La Chasse, Bernard Minier

Présentation.

« Il y a des ténèbres qu’aucun soleil ne peut dissiper »

Sous le halo de la pleine lune, un cerf surgit de la forêt. L’animal a des yeux humains. Ce n’est pas une bête sauvage qui a été chassée dans les forêts de l’Ariège…

Dans ce thriller implacable au final renversant, Bernard Minier s’empare des dérives de notre époque. Manipulations, violences, règlements de comptes, un roman d’une actualité brûlante sur les sentiers de la peur.

Une enquête où Martin Servaz joue son honneur autant que sa peau.

Couverture La Chasse

Mon avis. Un excellent moment en compagnie de Servaz et son équipe…

J’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir Martin Servaz et son équipe que, pour l’anecdote, j’avais quittés un peu « agacée » : si j’avais bien évidemment apprécié le dernier opus de leurs enquêtes, La Vallée, je n’avais pas apprécié « ce qui concernait Marianne », tant cela me paraissait cadrer difficilement avec ce que j’avais pu percevoir par le passé de sa relation avec le célèbre commandant – ce n’est que mon avis -. Du coup, j’ai laissé s’écouler un peu trop de temps avant d’avoir envie de rédiger un billet relatif au roman et c’est finalement devenu trop tard pour envisager d’écrire « quelque chose » à ce propos. J’ai alors laissé tomber, mais j’ai bien lu les six volumes précédents : Glacé, Le Cercle, N’éteins pas la lumière, Nuit, Sœurs et La Vallée donc.

Plongée dans les tréfonds de l’âme humaine la plus noire avec l’assassinat d’un jeune homme qui, affublé d’une tête de cerf, a fait l’objet d’une chasse « à l’homme », au sens propre du terme. S’il ne s’était pas fait renverser en pleine nuit par un infirmier rentrant chez lui après sa garde, personne ne se serait rendu compte de la disparition de la victime, du moins pas tout de suite…

« Servaz frémit. C’était le Mal dans son expression la plus pure qui était à l’œuvre ici. Il en reconnaissait chaque signe.

Il était 5 heures passées de quarante-trois minutes, ce matin du lundi 26 octobre. » [p. 37]

C’est une enquête ardue qui s’annonce en raison de l’absence quasi totale d’indices exploitables ; il faut dès lors attendre (espérer ?) la disparition d’une nouvelle (future) victime pour progresser et tenter, tant que faire se peut, de réussir à la sauver avant qu’il ne soit trop tard…

« Il se rendit compte que ses pires craintes étaient en train de prendre corps. Celles que Samira et lui avaient formulées, celles que le divisionnaire avait balayées d’un geste : Moussa Sarr n’était peut-être pas le premier… Combien d’autres ? Il inspira. Il ne pouvait plus ignorer l’appréhension au creux de son ventre, ce malaise qui grandissait. » [p. 125]

De surcroît s’ajoutent bientôt un manque de soutien de la hiérarchie, des tensions au sein du couple Martin/Léa, tandis que gronde, en cette (première) « année Covid », la révolte du peuple à l’encontre de l’autorité en général et de ses dépositaires en particulier, à savoir la police. Et quand, en plus, il apparaît que des policiers puissent être impliqués, la partie se corse davantage encore. Non, décidément, cette enquête ne sera pas facile, tant physiquement – c’est habituel – que psychologiquement parlant…

« Ce fut une nuit de fureur outragée et de tumulte. Une nuit sauvage et revendicative. Derrière chaque insulte, chaque cri, chaque projectile, il y avait – dit ou non dit, mais en tout cas pensé – le mot justice. […]

Et, tandis que cela rugit, vomit, éructe, flamboie et brûle dans cette nuit de révolte, il est aussi dans toutes les têtes du Mirail : celles des flics comme celles de leurs assaillants… » [p. 232]

En attente, désormais, du septième volet…

Une réflexion au sujet de « La Chasse, Bernard Minier »

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