Tout quitter, Anaïs Vanel

Présentation. « Un jour, j’ai acheté un Berlingo. J’ai mis quelques cartons dans le coffre et je suis partie. J’ai pris la route comme ça. Après ma journée de boulot, comme on part en week-end. J’ai avalé les kilomètres, en écoutant King of the Road, de Roger Miller. Et enfin. Les pins. Les dunes. Les embruns. L’appartement. J’ai éventré les cartons. Trouvé mon maillot de bain. Et je suis allée me jeter dans les vagues. »

Au rythme des saisons et des vagues de la Sud, la grande plage près de laquelle elle vient de s’installer, Anaïs retrouve les souvenirs qui habitent en elle. Devant l’étonnante simplicité des choses, tout quitter signifie la réconciliation avec soi.

Couverture Tout quitter

Mon avis. Un superbe texte…

Ce « roman » en quatre saisons se présente sous la forme de (très) courts billets : des instantanés, des situations prises sur le vif, qu’elles évoquent le passé, le présent, un futur éventuel. Les haïkus du roman, en quelque sorte.

Des phrases courtes, elles aussi, qui subliment l’immédiateté. Des mots qui touchent. Des perles dans lesquelles toutes les phrases ou presque résonnent et qui, à cet égard, m’ont rappelé Un tout petit rien, de Camille Anseaume.

Ce texte est une bulle de fraicheur, purifiante, vivifiante, « ressourçante ».

« Tout » quitter, laisser derrière soi une certaine existence – une existence certaine –  afin de se (re)trouver…

    » Ici, je redécouvre la joie de célébrer les actes qui nous maintiennent en vie. Ceux qu’on accomplit parfois sans y accorder toute notre attention. Respirer. Boire un grand verre d’eau fraîche. Choisir des légumes. Des fruits. Petit à petit, mon chez-moi s’élargit. » [p. 19]

   « C’est l’heure d’aller au marché. Toute la nature est réveillée. Elle se tient là, accueillante, avec la promesse d’une journée longue et ensoleillée. » [p. 22] 

   « Aujourd’hui, je veux goûter chaque jour qui passe avec la même intensité. » [p. 71]

   « Nos rires ont la magie de ceux des enfants à qui on vient de donner un bonbon. » [p. 89]

   « Désormais, je peux contempler le soleil. Ses dernières couleurs. Le laisser prolonger la journée. La nuit tombe sur la Sud. Les lumières de la promenade dévoilent l’intimité des marcheurs. Leurs confidences. C’est ce moment suspendu juste avant le dîner. C’est le rayon vert de la journée. » [p. 127]

    « Certaines sessions sont magiques. Comme si on accédait totalement à l’Océan. Une. Deux. Trois. Dix. On enchaîne les vagues. Le temps s’envole. Plus rien ne compte. Même pas la fatigue qui commence à pointer son nez. C’est le moment où le cerveau déconnecte. Il n’y a plus d’hésitation. Plus d’inhibition. Que des automatismes. Vague après vague, on vole sur l’eau. » [p. 142]

   « Le sable est brûlant. L’eau est transparente. Le bleu est partout tropical. Allongée, offerte au soleil, la brise marine vient me chatouiller la peau. » [p. 150]

   « Il dit que son cœur lui fait mal quand il est avec moi. Qu’il s’agite et qu’il brûle. J’éclate de rire. C’est la force de l’émotion, je lui explique. […] C’est ce qu’on cherche quand on va surfer. » [p. 161]

Un grand merci à Gilles Paris et aux éditions Flammarion pour ce partenariat.

7 réflexions au sujet de « Tout quitter, Anaïs Vanel »

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