe du village, mais elle ne l’entend pas de cette oreille. Son rêve, c’est de rencontrer les Granjans : elle est persuadée que le Petit Peuple et les Granjans peuvent vivre dans une bonne entente, une idée « indécente » aux yeux de ses pairs… En attendant, elle collectionne les objets des Grandjans ramassés au gré de ses pérégrinations.

La BD est ponctuée d’extraits du guide sur la vie des Lutins, rédigé par Bera, en prévision du jour de la rencontre avec les humains.

Les illustrations sont extrêmement fouillées avec une incroyable précision du détail.

« Comment travaillez-vous les dessins pour cette BD ?
Je ne suis pas encore à l’aise avec le dessin numérique et pour rester en accord avec l’ambiance de la BD j’ai travaillé de façon traditionnelle : croquis au crayon, encrage à la plume et à l’encre de chine et couleur à l’aquarelle sur de grandes feuilles. C’est long, éprouvant pour les doigts et les erreurs sont définitives mais j’apprécie le coté « artisanal » du procédé. » [https://www.divertir.eu/blog/culturel/sepia-presente-la-bd-le-petit-peuple.html]

En fait, je suis restée quelque peu sur ma faim concernant l’intrigue à proprement parler, d’autant que l’histoire se termine de manière abrupte. Cela dit, c’est logique puisque sont prévus 3 tomes. À suivre donc…

Merci aux éditions Paquet pour ce partenariat.

Ils ne faisaient que rêver, Ondine Khayat

Présentation. En Inde, face au Gange pollué, Thalie et Alisha se font une promesse du haut de leurs neuf ans : unir leurs forces pour changer le monde.
Vingt ans plus tard, à Paris, devenues de ferventes militantes écologistes, elles organisent une grande marche pour le climat. Pour la première fois, la jeunesse défile en même temps dans toutes les capitales du monde. […]

Mon avis. Une réflexion d’actualité…

Nous découvrons Thalie, jeune journaliste française qui couvre la journée mondiale de la Terre, occasion d’un rassemblement exceptionnel à Paris, comme dans de nombreuses villes ailleurs dans le monde. Thalie rejoint son amie Alisha, jeune militante indienne qui doit prendre la parole.

« Regarde, dit Alisha à son amie en désignant le flot humain qui leur faisait face. Nous pouvons changer les choses, cette fois, c’est certain. Ils ne pourront plus nous ignorer. » [p. 15]

« Une incroyable ferveur s’empara de cette jeunesse pleine de vie et d’énergie. Il y avait de l’électricité dans l’air. Thalie poursuivait son travail, capturant ces instants de vie. Les banderoles à la gloire de la Terre, les couples enlacés, les rires des enfants, les baisers, les larmes d’émotion, les yeux brillants, les poings levés, les jeunes venus de partout, fédérés par un idéal commun, les éclats de rêve. Alisha souriait à la foule, galvanisée par l’onde de choc de ses mots. » [p. 21]

Et c’est vrai, les choses vont changer, mais pas dans le sens espéré : une explosion balaie tout et tous sur son passage, Alisha en première ligne. Un carnage. À Paris et ailleurs.

« Désorientée, elle s’avança vers l’endroit où s’était tenue la scène. Un éclat rose, sur le sol, attira son attention. Un morceau du sari d’Alisha. » [p. 23]

Sa vie venait tout juste de basculer. » [p. 26]

Le roman relate dans un premier temps l’incommensurable douleur de Thalie qui ne sait pas comment elle réussira à survivre sans son amie. Elle sombre, lentement mais sûrement.

Pendant ce temps sont prises des mesures radicales suite aux attentats perpétrés sur les lieux de la manifestation pacifique. Des mesures de plus en plus coercitives, censées repérer d’éventuels terroristes avant leur passage à l’acte, basées sur une surveillance de tous les instants…

« Rue de Berri, Thalie parvient à déjouer plusieurs barrages de police édifiés pour contrôler les citoyens et vérifier qu’ils avaient bien effectué leur injection. Ceux qui ne l’avaient pas encore faite étaient priés d’y remédier dans un délai de quarante-huit heures, faute de quoi ils prenaient le risque d’une sanction lors d’un prochain contrôle. L’étau se resserrait, mais Thalie refusait toujours de se soumettre à cette obligation. » [p. 81]

Le roman est émaillé d’évocations du passé des jeunes femmes mettant en lumière la promesse qu’elles se sont faite, enfants, face au Gange pollué par des rejets toxiques.

La réflexion initiée ici a un parfum d’actualité : jusqu’où les gouvernements sont-ils prêts à aller sous couvert du « bien » de leurs concitoyens ?

Thalie le découvrira à son corps/cœur défendant…

Merci aux éditions Charleston pour ce partenariat. Un récit qui ne laisse pas indifférent.

La cabane magique en BD : La vallée des dinosaures, Jenny Laird – Kelly & Nichole Matthews

Présentation. Dans les bois, Tom et Léa découvrent une cabane pleine de livres.
C’est une cabane magique !
En feuilletant un livre sur les dinosaures, ils se retrouvent soudain projetés il y a soixante-cinq millions d’années !
Ils partent explorer ce monde peuplé de créatures bizarres et gigantesques…

Mon avis. Une aventure qui ravira les jeunes lecteurs…

Tom et Léa découvrent des tas de livres dans une cabane non loin de chez eux. C’est en feuilletant un livre sur les dinosaures qu’ils se retrouvent propulsés dans l’époque de ces créatures géantes, un monde évidemment peuplé de dangers, mais également source de belles découvertes.

Si Tom est particulièrement prudent, il n’en va pas de même pour sa petite sœur : Léa s’émerveille face au spectacle qui s’offre à eux, sans conscience aucune des dangers qui les guettent, entre autres le tyrannosaure…

Un grand merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

Polar vert, 2 : Anguilles sous roches, Thierry Colombié

Présentation. Une mafia sans foi ni loi, qui se livre au trafic des poissons comme d’autres font du trafic de drogue. Des gendarmes aux aguets, prêts à « taper ». Des activistes écologiques que rien ne peut arrêter.

Et, au beau milieu de tout cela, Klervi, 17 ans, écartelée entre sa participation au trafic et son rôle d’espionne pour les gendarmes. Pourra-t-elle sauver son fiancé, son frère, ses amis d’enfance. Pourra-t-elle se sauver elle-même ?

Mon avis. Une atmosphère pesante…

J’avais beaucoup apprécié le tome 1, il en va de même pour celui-ci. Nous retrouvons Klervi en très mauvaise posture puisqu’à la fin du tome 1, son rôle de « taupe » pour la gendarmerie était sur le point d’être découvert. Si elle réussit miraculeusement à s’en sortir, on peut dire que l’ensemble du roman sera à l’image de cette première scène : la jeune femme est constamment sur le qui-vive, obligée de surveiller ses arrières, d’autant que si elle est contrainte d’informer les gendarmes, elle ne dévoile cependant pas tous les renseignements découverts, désireuse de sauver Lucas, malgré tout…

 » – Lucas ?

Lucas Royer, mon amour, mon fiancé, celui que je trahis chaque jour depuis un mois, chaque heure, chaque minute, chaque seconde. Celui avec qui je voudrais m’enfuir. Lucas Royer, l’héritier des Marées de l’Atlantique, la plus grande entreprise de mareyage de Bretagne. Et du business de civelles. » [p. 5]

Une pression énorme sur les épaules de Klervi qui doit ménager la chèvre et le chou, et si elle avait éventuellement pu croire que les choses se dérouleraient sans heurts, elle va vite déchanter. Le danger se fait de plus en plus présent, notamment lors des « transactions » avec des truands pour qui seul compte le profit…

« Disparaître.

Je suis sur le bord de la falaise, le vent me chahute, j’hésite à franchir le pas.

Je m’imagine dans un an ou deux, seule, en train de me dire : « J’aurais dû sauter à ce moment-là, quand je le pouvais encore. Si je m’étais sacrifiée, si j’avais osé changer le cours de l’histoire, rien ne se serait passé pareil, personne n’aurait été atteint, blessé, coulé par la sale espionne que je suis devenue…

Le vent me pousse dans le dos, je donne soudain un coup de rein pour me redresser.

Je tremble. » [p. 137]

Un grand merci aux éditions Milan pour ce partenariat. Vivement la suite…

Le voyage de Cilka, Heather Morris

Présentation. Cilka Klein n’a que 16 ans lorsqu’elle est déportée. Très vite remarquée pour sa beauté par le commandant du camp de Birkenau, elle est mise à l’écart des autres prisonnières.

Mais à la libération du camp par les Russes, elle est condamnée pour collaboration et envoyée en Sibérie. Un deuxième enfer commence alors pour elle. Au goulag, où elle doit purger une peine de quinze ans, elle se lie d’amitié avec une femme médecin et apprend à s’occuper des malades à l’hôpital. […]

Mon avis. Un récit aussi poignant que Le tatoueur d’Auschwitz, de la même auteure.

Cette fois sont relatés des éléments (avérés, supposés ou fictionnels) de la vie de Cilka, la jeune Tchécoslovaque qui fut la maîtresse, contrainte et forcée, faut-il vraiment le préciser, des SS Schwarzhuber, « pervers ricanant » d’après le témoignage d’une prisonnière médecin, et l’Unterscharführer Taube. Un corps soumis aux viols répétés.

Forte de « son expérience » à Auschwitz, Cilka observe, analyse chaque situation, chaque détail afin d’apprendre, le mieux possible, les codes de cette nouvelle prison, à la fois semblable à et différente de la précédente. L’objectif est le même : survivre. Peut-être. Essayer à tout le moins. En tenant compte, tant que faire se peut, des autres détenues de son « dortoir », tantôt alliées dans l’adversité, tantôt ennemies face à l’adversité. En tenant compte du froid, de la faim et du travail harassant. En tenant compte des viols récurrents perpétrés par les prisonniers « privilégiés » qui peuvent bien « prendre un peu de bon temps »…

Cilka a survécu à Auschwitz, mais il était écrit que son calvaire ne s’arrêterait pas pour elle à la libération du sinistre camp. La jeune fille, dont le seul tort fut d’être trop jolie, a été accusée de collaboration avec l’ennemi et condamnée à la déportation en Sibérie où elle devra purger une peine de 15 ans.

La détenue devant Cilka se retourne vers les jeunes filles et chuchote avec pitié :

– Ces salauds choisissent celles qu’ils veulent baiser. […]

Cilka secoue la tête, incrédule. Est-ce que ça peut recommencer ?

Elle se tourne vers Josie, la regarde dans les yeux.

– Écoute-moi, Josie. Si l’un de ces hommes te choisit, va avec lui.

– Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il veut ?

– Ton corps.

Elle espère qu’elle pourra expliquer à Josie plus tard qu’il peut seulement s’emparer de son corps ; il ne peut pas lui prendre son esprit, son cœur, son âme. […]

– Si tu es choisie, et que tu appartiens à un seul homme, les autres te laisseront tranquilles. Tu saisis maintenant ? » [p. 38 – 39]

« Avoir tout perdu. Avoir dû endurer ce qu’elle a enduré et être punie pour ça. L’aiguille lui semble aussi lourde qu’une brique. Comment continuer ? Comment travailler pour un nouvel ennemi ? Comment accepter de voir les femmes qui l’entourent s’épuiser, s’étioler, mourir de faim, disparaître ? Mais elle, elle vivra. Elle ne sait pas pourquoi elle en a toujours été convaincue. Elle sait qu’elle peut s’accrocher – prendre cette aiguille qu’elle trouve si lourde, continuer à coudre, à faire ce qu’elle doit faire. Elle en a la force. La colère monte en elle. Elle est furieuse et l’aiguille redevient légère. Légère et rapide. Ce feu en elle lui permet de persévérer. Mais c’est aussi une malédiction. Grâce à lui, on la remarque. Elle doit le contenir, le contrôler, le diriger.

Pour survivre. » [p. 58]

Par un concours de « circonstances », elle est remarquée par une femme médecin et apprend à s’occuper des malades à l’hôpital du camp, devenant ainsi une aide précieuse pour les infirmières, dont certaines font preuve de bienveillance à son égard. Cela lui permet de rapporter discrètement au bloc un peu de nourriture délaissée par les malades.

Les années s’égrènent dans la « routine » du camp, mais Cilka ne peut jamais baisser sa garde dans ce lieu où le pire côtoie de rares instants de « grâce », comme ceux au cours desquels elle croise des « yeux marron foncé » qui « ressortent sur un visage pâle et élégant. » [p. 107]

Traduction : Géraldine d’Amico et Laurence Videloup (anglais – Australie).

Titre VO : Cilka’Journey (2019).

Un grand merci aux éditions J’ai Lu pour ce partenariat.

Deep Water, Sarah Epstein

Présentation.

AVANT LA TEMPÊTE

Sept amis. Mason, Chloé, Henry, Tom, Raf, Rina et Sabeen se sont trouvés. Ils se savent liés à jamais et ne se cachent rien. Leurs vies ne sont pas toujours faciles mais ils restent ensemble, malgré les épreuves. Lorsqu’une nuit, l’orage éclate.

MAINTENANT

Henry a disparu. Fugue ? Enlèvement ? Meurtre ? Tout le monde le cherche, tout le monde se méfie, tout le monde est suspect. Chacun a des secrets à protéger. Coûte que coûte..

Que s’est-il passé la nuit de la tempête ?

Mon avis. Une atmosphère pesante qui ferre le lecteur et ne le lâche plus…

La disparition du jeune Henry est au cœur du récit et cristallise l’attention de ses amis, et principalement Chloé, de retour dans les Shallows pour passer du temps avec son père durant les vacances.

« En Australie, quand une personne n’est pas retrouvée après plus de trois mois, on parle de disparition de longue durée. Henry a disparu depuis deux mois et trente jours.

Demain, il entrera dans cette catégorie.

Et vendredi prochain, il aura quatorze ans. » [p. 8]

Le groupe d’amis a fait tout son possible pour trouver des indices susceptibles de retrouver la piste de l’adolescent. En vain. Pourtant, Chloé est fermement décidée à ne pas renoncer, quoi que lui répètent ses proches.

Il est vrai qu’elle entretenait une relation privilégiée avec Henry, malgré leur différence d’âge ; elle est en outre passionnée par les enquêtes policières et, « cerise sur le gâteau », elle est extrêmement têtue. Extrêmement agaçante de ténacité même. Elle fonce sans tenir compte des conséquences…

Le récit alterne les chapitres relatifs à l’époque qui précède la disparition, en une espèce de compte à rebours, et ceux intitulés « Maintenant ». En outre, les points de vue envisagés concernent Chloé bien sûr, mais aussi Mason, le frère d’Henry, qui semble avoir bien des choses à cacher, et Henry lui-même.

La tension va crescendo jusqu’au dénouement…

« Pourquoi quelqu’un ferait une chose pareille ? Pourquoi mentir ainsi ?

Pourquoi les gens mentent, en général ?

Pour cacher la vérité. » [p. 121]

Traduction (anglais, Australie) : Anath Riveline.

Titre VO (2020) : DeepWater.

Les Avides, Guillermo d’El Toro et Chuck Hogan

Présentation. Après une enquête qui a mal tourné, Odessa Hardwicke est mise à pied. Dévastée, la jeune agent du FBI n’est pourtant pas en cause.
Sur la piste d’un meurtrier avec son collègue, elle s’est en effet vue obligée de commettre l’irréparable. Mais ce qui la choque le plus n’est pas d’avoir fait usage de son arme : elle pense avoir vu une présence ténébreuse quitter le corps de sa victime.
En attendant des jours meilleurs, Odessa accepte une mission à New York. Cette affectation a priori sans intérêt la met sur la piste d’un personnage mystérieux, Hugo Blackwood.
Qui est cet homme ? Un simple fou, ou le meilleur espoir de l’humanité face à un mal indicible ?

Mon avis. Une « agréable » lecture…

Plongée dans un thriller fantastique qui emmène le lecteur aux côtés d’Odessa, dévastée par l’acte qu’elle a été contrainte de commettre, à savoir abattre son coéquipier afin d’éviter qu’il ne tue une petite fille qu’il était censé sauver…

« Une brume, comme l’ondulation d’un mirage de chaleur, s’éleva du corps tordu de Leppo. Une présence dans la pièce, planant comme une nappe de gaz au-dessus d’un marais. Incolore, mais elle sentit à nouveau cette odeur de soudure, très différente de celle de la fumée qui se dégageait encore en fines volutes du canon de son arme…

Tout à coup, le corps de Leppo s’affaissa, comme si quelque chose, une sorte d’entité, l’avait quitté au moment où il est mort. » [p. 44 – 45]

Elle est mise à pied le temps de l’enquête mais ne se fait guère d’illusion, toutes les apparences sont contre elle : hormis la petite fille traumatisée, personne ne peut corroborer ses dires.

Affectée à des tâches subalternes, elle fait la connaissance d’Earl Salomon, un agent du FBI depuis longtemps retraité, mais qui, curieusement, dispose toujours d’un bureau poussiéreux au sein d’une antenne de « la grande maison ».

La jeune femme sera alors confrontée à des faits complètement irrationnels, mais quoi qu’elle entreprenne pour trouver « le fin mot de l’histoire », tout semble constamment la ramener vers des choses qui dépassent l’entendement. Et ce n’est pas le mystérieux Hugo Blackman, appelé à la rescousse sur la recommandation de Salomon, qui va arranger la situation…

Le récit est ponctué de chapitres en italiques qui se centrent sur Obediah, « le dernier-né des Avides »…

Une enquête ardue, une poursuite effrénée, sur fond de fantastique. Noir. Très noir.

Merci aux éditions J’ai Lu pour ce partenariat.