In Real Life, tome 1 : Déconnexion, Maïwenn Alix

Présentation de l’éditeur. ET SI L’ON VOUS DÉCONNECTAIT DE LA SEULE RÉALITÉ QUE VOUS CONNAISSEZ ?

Imaginez un monde dans lequel chacun peut communiquer avec les autres par la pensée.

Un monde dans lequel, la nuit, vous pouvez visiter des « rêves éveillés », si réels qu’ils vous permettent de vivre une existence virtuelle en parallèle de votre vie quotidienne.

Un monde sans violence, où toutes les relations sont fondées sur l’harmonie et la bienveillance.

Lani vit dans ce monde idéal.

Jusqu’au jour où elle en est brutalement arrachée pour être projetée dans un monde « hors connexion ».

Privée de tous ses repères, elle doit désormais s’inventer un nouveau destin.

InRL1

Mon avis. Une très belle découverte, à recommander, entre autres, aux adolescents parfois réfractaires à la lecture : ils risquent bien d’y trouver leur compte.

Plongée dans un monde où, littéralement, « tout le monde, il est beau, tout le monde il est gentil » : la bienveillance, la gentillesse, le respect de l’autre y sont les maîtres-mots. Chacun s’adonne « de bon cœur » aux tâches qui lui sont assignées ; pour ce faire, tous sont connectés au Système. Dans ce monde « idéal », les adolescents attendent le jour de la Répartition : ils quittent leur implantation afin de se consacrer au métier auquel le Système les a destinés ; ils s’unissent également à la personne choisie pour être leur compagnon de vie.

Lani attend ce moment avec autant d’excitation que d’appréhension : excitation car il y a de fortes chances pour qu’elle devienne un éminent Constructeur ; appréhension car elle a bien conscience qu’elle devra bientôt quitter sa mère, ses amis et ce cocon dans lequel elle se sent si bien.

Oui, mais cela, c’était sans compter sur l’intervention musclée de ceux qui vivent « hors Système » : l’adolescente est enlevée en compagnie de trois compagnons ; commence alors une longue errance, au sens propre comme au figuré…

  « J’écarquille les yeux, sous le choc. Nos transpondeurs, hors d’usage ? J’échange un regard catastrophé avec mes amis. J’essaie par réflexe de me connecter au serveur de l’implantation pour faire une recherche sur les causes d’un signal interrompu. Mais rien ne me répond. Je suis soudain prise de vertiges. Est-ce que c’est pour ça qu’on a eu si mal ? Parce qu’ils ont détruit les processeurs intégrés à nos cerveaux ? Mon souffle s’accélère. Non… Ca ne peut être qu’une panne ou un problème de réseau… On ne peut pas être coupé du Système ! […] Nos regards se croisent et la réalité nous frappe de son horreur. Nous sommes déconnectés. Isolés du reste du monde. Perdus, à la merci de n’importe quel danger. […]

Je ne peux pas y croire. Dans le Système, on cultive l’amour, la non-violence, le respect. La notion même de nuisible a disparu pour les animaux. » [p. 81 – 82]

  « Je ne veux plus être ici. Je ne veux plus être entourée de ces individus agressifs et dangereux. Aucun membre ne ferait preuve d’autant de violence. Aucun membre n’a jamais fait preuve de violence du tout. Le concept même a disparu avec la Grande Connexion au Système. » [p. 95]

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce récit qui met le doigt là où ça fait mal : peut-on priver pour leur « bien » des êtres humains de leur libre arbitre et de leurs émotions ?

Lani découvre un monde qui existe en marge du sien, un monde qui, dans un premier temps, semble non civilisé : tout ce en quoi elle croyait s’érode, lentement mais sûrement…

J’ai beaucoup aimé la description fouillée du Système et le fossé entre les deux mondes qui suscite inévitablement la réflexion, d’autant qu’aucun des deux camps n’est « tout blanc » ou « tout noir ».  J’ai apprécié aussi la découverte progressive de Lani sur ce qu’elle est/aurait dû être/devrait être/sera (?).

Deux légers bémols : certaines longueurs, entre autres lors la « marche forcée » des prisonniers ou quelques répétitions en matière de vocabulaire (l’adjectif « doux », par exemple, revient très souvent). Mais franchement, ce sont des détails en regard de la richesse de l’univers imaginé.

Je lirai la suite, c’est certain… d’autant que la fin appelle inévitablement (!) le tome 2.

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

Ce titre entre dans le challenge de La Licorne, 5è édition.

Licorne5

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