Snow, Danielle Paige

Présentation de l’éditeur.

Je m’appelle Snow.
J’ai 17 ans, et je suis internée dans un hôpital psychiatrique depuis 11 ans.
Je suis amoureuse de Bale.
J’ai des colères… glaçantes, littéralement glaçantes.

Un fou vous dira toujours qu’il n’est pas fou, mais je vous promets que je ne délire pas.
En voici la preuve…

Couverture Snow, tome 1

Mon avisJ’enchaîne décidément les lectures peu captivantes (euphémisme)…

Le récit avait pourtant bien commencé – si tant est que se retrouver (inutilement pour l’intrigue) dans un hôpital psychiatrique puisse être un « bon » début – : l’héroïne, Snow, personnalité mystérieuse, entraîne le lecteur dans ses « délires ». Au centre de ceux-ci : Bale, un jeune homme avec qui elle a grandi  et dont elle est aujourd’hui douloureusement séparée – même s’il vit toujours dans l’établissement – depuis qu’il lui a fait du mal.

Snow entre bien vite dans un « ailleurs », espèce de monde parallèle où apparaît la fantasy. Et c’est là que Snow  m’a définitivement larguée car le récit part dans tous les sens sans véritable fil conducteur, même si la jeune fille se retrouve au centre (?) d’une prophétie nébuleuse… En outre, le fameux Bale pour l’amour duquel elle s’est lancée dans cette mésaventure est bien vite oublié lorsqu’elle rencontre d’autres héros – le pluriel n’est pas une erreur – ; il revient ensuite épisodiquement sur le tapis et…

Stop. J’ai préféré jeter l’éponge à un peu plus de la moitié de ce roman qui m’a, définitivement, laissée de glace (!).

Traduction : Emmanuelle Pingault.

Titre VO : Stealing Snow (2016).

Merci à Milan pour ce partenariat, même si ce fut un coup dans l’eau…

Ce titre entre dans le challenge « Lire sous la contrainte » (« Devinez qui j’ai rencontré » pour cette session).

challenge Lire sous la contrainte

Après ces déconvenues, je me suis tournée vers une valeur sûre : Bernard Minier, avec Sœurs, lu en deux temps, trois mouvements (billet à suivre).

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Noces d’écailles, Loïc Canavaggia et Anthelme Hauchecorne

Je vous propose, si le cœur vous en dit, de participer à une aventure dans laquelle les traits, les couleurs et les mots se répondent.

Illustration : Loïc Canavaggia, habile façonneur de dragons et autres créatures mythologiques.

Écriture : Anthelme Hauchecorne, habile (dé)tourneur de mots/maux.

Objectif : un Artbook auquel vous avez la possibilité de participer via Ulule.

Ligne d’arrivée : un lecteur ravi, sans nul doute.

 

Six-quatre, Hidéo Yokoyama

Présentation de l’éditeur.

En l’an 64 du règne de l’empereur Shôwa, une fillette de sept ans est enlevée et assassinée sans que l’on parvienne à arrêter son ravisseur. Impossible pour le commissaire Mikami d’oublier cette affaire.

En 2002, quatorze années ont passé et la plaie reste ouverte dans cette région du nord de Tokyo. La prescription des faits approche mais pas question de baisser les bras. Le chef de la police nationale doit l’annoncer au père de la victime et à la presse ; Mikami a une semaine pour organiser la visite, sans se laisser envahir par ses propres démons. Il lui faudra débusquer la vérité aux sources les plus profondes de l’affaire et de l’âme humaine, là où il n’aurait jamais pensé la trouver…

Six-quatre

Mon avis. Une fois n’est pas coutume, j’ai jeté l’éponge, à la page 216/680 pour être précise…

C’est pourtant pleine d’entrain que je m’étais plongée dans ce Six-quatre, désireuse de m’immerger dans une culture que je ne connais pas par le biais d’une enquête policière. En réalité, j’ai fini par me noyer. L’enquête n’est ici qu’un prétexte à une espèce d’étude sociologique de la société japonaise – au demeurant très intéressante pour les amateurs -, avec ses codes. Innombrables.

Le personnage de Mikami n’est nullement dénué d’intérêt : en quelque sorte mis au placard au service des Affaires administratives, espace tampon entre la police et les journalistes, il ne rêve que d’une chose : retourner au Bureau des enquêtes criminelles. En attendant, il ronge son frein et doit (se dé)composer avec tout le monde : hiérarchie, collègues, journalistes. Revient sur le tapis une sordide affaire d’enlèvement et de meurtre d’une fillette de sept ans : le six-quatre.

L’enquête qui donne son titre au roman n’est en réalité qu’un fil conducteur extrêmement ténu : je dirais qu’il en est question, sur les 216 pages lues, durant approximativement une quinzaine (?) de pages.

Et donc, j’attendais l’enquête… et j’ai fini par me lasser. Un peu. Beaucoup. Irrémédiablement. Jusqu’à déclarer forfait : lire les états d’âme de Mikami qui se demande s’il doit agir de telle ou telle manière pour s’immiscer dans les bonnes grâces de celui-ci ou de celui-là ; s’il doit envisager telle opportunité afin de renouer le contact avec les journalistes, sous peine de se les (re)mettre à dos… hé bien, ces tergiversations, atermoiements, questionnements… m’ont profondément ennuyée. À tel point que la lecture s’est transformée en chemin de croix. C’est pourquoi j’ai préféré en rester là, d’autant que d’autres livres m’attendent…

Traduction : Jacques Lalloz.

Titre VO : Rokuyon (2012).

Merci aux éditions J’ai Lu pour ce partenariat, même si ce fut, pour moi, un coup dans l’eau.

Ce titre entre dans le challenge de La Licorne, 5.

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Coldplay, Life in technicolor, Debs Wild & Malcolm Croft

Présentation. Septembre 1998, un groupe totalement inconnu joue dans un café de Manchester devant quelques spectateurs. Parmi eux, Debs Wild, une dénicheuse de talents, qui comprend immédiatement qu’elle est en train d’écouter le son du futur. Vingt ans plus tard, ce livre revient sur l’histoire d’une ascension spectaculaire.

Depuis les premières répétitions jusqu’à leur dernière tournée record, en passant par la création des chansons devenues cultes, c’est une plongée dans l’intimité du groupe, au plus près de chaque membre, avec de nombreux documents et photos inédits pour revivre l’aventure Coldplay haute en couleurs.

Mon avis. Une véritable découverte, tant à travers le texte que les innombrables photos, pour moi qui ne suis pas particulièrement fan du groupe… c’est pourquoi, pour davantage de précision, j’ai demandé à mon amie Laurence, fan s’il en est de Coldplay, de lire l’ouvrage et d’en rendre compte. Voici donc l’avis de LA spécialiste

L’ouvrage raconte une très belle histoire d’amitié entre quatre étudiants qui ont formé un groupe très soudé, tourné vers les autres – commerce équitable,Oxfam, Client Earth -, particulièrement sympathique et auquel le succès n’est pas monté à la tête.

Le groupe n’a pas été formé de personnalités différentes ne se connaissant pas mais bien par des amis très soucieux les uns des autres ; c’est ce qui a renforcé la longévité de leur quatuor, malgré quelques légères querelles provoquées par des interventions de tiers extérieurs au groupe et très vite résolues et « excusées » par le leader Chris Martin.

Pas de ragots dans ce livre, on n’y parle par exemple pas de Gwyneth Paltrow, en dehors d’une évocation de la souffrance de Chris Martin lors de la sortie de l’album Ghost Stories. Il s’agit en outre bien d’une histoire en technicolor : de la naissance des étoiles de Yellow au passage sombre de Ghost stories, en passant par les couleurs de A Head Full of Dreams et l’importance d’illuminer et de rendre important chaque spectateur avec le bracelet xyloband. Le livre ne se focalise pas sur Chris Martin : les trois autres membres du groupe, Jonny , Guy et Will, sont également mis en évidence.

Seuls bémols : la police trop pâle et par conséquent peu lisible, ainsi que le nombre impressionnant de personnes (producteurs, arrangeurs, etc.), rendant parfois compliquée la compréhension.

Un grand merci à Gilles Paris et aux éditions E/P/A pour ce partenariat.

Les sentiers des astres, 1 : Manesh, Stefan Platteau

Présentation. Quelque part dans la forêt de Vyanthryr réside le Roi-Diseur, l’oracle légendaire. Dernier espoir d’une nation ravagée par la guerre civile, le capitaine Rana remonte le fleuve à sa recherche, entraînant dans sa quête une poignée de braves. Personne n’a jamais navigué si loin en amont, à des milles de toute civilisation. Et pourtant, voilà qu’un naufragé dérive à leur rencontre, accroché à une simple branche. Qui est-il, et que lui est-il arrivé ? Lui qui se fait appeler « le Bâtard », est-il un simple humain, ou l’héritier d’un sang plus ancien ? En ces terres du Nord, les géants et les dieux marchent encore sous les arbres. Déjà, la forêt frémit des prémices de leur colère…

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Mon avis. Un univers d’une incroyable richesse…

C’est grâce à Book en Stock et aux éditions J’ai Lu que j’ai eu l’opportunité de lire ce premier tome de la série Les sentiers des astres et ce fut une belle découverte, même si j’ai parfois dérivé moi-même au fil de la lecture…

On y suit deux gabarres sous le commandement de Kalendûn Rana. L’objectif de l’expédition ? Trouver en des contrées lointaines le Roi-Diseur, celui qui, peut-être, réussira à mettre fin à une guerre civile qui s’éternise. C’est au cours de leur périple qu’un « certain jour de printemps, le Vieux fleuve s’avise d'[e nous] offrir un présent. Aux premières brumes matinales, il charrie dans ses doigts glacés un homme aux jambes brisées qui dérive, fiévreux, sur un entrelacs de branches au milieu du courant. » [p. 9 – 10]

Cette « rencontre » ouvre le récit qui vogue à travers deux points de vue : celui de Fintan Calathynn, barde de l’expédition, bientôt chargé de (tâcher de) remettre sur pied l’inconnu du fleuve avant/afin de lui tirer les vers du nez car il ne faut nullement oublier le conflit en cours. L’autre conteur, c’est l’inconnu lui-même, surnommé le Bâtard. Le livre alterne la narration de l’expédition prise en charge par Calathynn et l’histoire du Bâtard qui semble s’étirer inexplicablement : si le barde se retrouve pris dans les filets de la parole du « miraculé », il n’en va pas de même pour le commandant dont le pragmatisme demeure bel et bien présent.

Le lecteur suit le cours du fleuve en même temps que les embarcations, sans hâte aucune, englué dans l’atmosphère mystérieuse de la forêt qui embrume les sens…

Je suis entrée d’emblée dans ce récit d’une densité rare, luxuriant de mythologie et légendes, mêlant habilement fascination et appréhension, entre, par exemple, l’univers flamboyant (!) des êtres solaires, intimement lié au Bâtard – Manesh – , et les « longues cohortes de pourceaux » de la Harde noire qui dévastent tout sur leur passage.

Je dois cependant reconnaître qu’il m’est arrivé de m’égarer au sein des épisodes longuement relatés par Manesh – notamment la recherche du Semeur de feu – et cela, malgré l’écriture superbement travaillée…

    « Ainsi débute mon chant : par l’éveil du fleuve à la fissure de l’hiver. Des morceaux de glace se détachent de ses berges, ses flots se gonflent du produit de la fonte, sa panse s’arrondit et devient navigable.  Et, tandis qu’il chevauche le Nord, la forêt tout entière reprend vie. Des ombres muettes se préparent à ranimer leurs vieilles chasses, les esprits prisonniers de la terre gelée s’en échappent en sifflant pour sinuer le long des racines. » [p. 9]

La lumière est à moi et autres nouvelles, Gilles Paris

Présentation. Dans la lignée de « Courgette« , cet enfant qui a bouleversé la littérature, les personnages de Gilles Paris se placent d’emblée auprès des héros inoubliables d’Henry James, de Jules Renard, d’Emily Brontë, de Truman Capote et de Dickens.

Comme eux, ils traversent les situations les plus insolites, souvent douloureuses : Lior, la bien nommée, qui voit sa mère dépérir et guérir ; Eytan, séducteur funambule qui joue avec les sentiments des petits et des grands ; Brune, Anton et Ben, qui se trouvent et se perdent dans le tourbillon de leurs premiers émois…

Anton, Eytan, Angus, Julian, Aaron, Lior, Ethel, Anna, Ruth, Ambre, Brune… Tous ces héros romanesques happés par les battements d’une vie aussi sombres que lumineux se succèdent et se font écho dans un tempo étonnant. Ils ont en commun l’irréductible conviction que la lumière leur appartient aussi.

Couverture La lumière est à moi et autres nouvelles

Mon avis. Lumière et pénombre émaillent les nouvelles de ce recueil, en un habile clair-obscur…

Il est toujours difficile d’évoquer un recueil de nouvelles : vaut-il mieux (tenter de) trouver ce qui en fait la « substantifique moelle » chère à Rabelais ou prendre le parti de mettre en évidence, de manière purement subjective, l’un ou l’autre texte ? J’ai choisi le second procédé.

Si chaque récit se centre sur un(des) enfant(s), tous ne le font évidemment pas de la même manière ; par ailleurs, certains textes se font écho, comme les deux premiers, Les pins parasols, raconté par Brune, et Anton – Les pins parasols, où Anton prend la parole ; le hiatus/le lien entre les deux protagonistes a pour prénom Ben.

   « Je suis un homme apaisé qui regarde la pluie s’écouler sur la fenêtre.. » [p. 38]

Fermer les yeux, texte d’une poésie rare, m’a beaucoup plu : « Je suis sa lumière et l’obscurité. Moi aussi, il m’arrive de fermer les yeux et de rêver à un monde merveilleux.  Je suis la fille de la colline qui court dans les champs de blé et s’allonge entre les replis fourchus des racines qui font de moi une écorce. » [p. 50]

Enfants de cœur raconte en quelques lignes l’histoire de deux enfants qui se sont trouvés : « La première fois, Lulu m’a regardé avec un point d’interrogation dans son ciel bleu. » [p. 85]

Dans Julian, Christie, 14 ans, épie le mystérieux Julian, dont la « maison est perchée à la pointe de l’île. » [p. 89]  « Pourquoi ferait-il attention à une petite curieuse comme moi qui le regarde nager derrière les troncs de filaos ? »[p. 91]  Pourquoi effectivement ? Pourquoi pas ?

Dans Les pétales jaunes de Panarea , on découvre une enfant qui grandit sur cette île où personne ne semble faire attention à elle ; sa mère est décédée, son père se noie dans le vin blanc à défaut de se baigner dans la mer. Elle est chargée de donner les clés et le courrier aux clients de l’hôtel. Pourtant, parfois, il arrive que la vie apporte sème dans son sillage des surprises…

Quelques mots encore glanés çà et là : « Une lumière me traverse, aussi intense et douloureuse qu’une pluie d’épingles. Je porte mes mains aux yeux, je veux les coudre, rester aveugle au monde » ; Tu es un homme libre. Pas de cage, pas de laisse. Tu partiras un jour. Thomas, n’oubliez pas de prononcer le S de son prénom allemand, s’il vous plaît. Cet homme rest pluriel » [p. 141-142 dans Sur le toit du monde].

Merci à Gilles Paris et Gallimard pour ce SP.

Héros, Livre 1 : Le réveil, Benoît Minville

Présentation : Ils grandissent au pied du Morvan entre ville et village. Matéo, diamant à l’oreille, Richard, la tête rentrée dans les épaules, et l’inénarrable, intarissable, insupportable José, duvet au menton et hygiène douteuse.

Leur passion : la légendaire BD Héros, dont ils attendent chaque mois le nouveau numéro. Leur rêve : éditer un jour leur propre série, inspirée de cet univers fascinant et occulte qui domine les records de ventes. Après tout, la série a bien été créée dans leur région, il y a plus de 80 ans : alors, pourquoi pas eux ?

Mais un soir, alors qu’ils planchent dans leur Q.G., un homme apparaît comme par magie, blessé à mort ; juste avant de s’effondrer, il tend à Richard une étrange fiole… une fiole dont le contenu vibre et scintille, comme s’il était vivant.

Héros1

Mon avis. De l’amitié, de l’action, du fantastique…

Matéo, Richard et José sont des amis soudés par leur passion commune pour la BD Héros : chaque numéro est analysé, scruté, décortiqué à sa sortie. Ils travaillent d’ailleurs eux-mêmes à leur propre série en relation avec la célèbre BD : au dessin, le talentueux Matéo ; au scénario, le taciturne Richard (mon préféré) ; en « maître d’œuvre » théorique, l’exaspérant José.

C’est au cours d’une de leurs réunions secrètes que se produit le « télescopage » entre la fiction et la réalité, entre la BD et leur vie : des forces obscures, apparemment tout droit issues de la BD, surgissent dans leur quotidien, reléguant définitivement aux oubliettes leur existence (relativement) banale d’adolescents.

   « Richard se laissa aller. La pluie coulait sur lui et, là-haut, sur la toile sombre, il crut voir d’épaisses voies lactées onduler, comme si une tempête secouait les étoiles alors même qu’au fond de lui-même, quelque chose bouillonnait. » [p. 31]

Aucun temps mort dans ce roman, ça court, ça grouille, ça enfle, ça fouille, ça « tentacule » dans/par tous les sens, faisant (re)surgir des créatures lovecraftiennes définitivement peu ragoûtantes.

   « La robe de bure se déchira de part en part et l’abomination fondit sur eux, couvrant les cris de terreur par un hurlement inhumain. » [ p. 195]

Si j’ai beaucoup apprécié les relations entre les protagonistes et l’aventure (d)étonnante qu’ils sont amenés à vivre, je dois avouer que l’univers fantastique dépeint n’est pas (du tout) ma tasse de thé, mais c’est purement subjectif et ne remet nullement en cause la qualité du récit qui devrait ravir les amateurs de l’écrivain américain, et dont la fin appelle inévitablement la suite…

Merci aux éditions Sarbacane pour ce SP, qui s’inscrit dans le challenge de La Licorne 5.

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American War, Omar El Akkad

Présentation de l’éditeur. 2074. Une nouvelle guerre de Sécession éclate aux États-Unis, opposant le nord du pays aux états sudistes hostiles à tout contrôle des énergies fossiles. Sarat Chestnut a six ans quand son père est tué et qu’elle doit rejoindre un camp de réfugiés avec sa famille. Cette tragédie signe la fin d’une enfance ensoleillée près du Mississippi. Sous l’influence d’un homme qui la prend sous son aile et la transformera en une impitoyable machine de guerre, Sarat se mue au fil des épreuves en une héroïne féroce, révoltée et insaisissable. Portrait d’un conflit dévastateur qui détruit tout sur son passage, ce livre fait écho à toutes les luttes fratricides qui naissent aux quatre coins du monde.

American-war

Mon avis. Un récit sombre qui sème les cailloux conduisant, inéluctablement, au drame…

Nous sommes à la fin du XXIe siècle sur un continent américain (encore) en train de se déchirer. La raison : les énergies fossiles défendues par le Sud, interdites par le Nord. Au « milieu du jeu de quilles », Sarat Chesnut, contrainte de rejoindre un camp de réfugiés (Camp Patience !) avec sa mère, son frère et sa jumelle.

C’est le règne de la débrouille pour la petite Sarat qui scrute, observe, analyse, décortique l’existence des réfugiés dans cet endroit pourri où il est surtout question de survie… La gamine grandit dans cet environnement hostile, loin des préoccupations habituelles d’une enfant de son âge, d’autant que Sarat se comporte déjà naturellement de façon très peu féminine, au grand dam de sa jumelle. Les années passent et Sarat fait un jour la connaissance d’un homme mystérieux qui la prend sous son aile.

   « Je crois que tu vas te trouver une place dans ce monde, Sarat. Je crois que tu vas réussir à t’en faire une. » [p. 192]

La graine est semée. Elle s’épanouira lors du massacre des réfugiés par des miliciens du Nord.

   « – Qu’est-ce que tu veux faire, alors ?

   – Je veux tous les tuer. »

   Sarat a enfoui sa tête dans ses mains ; elle n’a pas vu le léger sourire qui a traversé le visage de son professeur à cet instant précis. » [p. 261]

Le récit, entrecoupé de passages tirés d’archives diverses relatives à la « seconde guerre de Sécession », relate l’existence de Sarat, devenue un instrument de vengeance particulièrement efficace.

Derrière la fiction apparaît une réflexion pertinente et approfondie sur notre société et les dérives dont elle(nous?) est(sommes) capable(s) en matière de conflits.

   « Les positions dans lesquelles ils l’attachaient avaient lentement rongé le cartilage de ses genoux et façonné son dos en une douloureuse colonne voûtée. Malgré tout, elle résistait. » [p. 384]

Merci aux éditions J’ai Lu pour ce partenariat.

Collection J’écris, je lis, Milan.

Nouvelle collection J'écris, je lis. Pour apprendre à écrire et à lire en même temps !

Voici une nouvelle collection proposée par les éditions Milan : J’écris, je lis ; elle allie, dans de petits albums, l’apprentissage de l’écriture et de la lecture.

Chaque album commence par la présentation des personnages et des autocollants de mots/images que l’enfant pourra venir insérer dans l’histoire racontée par la suite ; des jeux mettant l’accent sur la reconnaissance des lettres agrémentent l’ensemble.

L’album est coloré et la police adaptée aux apprentis lecteurs.

J’ai eu l’opportunité de découvrir Des mots doux pour maman, de Valéria et Lucile Ahrweiller, dans lequel mots doux et magasins occupent une place de choix.

Couverture de « Des mots doux pour maman »

Dans Les crocos n’aiment pas le o, Pascal Brissy et Nathalie Choux proposent une immersion dans la savane, déclinée autour de la lettre « o ».

Couverture de « Les crocos n’aiment pas le o »

Maîtresse, poil aux fesses !, de Ghislaine Biondi et Jean-Sébastien Deheeger, se centre sur l’école et les parties du corps en mode humoristique.

Couverture de « Maîtresse, poil aux fesses ! »

Une belle découverte 🙂

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.