Catégorie : Général

Relents nauséabonds

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Une réflexion en regard de l’actualité qui touche l’enseignement au sens large : la censure que l’on croyait (naïvement ?) derrière nous ressurgit en matière de littérature jeunesse.

Ce qui a attiré mon attention, c’est l’évocation sur plusieurs blogs des commentaires pitoyables relatifs au récit d’Anne Percin et Thomas Gornet, Le jour du slip, je porte la culotte, que ce soit sur la page FB de l’auteure ou sur un site marchand connu. Ma réaction a été, à ma « petite échelle », de m’inscrire à une lecture commune du récit proposée par Stephie afin de (tenter de) découvrir ce qui peut heurter à ce point.

Et puis, Jean-François Copé s’en mêle (serait-il question dans son chef de « surfer sur une certaine vague » ?) : c’est ainsi qu’il montre du doigt un album intitulé Tous à poil ! de Claire Franek et Marc Daniau, présenté comme « recommandé aux enseignants pour faire la classe aux enfants de primaire » alors qu’il n’en est rien. [Le « positif » ? Il en a « boosté » les ventes]

« Les auteurs, les illustrateurs, les éditeurs qui font la littérature de jeunesse, les bibliothécaires, les libraires, les enseignants, médiateurs qui la transmettent sont des professionnels attentifs, compétents et sérieux.

Certes, il peut et il y a matière à discussion, dès lors que l’on s’attache à ouvrir le débat autrement que par des polémiques politiciennes et stériles.

Le Salon du livre et de la presse jeunesse va fêter ses trente ans cette année et l’on s’honorera de mettre en valeur tous les grands livres qui, comme les cours de récréation, bruissent d’impertinence. » [Sylvie Vassallo, directrice du Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis sur Le Monde.fr, du 10/02/14]

 

Ceci après les manifestations virulentes contre le mariage pour tous, ça fait beaucoup.

 

Mais où va-t-on ? Comment oser imaginer que ce genre de comportement puisse se (re)produire ? C’est à proprement parler terrifiant.

J’espère vraiment, égoïstement, que la « Communauté Wallonie-Bruxelles » (en charge de l’enseignement francophone) n’aura pas l’idée, absurde et malheureuse, de « prendre exemple » sur cette frange réactionnaire française – que je croyais infi(r)me mais ??? -.

 

En tant qu’enseignants, nous devons être vigilants ; il est essentiel d’ouvrir l’esprit des élèves, élargir leurs horizons, et non les enfermer dans un carcan de plus en plus étroit. J’ai toujours eu l’impression que nous étions assez libres en Belgique à l’intérieur des programmes (malgré tout) imposés et franchement, j’espère vraiment que cela ne va pas changer.

 

Moi qui suis ravie de pouvoir bientôt proposer à mes élèves la lecture de Frangine de Marion Brunet dans le cadre d’un travail de fin d’année scolaire, je vais me dépêcher au cas où…

 

… On est tous l’autre de quelqu’un…

 

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Concours de l’an neuf

En l’an de grâce 2012, parmi mes lectures, trois titres sortaient, selon moi, du lot ; parmi eux, Au pays des kangourous, de Gilles Paris.

En ce tout proche mois de janvier 2014, il paraît en poche aux Éditions J’ai Lu qui me donnent l’opportunité de vous en faire gagner trois exemplaires : inutile de dire que je suis ra-vi-e.

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Souhaitez-vous en gagner un ? Facile ! Allez lire ma chronique et vous pourrez d’emblée répondre à la première question.

Pour la deuxième, oh, il vous faudra sans doute faire une (toute) petite recherche mais le Net vous viendra (très vite) en aide.


Et puis ?

Vous m’envoyez un courriel « joliment tourné », avant le 3 janvier, à l’adresse renseignée sur le blog (colonne de gauche) avec la réponse aux questions suivantes :

1) Comment se prénomme le héros de Au pays des kangourous ?

2) Quelle est la première phrase du roman, remarquable (et remarquée) ?


Vous n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées au cas où le tirage au sort, réalisé le 4 janvier, vous serait favorable ; le prénom des gagnants sera affiché sur le blog.

Concours ouvert à la Belgique et à la France.


Partagez sans modération aucune.

Trente ans déjà…

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C’était en novembre 1983, je « kotais » à Louvain-la-Neuve, quelques légers troubles sensitifs surviennent : les contacts sur mes membres inférieurs sont « cotonneux », plus doux en quelque sorte. Pas de quoi fouetter un chat mais cela semble durer ; je ne me tracasse pas vraiment mais vais consulter un médecin sur place. Puis mon médecin traitant.

S’enchaînent alors dans les mois qui suivent des examens divers, entre autres des potentiels évoqués et un électromyogramme. Tout paraît « normal ». J’en profite pour ne pas remercier un assistant de l’ex-UMH qui m’a (sou)ri au nez en me disant que « c’était psychologique ».

Le temps (tré)passe et un nouvel épisode survient : je suis en train de retourner au kot, j’ai une mallette dans ma main droite et sans que je le veuille, ma main s’ouvre et la laisse tomber.

Troisième fait dont je me souviens précisément : sous une violente pluie d’orage, je cours me mettre à l’abri et « je n’ai plus de jambes », je dois m’asseoir.

L’IRM n’existe pas à l’époque, je vais devoir subir une ponction lombaire pour rejeter la possibilité d’une sclérose en plaques ; la ponction est effectivement (très) « suggestive de sclérose en plaques » mais le professeur consulté suggère à mes parents de ne pas m’en parler tout de suite, histoire que je poursuive mes études « tranquillement ». Ils se taisent donc et c’est fortuitement que j’apprendrai, quelques mois plus tard, que les trois lettres de cette saleté de maladie me colleront désormais à la peau.

Je prends très bien les choses car je n’ai pas alors véritablement conscience de ce qui risque de m’arriver et ne ressens pas de symptômes particuliers de la maladie, hormis des faiblesses dans les jambes quand je dois « accélérer le pas » ou courir. Je me souviens avoir pleuré une seule fois : lorsqu’il m’a été fortement recommandé de ne pas avoir d’enfant. Je n’ai (heureusement) pas tenu compte de la recommandation.

Je crois pouvoir dire que d’une certaine manière, j’ai eu la chance qu’Internet n’existait pas à l’époque ; impossible donc de trop « me tracasser » par avance et d’éventuellement m’effondrer.

Aujourd’hui, le fauteuil roulant est devenu mon fidèle compagnon, mon « meilleur ennemi » en quelque sorte, la douleur s’incruste parfois, de multiples précautions sont de mise afin de tâcher d’éviter les chutes lors des « transferts » mais même si je craque de temps à autre – jusqu’à présent, cela ne dure jamais bien longtemps, autrement dit quelques heures, voire quelques jours -, j’essaie d’organiser ma vie « au mieux » avec la SEP (l’imprévu engendre d’ailleurs souvent chez moi du stress).

C’est jouer sur les mots (normal, pour un prof de français) mais je dis toujours que jamais, je n’accepterai la maladie, je suis « juste » forcée de vivre avec. Et je me rends bien compte que j’ai beaucoup de chance d’être entourée, épaulée, aidée (même si, je l’avoue, mon orgueil en prend parfois un coup), aimée ; de continuer à enseigner ; d’être encore relativement « autonome » après ces « noces de perle ».

Je ne saurai jamais ce que j’aurais pu devenir sans la maladie étant donné que nous formons un si vieux couple, elle m’a façonnée, d’une certaine manière. Inévitablement. Mais je peux être contente que, jusqu’à présent à tout le moins, Goliath n’ait pas vaincu David.

Nouvelles, nouvelles, vous avez dit nouvelles…

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« Rentrer or not rentrer », that was THE question en ce début (ou pas) d’année scolaire…

Je me déplace maintenant en chaise aussi à la maison : c’est la « nouveauté » présentement « digérée » et intégrée. Une chaise reste dans mon coffre et l’autre dans la maison : même si c’est un nouveau palier, je peux maintenant me déplacer (relativement) aisément à l’intérieur.

Le (gros) souci, c’est de franchir les deux marches qui séparent ma porte d’entrée de l’allée où je gare ma voiture (presque au centimètre près), que ce soit en descendant ou en montant (pas évident, surtout en fin de journée). Des barres ont été installées mais ce n’est pas facile pour autant ; j’essaie de « rationaliser » les sorties. Des démarches sont également entreprises pour d’éventuelles adaptations mais cela prendra du temps.

Je craignais d’avoir des problèmes pour pouvoir m’asseoir sans trop de risques sur le banc dans ma classe : je dois rester (très) prudente dans mes transferts mais c’est encore faisable, pour le moment en tout cas. En outre, quelques élèves m’ont déjà proposé leur aide ; cela fait chaud au cœur.

Je considère donc que je dois envisager les choses un jour à la fois… Cela dit, je pensais m’être « préparée psychologiquement » à l’éventualité de ne plus pouvoir travailler ; je me rends compte que je me suis fourré le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate (qué souplesse !) : j’ai besoin de continuer…

Je croise donc tout ce que je peux croiser 😉

(S)E(P)volution

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A un kiné rencontré hier au hasard des activités qui m’a demandé si j’étais toujours prof, j’ai répondu « En tout cas, jusqu’au 30 juin, je l’étais ».

C’est la première fois que je parle de la sorte ; ce qui signifie, me semble-t-il, que l’idée que je risque de ne plus l’être à l’avenir fait son chemin…

Doucement…

Tranche de vie

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Elle est hospitalisée, se déplace en chaise roulante, mange à ma table, parle si bas que je dois souvent tendre l’oreille pour entendre ce qu’elle me dit. Discrète.

Son mari vient lui rendre visite durant tout l’après-midi ; ils se promènent, lentement mais sûrement puisqu’ils sont ensemble. Elle a posé une casquette sur la tête, à la garçonne. Ils s’arrêtent sous un arbuste et il lui noue un foulard autour du cou car même si le soleil les salue, un léger vent frisquet souffle gentiment.

Ils reprennent leur chemin tout en devisant.

Arrive l’heure du souper, il est auprès d’elle et lui prépare ses tartines ; il a apporté des fraises « toutes fraîches » qu’elle préférera au repas léger prévu. Il est prévenant, souriant, disponible. Discret.

Un couple d’octogénaires en guise d’hymne à l’amour. Discret. Superbe.

Fraiture

Depuis 2005, je viens chaque année « en vacances revalidantes » à Fraiture durant deux ou trois semaines.

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Cette fois, je m’étais « préparée psychologiquement » à rester trois semaines, d’une part parce que le médecin responsable me dit chaque fois que quinze jours, c’est trop court ; d’autre part parce que la dégradation est telle que je savais en avoir (un grand) besoin, même si, paradoxalement, j’ai encore plus de difficultés directement quand je rentre à la maison du fait que je me suis déplacée au centre en permanence en chaise ; après, ça va parfois mieux. Parfois.

La situation présente n’est pas brillante (du tout) et pour la première fois, j’ai craqué dans les bras d’une ergothérapeute lorsqu’elle est arrivée avec la chaise électrique (à mes yeux énoooorme alors que la largeur est quasi la même que ma manuelle) à « tester » durant le WE et que la conversation s’est engagée sur les aménagements plus « lourds » désormais indispensables à la maison. La conversation s’est muée en monologue puisque je ne pouvais répondre que par des pleurs à ses mots.

Pour le moment, cette chaise est une étape éventuelle supplémentaire dans « l’approfondissement du handicap » avant qu’elle ne devienne peut-être (sans doute, probablement) un nouvel espace de « liberté » [dixit un patient à côté de qui je « pédalais » – non, non, pas dans la choucroute, encore que – en « mécano » ; je précise qu’en ce qui me concerne, c’est le vélo électrique qui m’entraîne, ce qui m’a permis de « parcourir 3 kilomètres » – vous remarquerez que j’essaie de trouver un élément positif dans cette panade -].

Les choses se corsent puisque la chaleur a fait son apparition et j’ose dire que, purement égoïstement, j’espère qu’elle ne va pas s’éterniser sinon ce séjour risque d’être réduit à néant (déjà que…)

Petite précision à l’attention de « mon kiné » (fan inconditionnel du grand Jacques) qui passera peut-être sur ces pages : je suis allée voir les paroles de « Orly » de Jacques Brel.

Petite précision à l’égard de qui me lira : je ne suis pas encore prête à passer mon permis de « chaise électrique » mais l’apprentissage suit son petit bonhomme de chemin (!), lentement (vitesse « tortue rapide » – si, si, ça existe -) mais sûrement, à l’image de cette saloperie de maladie [qui m’a « élue » voici bientôt trente ans].

Baroud d’honneur ?

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Dernière heure de cours de cette année scolaire derrière moi ; demain commencent les examens. Les corrections, c’est pour la semaine prochaine (sauf que, si je veux être honnête, je me dois de préciser qu’il me reste 12 journaux de lecture à corriger sur les 61 effectivements reçus).

Dernière heure de cours de cette année scolaire mais j’ai peur, je crains, je redoute qu’elle n’ait été la dernière. Tout court. Oh, je peux être contente puisque je ne pensais pas tenir jusqu’au bout (même si le bout, c’est septembre) mais je sens que la fin (de ma carrière, s’entend) approche.

Le moindre déplacement devient extrêmement pénible, douloureux, hasardeux car (presque) dangereux si bien que les « pas » dans la maison se font rares, trop rares et si ma « condition physique » est la même en septembre, je vois mal comment je pourrai « reprendre ».

Et je sais pertinemment que si je ne travaille plus, je vais sortir de moins en moins étant donné la pénibilité de tout. Perspective réjouissante s’il en est.

Le titre de la chanson (il suffit de cliquer sur l’image), c’est mon humeur du moment [j’ai même hésité avec la couverture d’un célèbre titre de Gabriel García Márquez, c’est dire Clin d'œil]

Journal de lecture

J’ai donné à mes élèves, avant le congé de Pâques, les ultimes propositions de lecture de cette année scolaire ; à charge pour eux de lire un des romans et d’en réaliser un « journal de lecture », travail important dans tous les sens du terme.


Cette année, ils ont le choix entre


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Les Éveilleurs, Livre I : Salicande de Pauline Alphen


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La Grande Guerre, 1 : 49 jours de Fabrice Colin


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Room, Emma Donoghue


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Les Cornes d’ivoire, t. 1 : Afirik, Lorris Murail



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Le monde dans la main, Mikaël Ollivier


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Au pays des kangourous, Gilles Paris

Ouillouf !

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Hé bien, ce fut dur dur d’arriver au terme de cette période scolaire qui nous a menés jusqu’à Pâques et pourtant, six semaines, ce n’était vraiment pas énorme mais mine de rien (ou de presque rien), les années sont là (hé oui), la santé… non, et je n’en peux plus de cet hiver qui s’étire de manière indéfinie (il neigeait encore ici fin d’après-midi  – 28 mars, vous êtes sûrs ? – ; fondante, la neige, mais quand même !).

La bonne nouvelle, c’est que ce WE, hormis imprévu (traduction : grosse tuile), je serai à Trolls et Légendes et j’attends ce moment depuis bien bien avant le début de ce froid d’enfer (ça, c’est un oxymore du feu de Dieu Cool)

[Photo]