Like a Love Story, Abdi Nazemian

Présentation. New York, 1989.

La ville est tapissée de posters d’Act Up, et la communauté homosexuelle vit sous la menace du sida. C’est dans ce climat que Reza, Judy et Art vont se rencontrer, s’aimer et vivre l’année la plus décisive de leur vie.

« Nous aimons l’art et la beauté.

Nous aimons les idées nouvelles et repousser les frontières.

Nous aimons les hommes, les femmes, les hommes qui s’habillent

en femmes et les femmes qui s’habillent en hommes.

Mais, surtout, nous nous aimons les uns les autres.

Nous sommes frères et sœurs, maîtres et élèves,

et, ensemble, nous sommes un tout infini.

Le mot le plus important de notre histoire sera toujours l’AMOUR.

C’est pour cela que nous nous battons.

                                                                                   C’est ce que nous sommes.

L’amour est notre héritage. »

Couverture Like a love story

Mon avis. Coup de cœur/au cœur…

Trois destins qui se confrontent et se (dé)lient : Reza est un adolescent iranien qui vient d’arriver à New York ; il se sent attiré par les garçons mais se refuse à céder à son penchant car il associe homosexualité au sida et par là même, à la mort.

   « Je le sais depuis que nous avons quitté l’Iran et atterri à Toronto. J’avais onze ans et je ne connaissais rien au monde. Mais je savais que mon père ne changerait jamais et que ma mère avait enfin trouvé la force de le quitter. Il y avait autre chose que je savais également, quelque chose que j’avais compris la première fois que j’étais allé nager avec d’autres garçons et que l’un d’eux avait perdu son maillot. J’avais compris que j’étais attiré par les garçons, j’avais envie de les toucher, de les serrer dans mes bras, de sortir avec eux. Alors j’avais dissimulé cette pensée, je l’avais ensevelie en moi. Elle était en sécurité à l’intérieur de moi. » [p. 14]

   « Il faut que je vive, et pour vivre, je ne peux pas, sous aucun prétexte, être ce que je suis. » [p. 20]

Reza fait la connaissance de Judy qui, passionnée de mode, crée déjà elle-même ses propres vêtements. La jeune fille admire profondément son oncle Stephen, atteint du sida, un des membres du collectif Act Up qui milite activement pour que les homosexuels disposent des mêmes droits que les hétérosexuels face à la maladie.

Judy est très proche de son (seul) ami Art – Bartholomew Emerson Grant VI -, adolescent qui affiche ouvertement son homosexualité au lycée, mais dont les parents « friqués » refusent d’accepter l’orientation sexuelle.

   « Elle et moi, on n’a pas conclu de pacte d’abstinence ni rien, malgré les fortes recommandations de nos parents et de notre prof d’éducation sexuelle. C’est simplement la réalité de la situation : il n’existe AUCUNE perspective romantique pour nous en ce monde. Par conséquent, nous sommes tout l’un pour l’autre. Je suis le seul gay de notre lycée et Judy n’est pas vraiment le genre de fille qui intéresse la plupart des garçons, même si elle a déjà eu des vues sur certains. Moi, bien sûr, je la trouve magnifique. Le parfait mélange entre Cyndi Lauper et un tableau de Botero. Mais comme elle le dit souvent, que des garçons gays la trouvent belle ne l’aide pas plus que ça. Elle a également le droit de faire des blagues sur le sida parce que son oncle Stephen a le sida et plaisante dessus tout le temps. Il dit qu’il est trop proche de la mort pour ne pas en rire. » [p. 23]

Reza est très attiré par Art ; Judy est très attirée par Reza ; Art est très attiré par Reza. Au milieu, des amitiés à (tenter de) préserver…

J’ai tout apprécié dans ce récit : la « peinture réussie » d’une époque où le sida est la maladie de la honte, liée à l’homosexualité, et mène à la mort à plus ou moins brève échéance ; les revendications « nécessaires » du collectif Act Up ; les personnages : le trio des adolescents, pétris d’idéaux mais parfois obligés de « composer avec la norme » pour (essayer de) rebondir, ainsi que les adultes : je pense entre autres à Stephen ou aux parents de Judy ; les sentiments des uns et des autres, tantôt partagés, douloureux, ambivalents, excessifs, autrement dit la complexité de l’être humain ; l’émotion qui m’a fait verser quelques larmes…

Un léger bémol : des constructions de phrase parfois maladroites.

Traduction (USA) : Georges Content.

Titre VO : Like a Love Story (2019).

Un grand merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

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