La bonne aventure, Fabrice Colin

Présentation. Un soir d’automne, Ombline Sauvage décida de se faire lire les lignes de la main. Quelques jours plus tôt – place Napoléon IV, à deux pas de chez elle – une roulotte de forain s’était installée, tirée par un hongre grisâtre et sans âge.

« Mme Luciole – Avenir & choix de vie. Amour. Qui êtes-vous et que voulez-vous vraiment ? « .

Qui êtes-vous ? Cela, elle pensait à peu près le savoir. Une jeune femme seule, sans projet à long terme, dotée d’un don très sûr pour la mélancolie. Et qui réclamait d’être surprise, pour ne pas dire plus.

Couverture La bonne aventure

Mon avis. Un récit – à la superbe couverture veloutée (Katerina Bazantova) – hors des sentiers battus, qui fait la part belle à l’imagination, aux divagations oniriques. Poétiquement déconcertant…

Focus sur Ombline, une jeune femme, orpheline, qui travaille dans une bibliothèque, vit avec deux perruches, sort peu, croise de temps à autre le concierge, M. Darouche, et son voisin du dessous, Pierre Legrand, « le fou, le mime, l’original au regard si intense ? » [p. 30].  Somnambule à ses heures. Timide qui lui renvoie l’image de sa propre timidité.

Ombline sera amenée à côtoyer une diseuse de bonne aventure, une créature à corps d’homme et  tête de reptile, M. Fitzpatrick ; une vieille dame et sa « petite-fille », Ariel, un jeune garçon prompt à lui prodiguer des conseils… Et chaque rencontre la conduira à s’interroger  sur elle-même, « l’air de rien »…

Ce roman m’a fait songer à L’écume des jours, de Boris Vian, ou encore à Pelléas et Mélisande, de Maurice Maeterlinck.

   « La vieille dame s’en retourna. L’intérieur de sa roulotte était sombre comme le cœur d’un tueur à gages. » [p. 11]

   « Le tramway s’était arrêté. Elle lui souffla un baiser, mais Ombline n’ouvrit pas la main pour l’attraper. Déçu, le petit nuage de tendresse se dissipa dans l’air. » [p. 38]

    « Vous êtes à un âge où l’on reçoit des lettres que l’on n’a pas demandées, commenta le concierge, matois. Ensuite, on en espère, que l’on ne reçoit jamais. Profitez. » [p.40]

   « Le jeune homme sourit. Bleus comme une mer d’été, ses yeux. Une mer dans laquelle on aurait eu toujours pied. » [p. 41]

   « La jeune femme s’inclina, intriguée, – charmée ? Quel garçon singulier, décidément. Si efflanqué, si… ailleurs. « Où » était la question. » [p. 44]

Un texte idéal – c’est le mot – pour « sublimer la matière poétique » en classe. Mais selon moi, comme pour L’écume des jours, cela « passera ou cassera ». Dans mon cas, « ça avait passé », à l’époque (lointaine).

Merci aux éditions Talents Hauts pour ce partenariat.

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