Le chant de l’assassin, R. J. Ellory

Présentation. 1972. En prison depuis plus de vingt ans, Evan Riggs n’a jamais connu sa fille, Sarah, confiée dès sa naissance à une famille adoptive. Le jour où son compagnon de cellule, un jeune musicien nommé Henry Quinn, est libéré, il lui demande de la retrouver. Mais lorsque Henry arrive à Calvary, au Texas, le frère de Riggs, shérif de la ville, lui affirme que la jeune femme a quitté la région depuis longtemps, et que personne ne sait ce qu’elle est devenue. Malgré tout, Henry s’entête. Il a fait une promesse, il la tiendra. Il ignore qu’en réveillant ainsi les fantômes du passé, il va s’approcher d’un secret que les habitants de Calvary veulent dissimuler. À tout prix.

Couverture Le chant de l'assassin

Mon avis. Ce n’est pas encore cette fois que j’aurai été déçue par Ellory…

« Atmosphère, atmosphère, est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ? ». Indéniablement, ce roman a une sacrée gueule d’atmosphère…

Par petites touches, le lecteur suit Henry Quinn qui vient de sortir de prison après avoir purgé une peine de trois ans. Il a promis à son co-détenu, Evan Riggs, de remettre une lettre à sa fille. Il se rend donc à Calvary afin de rencontrer Carson Riggs, le frère d’Evan, et (pas) accessoirement (du tout) shérif du lieu depuis des lustres… Ce petit service, qui aurait pu se terminer en deux temps trois mouvements, prend des allures d’expédition. Ardue qui plus est. Mais une promesse est une promesse, d’autant qu’Henry sait pertinemment que s’il a réussi à survivre à l’enfer du pénitencier, c’est grâce à Evan. Il est donc bien décidé à aller jusqu’au bout. Même si personne (personne, vraiment ?) ne sait ce que recouvrent effectivement ces mots…

Et pourtant, le moins que l’on puisse dire, c’est que non seulement le shérif est bien décidé à ne pas venir en aide au jeune homme – c’est le moins que l’on puisse dire -, mais la ville semble faire bloc derrière son représentant de la loi. Sa loi, en tout cas. Et plus les obstacles se dressent devant Henry, plus il est décidé à poursuivre sa quête.

« Fais gaffe avec ça, dit Clarence Aimes. Tu t’avises de marcher sur les pieds de Carson Riggs, et tu risques d’éclabousser des pointures autrement plus grandes. » [p. 145]

« T’as mis un coup de pied dans un sacré nid de frelons, fiston. » [p. 322]

« Des secrets à gogo. Voilà le pros problème. Evie a raison. On n’a jamais vu un endroit avec autant de gens qui ont peur de parler. » [p. 482]

Les chapitres alternent le présent du jeune homme – accompagné d’une alliée inattendue en la personne d’Evie, un petit bout de femme qui n’a pas froid aux yeux – et le passé de la famille Riggs, autrement dit les circonstances qui ont conduit à la situation explosive du moment.

 » – Eh ben, t’es plus à Reeves. T’as pas toujours besoin de colorier en faisant gaffe à pas déborder, tu vois. La plupart du temps, tu peux te contenter d’être toi-même. » [p. 292 – 293]

Page après page, chapitre après chapitre, la tension monte et lecteur découvre, impuissant, cette chronique d’un drame annoncé où les non-dits s’expriment de manière magistrale…

Un régal…

Traduction (anglais) : Claude et Jean Demanuelli.

Titre VO : Mockingbirds songs (2015).

2 réflexions au sujet de « Le chant de l’assassin, R. J. Ellory »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s