Catégorie : Loisirs

La Chronique des Rokesby, 3 : L’autre Mlle Bridgerton

Présentation. Dans la famille Rokesby, il reste deux fils à marier. D’abord Andrew, qui cache sous ses allures d’impitoyable loup des mers son rôle d’agent secret au service de la Couronne. Puis Nicholas, le cadet, dont la vocation pour la médecine est plus forte que tout. […]

Mon avis. Décidément, que j’aime ces Rokesby à la sauce Bridgerton…

Nous suivons cette fois les (més)aventures de Poppy Bridgerton, cousine de Billie, amenée à rencontrer « incidemment », Andrew, le fils n° 3 des Rokesby, évoqué dans les Chroniques 1 et 2.

Au risque (assumé) de me répéter, je dirai que je me suis à nouveau régalée en découvrant cette fois la confrontation pour le moins mouvementée entre Poppy et Andrew : la jeune femme est littéralement enlevée par deux des marins aux ordres du capitaine Rokesby qui semble tremper dans des affaires « louches ». Ils n’ont eu d’autre choix que d’emmener avec eux Poppy en mer, au grand dam de celle-ci, dont la réputation risque dès lors d’être irrémédiablement compromise.

 » -Je suis au regret de vous informer que vous serez notre invitée à bord de l’Infinity durant les deux semaines à venir, autrement dit jusqu’à notre retour.

– Non ! cria Poppy.

Cette protestation horrifiée franchit ses lèvres avant qu’elle ait le temps de plaquer la main sur sa bouche.

– Malheureusement, si. Vous connaissez l’emplacement de notre grotte, je ne peux donc pas vous laisser libre d’aller raconter ce que vous avez vu. Nous la viderons dès notre retour, et nous vous laisserons partir.

– Pourquoi ne pas la vider maintenant ?

– Je ne peux pas, répondit-il simplement.

– Vous voulez dire que vous ne voulez pas.

– Non, je veux dire que je ne peux pas. Et vous commencez à m’agacer.

– Vous ne pouvez pas m’emmener avec vous, protesta Poppy d’une voix chevrotante.

Bonté divine, elle avait envie de pleurer ! Elle avait envie de pleurer comme elle n’avait pas pleuré depuis des années, et si elle ne se reprenait pas, elle allait s’effondrer devant cet homme horrible qui tenait son destin entre ses mains. » [p. 39 – 40]

Le ton est d’emblée donné et il devient vite évident pour le lecteur que ces deux-là sont faits pour s’aimer, une fois les discordances aplanies, ce qui n’est cependant pas une mince affaire : n’oublions pas qu’elle est prisonnière – dans la cabine du capitaine, certes, mais avec l’interdiction formelle d’en sortir, d’autant que tout marin qui se respecte sait qu’une femme sur un bateau porte la poisse – et lui geôlier. Fort bien de leur personne au demeurant, mais quand même...

 » – Non, la coupa-t-il, je ne crois pas que les femmes portent malheur, que ce soit sur un bateau ou ailleurs. En revanche mes hommes le croient et je dois en tenir compte. À présent, j’ai du travail. Je serai absent au moins trois heures. Cela devrait vous laisser le temps pour vous préparer pour la nuit. » [p. 75]

L’intelligence, la vivacité d’esprit, le piquant de leurs échanges, ainsi que la curiosité insatiable de l’un et l’autre, feront le reste, à condition qu’ils acceptent de se laisser tenter l’un par l’autre et osent s’avouer l’attirance qui se fait jour. Ce n’est pas gagné...

« Quelque chose de léger, de lumineux, commença à monter en lui. Une onde grisante de désir, mais pas uniquement. Il s’agissait aussi d’attente et d’excitation anticipée.

C’était « l’instant d’avant ». Celui où vous sentez votre cœur battre dans tout votre corps, où chaque respiration paraît descendre jusque dans vos orteils. Celui où rien ne peut se comparer à la courbe parfaite des lèvres d’une femme.

– Si je vous embrassais, vous me laisseriez faire ? murmura-t-il.

Le regard de Poppy s’adoucit et se teinta d’une pointe d’amusement.

D’amusement ?

– Si vous m’embrassiez, répliqua-t-elle, je n’aurais pas l’occasion de vous laisser faire ou pas. Ce serait fait.

On pouvait compter sur Poppy Bridgerton pour couper les cheveux en quatre. Il n’allait toutefois pas lui permettre de s’en tirer à si bon compte.

– Si je m’inclinais ainsi vers vous, dit-il, joignant le geste à la parole. Et si mes yeux s’attardaient sur votre bouche, signe universellement convenu que l’on envisage un baiser, que feriez-vous ?

Elle s’humecta les lèvres. Sans en avoir conscience, devina Andrew.

– Je ne sais pas, chuchota-t-elle.

– Mais c’est en train d’arriver. Je m’incline… Je vous touche la joue…

Elle tourna presque imperceptiblement la tête contre sa main. Andrew eut conscience que sa voix devenait rauque avant même qu’il ne prononce les mots.

– Il ne s’agit plus de ce que vous feriez, mais de ce que vous ferez.

Il rapprocha encore son visage, si près qu’il ne voyait plus celui de Poppy dans son entier, si près qu’il sentait son souffle léger sur ses lèvres.

– Que feriez-vous, Poppy ?

Elle s’inclina alors. Juste un peu, et ce fut suffisant pour que ses lèvres effleurent celles d’Andrew.

Ce fut le plus léger des baisers. Il lui alla droit au cœur. » [p. 199 – 201]

Traduction (anglais USA) : Léonie Speer.

Titre VO (2018) : The other Miss Bridgerton.

Un grand merci aux éditions J’ai Lu pour ce partenariat. À suivre : le tome 4, Tout commença par un esclandre.

La Chronique des Rokesby, 2 : Un petit mensonge, Julia Quinn

Présentation. 1779, comté du Kent. Tout commence dans la résidence des Bridgerton, Aubrey Hall, une génération avant la naissance du premier des huit descendants d’Edmund et Violet Bridgerton.
La demeure la plus proche, Crake House, est le fief des Rokesby et de leurs cinq enfants. Les deux familles se fréquentent, leurs bambins jouent et grandissent ensemble.

Mon avis. Un plaisir… si tant est, encore une fois, que l’on goûte à ce genre de récit.

Focus, cette fois, sur Edward, le 2e fils Rokesby, celui qui avait été porté disparu dans « les colonies » lors de la guerre qui oppose loyalistes, acquis à la cause britannique, et indépendantistes. Souvenez-vous, le tome 1 se terminait sur ce mots : « Edward est vivant ».

Ce tome 2 commence sur l’île de Manhattan, en juin 1779, alors qu’Edward recouvre ses sens.

« Il avait mal au crâne.

Il avait même très mal au crâne.

Difficile cependant de définir précisément cette douleur. Peut-être avait-il reçu une balle de mousquet. C’était plausible, vu qu’il se trouvait à New York (ou était-ce le Connecticut ?) et qu’il était capitaine dans l’armée de Sa Majesté. » [p. 373]

Il s’avère qu’Edward a perdu la mémoire des derniers mois et lorsqu’il ouvre les yeux, dans « l’hôpital » où il a été emmené suite à sa blessure, il découvre sa femme à son chevet. Ou plus exactement, il fait la connaissance de Cecilia, la sœur de son meilleur ami, qu’il « connaît » uniquement par bribes de lettres interposées. Cecilia qui est censée être sa femme alors qu’il n’a aucun souvenir de s’être marié.

« Madame Rokesby ? Edward souhaitait de toutes ses forces qu’ils en reviennent à ce point. À sa connaissance, il n’y avait qu’un Rokesby en Amérique du Nord, et c’était lui. Alors, si elle était Mme Rokesby…

– Je pense qu’il vaudrait mieux consacrer toute votre énergie à soigner votre mari, conseilla la voix masculine.

Son mari ? C’était lui, son mari ? Mais il était impossible qu’il soit marié ! Comment aurait-il pu être marié et ne pas se le rappeler ? » [p. 376]

Dès le départ, il y a un « petit » mensonge : Cécilia a été amenée, par un concours de circonstances, à se faire passer pour sa femme et plus le temps passe, plus il devient difficile pour elle de se « dépatouiller » de cette situation. D’autant qu’il s’avère évident qu’attirance mutuelle il y a… Ce n’est jamais « le bon moment » et pourtant, si Edward recouvre la mémoire, il risque bien de ne jamais le lui pardonner.

Une lecture bien agréable ; même si l’on sait vers quoi l’on se dirige, on attend que soit découvert le pot aux roses et surtout, on se demande de quelle manière les tourtereaux « règleront – ou pas – les choses »…

« Il la regarda sans ciller, si longuement que sa peau commença à la picoter.

– Toutefois je pense, chuchota-t-elle, je pense que vous pourriez avoir besoin de moi.

– Bonté divine, Cecilia, vous n’imaginez pas à quel point.

Et là, au beau milieu du couloir, il l’enlaça et s’empara de ses lèvres.

Edward n’avait pas eu l’intention de l’embrasser. Tout ce qu’il voulait, bon sang, c’était se conduire convenablement. Cependant, lorsqu’elle avait levé vers lui ses yeux couleur d’écume, et qu’elle avait murmuré qu’il avait besoin d’elle…

Une seule chose aurait pu l’exciter davantage : qu’elle lui dise qu’elle avait besoin de lui.

Il était sans forces, certes, et il avait perdu plus d’une dizaine de livres. Il était même incapable de monter sans aide une volée de marches. Mais, sapristi, il pouvait embrasser sa femme, non ?

– Edward… balbutia-t-elle.

– Nous restons mariés, décréta-t-il en l’entraînant dans la chambre.

– Oh, mon Dieu ! » [p. 452 – 453]

Un grand merci aux éditions J’ai Lu pour ce partenariat ; tome 3 à suivre avec les « aventures » du 3e fils, Andrew [un petit goût des Frères Quinn, de Nora Roberts, en quelque sorte].

Traduction de l’anglais (États-Unis) : Léonie Speer.

Titre VO : The girl with the make-believe husband (2017).

Du bruit dans la nuit, Linwood Barclay

Présentation. Paul, professeur d’université, n’est plus que l’ombre de lui-même après avoir été témoin d’une scène macabre huit mois plus tôt. Atteint de stress post-traumatique, il ne parvient pas à renouer avec une vie normale.
Pour l’y aider, sa femme l’encourage à noter les pensées qui le rongent avec la machine à écrire qu’elle vient de lui offrir. Mais bientôt, les nuits de Paul sont hantées par d’étranges bruits qu’il semble le seul à entendre : le clac-clac répétitif des touches. Et au matin, il découvre d’inquiétants messages…
Démence ? Paranoïa ? Machination ? Paul se voit projeté dans une enquête plus traumatisante que ses pires cauchemars…

Mon avis. Un excellent moment de tension…

Focus sur Paul, présentement en arrêt de travail suite à une expérience particulièrement traumatisante, vécue quelques mois auparavant. Les cauchemars persistent, envers et contre tout, malgré l’aide de la psychologue qui le suit, malgré l’aide de sa femme constamment à l’écoute. Les « absences » s’enchaînent sans qu’il ne puisse rien y faire.

« Il était arrivé.

Assis dans sa voiture, dans l’allée, moteur allumé.

Mais, après ça, le trou noir. Rien, jusqu’à ce qu’il se gare dans l’allée.

Pas de panique. Ce n’est pas bien grave.

Bien sûr que non. Il s’était perdu dans ses pensées sur le chemin du retour. S’était mis en pilotage automatique. Ne lui était-il pas arrivé d’avoir ce genre d’absence avant même l’agression ? » [p. 40 – 41]

Sur les conseils de sa femme, il décide de « mettre sur papier » les pensées qui l’assaillent et de réfléchir sur les éléments qui ont mené à la catastrophe dont il a miraculeusement réchappé, physiquement s’entend. Commence alors une lente descente aux enfers…

« Il était un peu plus de deux heures quand il entendit les bruits.

Il en prit conscience alors qu’il dormait encore, si bien que, lorsqu’il ouvrit les yeux, et n’entendit plus rien, il pensa avoir rêvé.

Tout était silencieux.

Mais le bruit recommença.

Tac-tac. Tac-tac-tac. Tac. Tac-tac.

Il l’identifia aussitôt. Inouï dans la maison, mais instantanément reconnaissable. À l’étage du dessous, quelqu’un était en train de pianoter sur l’ancienne machine à écrire dans son tout petit bureau. […]

Il n’y avait personne. La chaise était vide.

Mais la machine à écrire était là. » [p. 95 – 96]

J’ai beaucoup apprécié ce récit qui « embrouille » le lecteur : on ne sait pas sur quel pied danser, on se demande constamment si Paul est victime « d’hallucinations » ou si ce qu’il vit est réel, mais si ça l’est, comment diable (!) est-ce possible ? Autrement dit, le lecteur est autant dans le flou que le « héros » et les protagonistes qui gravitent autour de lui…

Quant au « fin mot de l’histoire », il est à la hauteur de l’ensemble.

Un grand merci aux éditions J’ai Lu pour ce partenariat.

Traduction de l’anglais (Canada) : Renaud Morin.

Titre VO : A Noise Downstairs (2018).

Le féminisme, Elsa Pereira, Aurore Bay, Mes p’tites ?uestions, Milan

Présentation

Mon avis. Un intéressant tour de la question relatif au féminisme destiné aux jeunes enfants.

Y sont abordés, entre autres, le terme lui-même et sa signification, les jeux et métiers erronément destinés aux filles ou aux garçons, la langue, les (non-)droits à travers époques et pays, quelques célèbres féministes, la vie quotidienne évoquée à travers le prisme du féminisme…

Un album richement illustré, sur papier glacé, qui initie la réflexion…

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

Le bal des cendres, Gilles Paris

Présentation. Lior, Thomas, Sevda, Anton, Ethel et bien d’autres passent leurs vacances à Stromboli, à l’hôtel Strongyle, dans l’intimité de ce lieu paradisiaque géré par un Français, Guillaume, et sa fille adolescente, Giulia. Ils sont sensibles, lâches, infidèles, égoïstes, enfantins. Elles sont fortes, résilientes, légères, amoureuses. Le volcan, menaçant et imposant, n’est pas seulement dans la montagne. Il est en chacun d’entre eux. Lorsqu’il gronde et que la vie ne tient plus qu’à un fil, que les mystères les plus sombres remontent à la surface, les actes, seuls, demeurent. Et si le personnage principal de ce roman n’était autre que Stromboli, cette île éolienne, si proche de la Sicile, âpre, rude, aux plages noires, et pourtant si lumineuse ?

Cet été de tous les dangers sera aussi le prix à payer pour se libérer enfin d’incroyables secrets.

Mon avis. Ce fut une lecture quelque peu étrange…

Le roman se présente en trois parties : Strombolicchio, avant l’éruption ; Iddu, au moment de l’éruption ; Téphras, après l’éruption. Et j’ai eu énormément de mal avec la première partie à laquelle je n’accrochais pas du tout, prenant sur moi, à chaque nouveau chapitre, pour « remettre mes pièces à place » afin de savoir de quel personnage il était question ; difficulté pour continuer la lecture aussi, tout « simplement », tant je restais à distance, et de l’histoire, et des protagonistes eux-mêmes. Et cela, alors que la couverture – qui cadre tout à fait avec le propos – m’avait d’emblée rebutée, malgré la « percutance » de la première phrase – « Je suis née le jour où ma mère est morte » [p. 15] – qui m’a rappelée, par cette « percutance », celle de Au pays des kangourous – « Ce matin, j’ai trouvé papa dans le lave-vaisselle » -. Les seuls qui trouvaient grâce à mes yeux, c’étaient Thomas, le photographe pleurant son amour disparu, et dans une moindre mesure, Giulia, l’adolescente,

« J’aimerais que le firmament m’emporte, comme un de ces petits nuages blancs où mes photographies s’éparpillent comme seules traces de mon histoire. Sans elles, je n’ai aucun passé, je n’existe nulle part. » [p. 17]

« Lior me regarde. Il a légèrement tourné sa tête comme s’il découvrait ma présence. Le vent s’amuse avec ses mèches. Son amazonite me trouble. Une large patte de poils descend le long de sa tempe avant de s’élargir en barbe rousse, flambée par la lumière du jour. Je me rends compte que sa cuisse est restée contre la mienne. J’en suis un peu gêné. Au loin le bleu de la mer est indigo, recouvert d’écume. » [p. 84]

La magie a commencé à opérer à partir de la 2e partie ; je me suis alors laissé volontiers emporter par les vicissitudes de la vie de chacun ou presque, ses fêlures, son côté sombre, désireuse de savoir ce que l’éruption allait faire ressurgir du passé de chacun, car quoi que l’on fasse pour enfouir au plus profond de soi les secrets, une étincelle suffit souvent à tout embraser (!). Les non-dits s’expriment, les comptes semblent destinés à se régler sous la torpeur « strombolienne ». Certain(e)s attendent (im)patiemment leur heure, l’air de rien…

Côté personnages, j’ai beaucoup apprécié Thomas et Lior ; le jeune Tom qui se débat entre ce qu’il voit et ne « peut » voir ; Sevda, au mari papillon ; et Elena, contrainte d’apprendre la patience…

« Je compte les instants qui me séparent de ce géant. J’espère le retrouver à l’hôtel. Qu’il n’a rien. Je redeviens avec lui cet adolescent insouciant que j’étais avant que ma mère ne soit malade. Sa présence, ses bras me rassurent. Je sais combien ses mains sont douces lorsqu’elles glissent sur moi. Je n’ai pas choisi d’aimer cet homme. Pas plus que ma couleur préférée, le bleu. […] J’adore le sourire. Il me fait fondre comme le verre sous le feu. C’est une invitation à entrer. La clé unique pour toutes les serrures du monde. » [p. 176]

« De toute façon, les adultes n’aiment pas trop la magie. Pour eux, rien n’existe sans explication, ce qui prouve qu’ils sont loin d’être prêts. » [p. 268]

« Je veux le sel de Stromboli, sa part âpre, ses chemins rocailleux à peine tracés, ses murs blancs si lumineux qu’ils aveuglent, ses églises démesurées même si je ne prie plus depuis mon enfance […] » [p. 276]

Un bon moment finalement malgré un début très laborieux – pour moi -.

Merci aux éditions Plon et à Gilles Paris pour ce partenariat.

La Chronique des Rokesby, 1 : À cause de Mlle Bridgerton, Julia Quinn

Présentation. 1779, comté du Kent. Tout commence dans la résidence des Bridgerton, Aubrey Hall, une génération avant la naissance du premier des huit descendants d’Edmund et Violet Bridgerton.

La demeure la plus proche, Crake House, est le fief des Rokesby et de leurs cinq enfants. Les deux familles se fréquentent, leurs bambins jouent et grandissent ensemble. Sybilla, la sœur d’Edmund, véritable garçon manqué, sait bien qu’un jour elle épousera l’un des quatre fils Rokesby. Enfin, plus précisément un des trois fils, car l’aîné, George, est un insupportable raseur. Or, le jour où Sybilla se blesse, George, seul témoin de l’accident, lui vient en aide. Et c’est ainsi qu’ une facétie du destin va être à l’origine d’une saga familiale où les deux lignées vont s’unir pour le meilleur.

Mon avis. Quelle lecture bien agréable…

J’ai regardé, comme nombre d’entre nous, La Chronique des Bridgerton et n’ai dès lors pas hésité à saisir l’opportunité de découvrir ce volume qui relate les (més)aventures des Rokesby, famille qui s’est liée précédemment aux Bridgerton.

Et ce fut un régal, si bien évidemment l’on goûte à ce genre de récit, qui n’est pas sans rappeler ceux de Jane Austen (inutile de m’incendier, ce n’est que mon avis) : le but n’est nullement de découvrir si Billie et George finiront ensemble, mais bien de savoir de quelle manière et après combien de temps…

Car d’emblée, il est (presque) évident que deux personnes qui sont l’une pour l’autre tellement insupportables apprendront à se découvrir, s’apprécier et fatalement s’aimer. CQFD.

 » – Si, finalement, Andrew ne passe pas par ici… Et qu’on s’aperçoit de ton absence… et de la mienne…

Elle leva vers lui un regard horrifié.

– Quelqu’un finira bien par se rendre compte que nous avons disparu tous les deux.

– Où veux-tu en venir ?

Elle pivota pour le regarder en face,

– Pourquoi ne supposerait-on pas que… ?

– Parce que les gens ont un cerveau, la coupa-t-il, Il ne viendrait jamais à l’idée de quiconque que je puisse être avec toi exprès. » [p. 35 – 36]

« – Et tu as une si haute opinion de tes prouesses viriles qu’à ton avis les gens vont croire que tu as réussi à me compromettre sur un toit ?

– Crois-moi, n’importe quel homme sensé saurait que tu es définitivement impossible à compromettre.

Le front plissé par la perplexité, Billie réfléchit quelques instants. La complimentait-il sur sa rectitude morale ? Puis elle comprit…

– Tu es méprisable, siffla-t-elle. » [p. 43]

C’est avec beaucoup d’étonnement que George se surprend à voir de temps à autre Billie sous un autre jour ; il en ira de même pour la jeune femme. Mais il leur faudra bien du temps avant d’oser voir en face ce que le lecteur a pressenti dès les premières pages.

« Elle sourit de nouveau, un sourire complice, et George nota – pas pour la première fois, constata-t-il avec étonnement – qu’elle était plutôt jolie. » [p. 56]

« Cela suffit pour qu’elle se sente mieux. George Rokesby s’exprimait comme un crétin pompeux. Tout redevenait normal. Ou presque normal.

Suffisamment normal. » [p. 108]

Merci aux éditions J’ai Lu pour cette délicieuse lecture ; tome 2 à suivre très prochainement.

Le Petit Peuple, 1 : Bera et les Granjans, Sepia

Présentation. Bera ne croit plus aux contes de fées. Pour la jeune lutine de 12 centimètres, les Granjans ne sont pas des monstres seulement inventés pour faire peur aux petits lutins. Elle est persuadée que ces géants leur ressemblent malgré la différence de taille. Peut-être pourraient-ils même devenir des alliés du Petit peuple ?
Entre les animaux de la forêt et les lutins opposés à son projet l’expédition pour partir loin de son village ne sera pas de tout repos. Mais la courageuse Bera est prête à braver tous les dangers pour rencontrer les Granjans, et changer le destin du Petit Peuple.

Mon avis. Je n’ai pas été entièrement conquise par ce premier tome, même si j’ai passé un bon moment…

L’on y fait la connaissance de Bera, une lutine de 16 ans qui accomplira bientôt son rite de passage, autrement dit présentera un projet symbolisant son entrée dans l’âge adulte. Tout le monde attend d’elle qu’elle devienne la prochaine cheffe du village, mais elle ne l’entend pas de cette oreille. Son rêve, c’est de rencontrer les Granjans : elle est persuadée que le Petit Peuple et les Granjans peuvent vivre dans une bonne entente, une idée « indécente » aux yeux de ses pairs… En attendant, elle collectionne les objets des Grandjans ramassés au gré de ses pérégrinations.

La BD est ponctuée d’extraits du guide sur la vie des Lutins, rédigé par Bera, en prévision du jour de la rencontre avec les humains.

Les illustrations sont extrêmement fouillées avec une incroyable précision du détail.

« Comment travaillez-vous les dessins pour cette BD ?
Je ne suis pas encore à l’aise avec le dessin numérique et pour rester en accord avec l’ambiance de la BD j’ai travaillé de façon traditionnelle : croquis au crayon, encrage à la plume et à l’encre de chine et couleur à l’aquarelle sur de grandes feuilles. C’est long, éprouvant pour les doigts et les erreurs sont définitives mais j’apprécie le coté « artisanal » du procédé. » [https://www.divertir.eu/blog/culturel/sepia-presente-la-bd-le-petit-peuple.html]

En fait, je suis restée quelque peu sur ma faim concernant l’intrigue à proprement parler, d’autant que l’histoire se termine de manière abrupte. Cela dit, c’est logique puisque sont prévus 3 tomes. À suivre donc…

Merci aux éditions Paquet pour ce partenariat.

Ils ne faisaient que rêver, Ondine Khayat

Présentation. En Inde, face au Gange pollué, Thalie et Alisha se font une promesse du haut de leurs neuf ans : unir leurs forces pour changer le monde.
Vingt ans plus tard, à Paris, devenues de ferventes militantes écologistes, elles organisent une grande marche pour le climat. Pour la première fois, la jeunesse défile en même temps dans toutes les capitales du monde. […]

Mon avis. Une réflexion d’actualité…

Nous découvrons Thalie, jeune journaliste française qui couvre la journée mondiale de la Terre, occasion d’un rassemblement exceptionnel à Paris, comme dans de nombreuses villes ailleurs dans le monde. Thalie rejoint son amie Alisha, jeune militante indienne qui doit prendre la parole.

« Regarde, dit Alisha à son amie en désignant le flot humain qui leur faisait face. Nous pouvons changer les choses, cette fois, c’est certain. Ils ne pourront plus nous ignorer. » [p. 15]

« Une incroyable ferveur s’empara de cette jeunesse pleine de vie et d’énergie. Il y avait de l’électricité dans l’air. Thalie poursuivait son travail, capturant ces instants de vie. Les banderoles à la gloire de la Terre, les couples enlacés, les rires des enfants, les baisers, les larmes d’émotion, les yeux brillants, les poings levés, les jeunes venus de partout, fédérés par un idéal commun, les éclats de rêve. Alisha souriait à la foule, galvanisée par l’onde de choc de ses mots. » [p. 21]

Et c’est vrai, les choses vont changer, mais pas dans le sens espéré : une explosion balaie tout et tous sur son passage, Alisha en première ligne. Un carnage. À Paris et ailleurs.

« Désorientée, elle s’avança vers l’endroit où s’était tenue la scène. Un éclat rose, sur le sol, attira son attention. Un morceau du sari d’Alisha. » [p. 23]

Sa vie venait tout juste de basculer. » [p. 26]

Le roman relate dans un premier temps l’incommensurable douleur de Thalie qui ne sait pas comment elle réussira à survivre sans son amie. Elle sombre, lentement mais sûrement.

Pendant ce temps sont prises des mesures radicales suite aux attentats perpétrés sur les lieux de la manifestation pacifique. Des mesures de plus en plus coercitives, censées repérer d’éventuels terroristes avant leur passage à l’acte, basées sur une surveillance de tous les instants…

« Rue de Berri, Thalie parvient à déjouer plusieurs barrages de police édifiés pour contrôler les citoyens et vérifier qu’ils avaient bien effectué leur injection. Ceux qui ne l’avaient pas encore faite étaient priés d’y remédier dans un délai de quarante-huit heures, faute de quoi ils prenaient le risque d’une sanction lors d’un prochain contrôle. L’étau se resserrait, mais Thalie refusait toujours de se soumettre à cette obligation. » [p. 81]

Le roman est émaillé d’évocations du passé des jeunes femmes mettant en lumière la promesse qu’elles se sont faite, enfants, face au Gange pollué par des rejets toxiques.

La réflexion initiée ici a un parfum d’actualité : jusqu’où les gouvernements sont-ils prêts à aller sous couvert du « bien » de leurs concitoyens ?

Thalie le découvrira à son corps/cœur défendant…

Merci aux éditions Charleston pour ce partenariat. Un récit qui ne laisse pas indifférent.

La cabane magique en BD : La vallée des dinosaures, Jenny Laird – Kelly & Nichole Matthews

Présentation. Dans les bois, Tom et Léa découvrent une cabane pleine de livres.
C’est une cabane magique !
En feuilletant un livre sur les dinosaures, ils se retrouvent soudain projetés il y a soixante-cinq millions d’années !
Ils partent explorer ce monde peuplé de créatures bizarres et gigantesques…

Mon avis. Une aventure qui ravira les jeunes lecteurs…

Tom et Léa découvrent des tas de livres dans une cabane non loin de chez eux. C’est en feuilletant un livre sur les dinosaures qu’ils se retrouvent propulsés dans l’époque de ces créatures géantes, un monde évidemment peuplé de dangers, mais également source de belles découvertes.

Si Tom est particulièrement prudent, il n’en va pas de même pour sa petite sœur : Léa s’émerveille face au spectacle qui s’offre à eux, sans conscience aucune des dangers qui les guettent, entre autres le tyrannosaure…

Un grand merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

Polar vert, 2 : Anguilles sous roches, Thierry Colombié

Présentation. Une mafia sans foi ni loi, qui se livre au trafic des poissons comme d’autres font du trafic de drogue. Des gendarmes aux aguets, prêts à « taper ». Des activistes écologiques que rien ne peut arrêter.

Et, au beau milieu de tout cela, Klervi, 17 ans, écartelée entre sa participation au trafic et son rôle d’espionne pour les gendarmes. Pourra-t-elle sauver son fiancé, son frère, ses amis d’enfance. Pourra-t-elle se sauver elle-même ?

Mon avis. Une atmosphère pesante…

J’avais beaucoup apprécié le tome 1, il en va de même pour celui-ci. Nous retrouvons Klervi en très mauvaise posture puisqu’à la fin du tome 1, son rôle de « taupe » pour la gendarmerie était sur le point d’être découvert. Si elle réussit miraculeusement à s’en sortir, on peut dire que l’ensemble du roman sera à l’image de cette première scène : la jeune femme est constamment sur le qui-vive, obligée de surveiller ses arrières, d’autant que si elle est contrainte d’informer les gendarmes, elle ne dévoile cependant pas tous les renseignements découverts, désireuse de sauver Lucas, malgré tout…

 » – Lucas ?

Lucas Royer, mon amour, mon fiancé, celui que je trahis chaque jour depuis un mois, chaque heure, chaque minute, chaque seconde. Celui avec qui je voudrais m’enfuir. Lucas Royer, l’héritier des Marées de l’Atlantique, la plus grande entreprise de mareyage de Bretagne. Et du business de civelles. » [p. 5]

Une pression énorme sur les épaules de Klervi qui doit ménager la chèvre et le chou, et si elle avait éventuellement pu croire que les choses se dérouleraient sans heurts, elle va vite déchanter. Le danger se fait de plus en plus présent, notamment lors des « transactions » avec des truands pour qui seul compte le profit…

« Disparaître.

Je suis sur le bord de la falaise, le vent me chahute, j’hésite à franchir le pas.

Je m’imagine dans un an ou deux, seule, en train de me dire : « J’aurais dû sauter à ce moment-là, quand je le pouvais encore. Si je m’étais sacrifiée, si j’avais osé changer le cours de l’histoire, rien ne se serait passé pareil, personne n’aurait été atteint, blessé, coulé par la sale espionne que je suis devenue…

Le vent me pousse dans le dos, je donne soudain un coup de rein pour me redresser.

Je tremble. » [p. 137]

Un grand merci aux éditions Milan pour ce partenariat. Vivement la suite…