Le mois de… Clément Bouhélier

Dames Dup et Phooka reçoivent dans leur antre, durant ce mois d’octobre, le Sieur Bouhélier, Clément de son prénom.

Pour le découvrir et poser vos questions : ici.

Mois de Bouhelier

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Dans l’univers de la série Outlander : Le cercle des sept pierres, Diana Gabaldon

Présentation de l’éditeur. Sept nouvelles dans l’univers de la série Outlander. Elles permettent de suivre les personnages principaux, notamment Claire et Jamie Fraser, lord John Grey ou encore Ian Murray, de la bataille de Québec à la Seconde Guerre mondiale et dans différents pays.

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Mon avis. Un bon moment dans l’univers qui me ravit depuis quelques années…

Ce tome présente sept (plus ou moins longues) nouvelles relatives à l’univers d’Outlander au sens large : chacune touche à un ou plusieurs personnage(s) découvert(s) précédemment à travers les romans, de Lord John à Jamie et Ian (père ou fils, selon les textes), en passant par Maître Raymond, Michael Murray ou encore Minnie Rennie. 

Le récit que j’ai particulièrement apprécié est Des usages de l’armée avec Lord John qui, par un malencontreux concours de circonstances, se retrouve au Québec, au centre d’un combat aussi mémorable que bref opposant Anglais et Français, les premiers bénéficiant du soutien des Highlanders ; en revanche, je n’ai pas du tout apprécié Les faiseurs de zombies, toujours avec Lord John.

L’intérêt de l’ouvrage est que chaque texte apporte un éclairage nouveau sur certains protagonistes évoqués plus ou moins longuement dans les tomes antérieurs.

Traduction : Philippe Safavi et Benjamin Kuntzer.

Titre VO : Seven stones to stand or fall (2017).

Merci aux éditions J’ai Lu pour ce partenariat.

Les anges de New York, R. J. Ellory

Présentation de l’éditeur. Malgré l’avis de sa hiérarchie, Frank Parrish, inspecteur au NYPD, s’entête à enquêter sur le meurtre d’une adolescente, victime, pense-t-il, d’un tueur en série. Contraint de consulter une psychothérapeute après la mort de son partenaire, Frank va lui livrer l’histoire de son père, figure éminente des Anges de New York, ces flics d’élite qui, dans les années 1980, ont nettoyé Manhattan de la pègre et des gangs. Une histoire bien différente de la légende communément admise.

À travers la police de New York, Ellory s’attaque de nouveau à la mythologie américaine. Avec ce récit d’une rare profondeur, il nous offre un thriller au suspense omniprésent et le portrait déchirant d’un homme en quête de justice et de rédemption.

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Mon avis. Ce n’est pas encore cette fois-ci que j’aurai été déçue par Ellory…

Plongée dans le NYPD, aux côtés de Frank Parrish, un inspecteur  qui n’a jamais réussi à vivre pour autre chose que son boulot, pas même sa famille. Un être torturé par ses démons : l’alcool et les atrocités auxquelles il doit quotidiennement faire face, repoussant toujours plus loin les limites du supportable ; l’alcool lui permet d’ailleurs d’oublier, l’espace de quelques heures, ces atrocités… quand les cauchemars ne se glissent pas dans ce pseudo-sommeil pâteux.

  « Radick demanda à Parrish s’il voulait qu’il le dépose chez lui.

   « Commissariat, répondit Parrish.

   – Vous êtes en service depuis ce matin, Frank. Vous devriez rentrer chez vous. »

   Parrish sourit.

   « C’est chez moi. » » [p. 92]

  « – Combien avez-vous bu pendant le week-end ?

   – Oh ! je ne sais pas… probablement juste assez pour m’aider à tenir le coup jusqu’à aujourd’hui. » [p. 180]

Parrish est cette fois dans le collimateur de sa hiérarchie suite à une affaire au cours de laquelle son coéquipier a perdu la vie. Aucun faux pas de sa part ne sera désormais plus toléré. En outre, il est contraint de voir tous les jours une psychologue susceptible de lui venir en aide – peut-on aider quelqu’un qui refuse de l’être ? – et celle-ci tient absolument à lui faire évoquer son père, un flic « exemplaire » qui a fait partie de ceux que l’on a appelés les Anges de New York, une figure patriarcale avec/contre/malgré laquelle Frank a dû (tenter de) se construire.

Or, faux pas, il risque bien d’y avoir quand Parrish est confronté à l’assassinat d’une adolescente ; il est bien vite titillé par l’idée, de plus en plus obsédante, que sévit un tueur en série. Accompagné d’un nouveau coéquipier officieusement chargé de tenir à l’œil la brebis galeuse, il se met à la recherche d’autres victimes potentielles dont la mort résulterait du même mode opératoire…

  « Il crut se réveiller vers l’aube, mais ne fit aucun effort pour bouger. Il se tourna sur le côté, enfonça son visage dans un coussin et tenta d’effacer de son esprit l’image du cadavre de Rebecca. » [p. 217]

J’ai aimé l’atmosphère pesante qui imprègne le récit : on attend le « pas de travers » que fera inévitablement Parrish autant qu’on le redoute car, qui qu’il soit devenu pour son entourage, il reste soucieux des victimes, qui « ne sont pas toutes égales ».

J’ai aimé le travail de fourmi du duo essayant de recouper des informations pour le moins disparates.

J’ai aimé les entretiens avec la psy, « voyant » se dessiner devant mes yeux les scènes d’un film dans lequel le visage de la thérapeute resterait constamment dans l’ombre, alors que la caméra ne montrerait d’elle que ses jambes, dans la pénombre.

J’ai aimé le « fin mot » de l’histoire relative aux Anges de New York, même s’il m’est parfois arrivé de me perdre dans les méandres de cette partie de l’intrigue.

Et j’ai aimé l’épilogue….

Traduction : Fabrice Pointeau.

Titre VO : Saints of New York (2012, Sonatine pour l’édition française).

Ce titre entre dans le challenge de La Licorne 5è édition.

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Harry Potter et la Chambre des Secrets, J. K. Rowling et Jim Kay

Présentation de l’éditeur. Une rentrée fracassante en voiture volante, une étrange malédiction qui s’abat sur les élèves, cette deuxième année à l’école des sorciers ne s’annonce pas de tout repos ! Entre les cours de potion magique, les matches de Quidditch et les combats de mauvais sorts, Harry trouvera-t-il le temps de percer le mystère de la Chambre des Secrets ? Un livre magique pour sorciers confirmés.

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Mon avis. Un plaisir…

Un billet bref : que pourrais-je encore ajouter à tout ce qui a déjà été dit et écrit à propos du jeune sorcier ? Pour ma part, j’ai décidé de poursuivre ma découverte (pour ceux qui n’en croient pas leurs yeux, je n’ai lu, jusqu’à présent, que les deux premiers tomes de la saga) de cet univers à travers la superbe version illustrée.

J’ai davantage apprécié ce tome 2 que le premier : j’ai eu l’impression qu’il était moins « enfantin ». Indépendamment des personnages principaux, j’ai beaucoup aimé la famille de Ron ainsi que Toby, l’elfe de maison – qui revêt pour moi les traits du talentueux comédien de Potter Mania : La Parodie Musicale.

Quant aux illustrations, elles sont de nouveau magnifiques et servent admirablement le texte. Ou serait-ce le contraire ?

En route pour le tome 3…

Traduction : Jean-François Ménard.

Titre VO : Harry Potter, 2 : Harry Potter and the Chamber of Secrets (2016, version illustrée).

Ce titre entre dans le challenge de La Licorne, 5è édition.

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In Real Life, tome 1 : Déconnexion, Maïwenn Alix

Présentation de l’éditeur. ET SI L’ON VOUS DÉCONNECTAIT DE LA SEULE RÉALITÉ QUE VOUS CONNAISSEZ ?

Imaginez un monde dans lequel chacun peut communiquer avec les autres par la pensée.

Un monde dans lequel, la nuit, vous pouvez visiter des « rêves éveillés », si réels qu’ils vous permettent de vivre une existence virtuelle en parallèle de votre vie quotidienne.

Un monde sans violence, où toutes les relations sont fondées sur l’harmonie et la bienveillance.

Lani vit dans ce monde idéal.

Jusqu’au jour où elle en est brutalement arrachée pour être projetée dans un monde « hors connexion ».

Privée de tous ses repères, elle doit désormais s’inventer un nouveau destin.

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Mon avis. Une très belle découverte, à recommander, entre autres, aux adolescents parfois réfractaires à la lecture : ils risquent bien d’y trouver leur compte.

Plongée dans un monde où, littéralement, « tout le monde, il est beau, tout le monde il est gentil » : la bienveillance, la gentillesse, le respect de l’autre y sont les maîtres-mots. Chacun s’adonne « de bon cœur » aux tâches qui lui sont assignées ; pour ce faire, tous sont connectés au Système. Dans ce monde « idéal », les adolescents attendent le jour de la Répartition : ils quittent leur implantation afin de se consacrer au métier auquel le Système les a destinés ; ils s’unissent également à la personne choisie pour être leur compagnon de vie.

Lani attend ce moment avec autant d’excitation que d’appréhension : excitation car il y a de fortes chances pour qu’elle devienne un éminent Constructeur ; appréhension car elle a bien conscience qu’elle devra bientôt quitter sa mère, ses amis et ce cocon dans lequel elle se sent si bien.

Oui, mais cela, c’était sans compter sur l’intervention musclée de ceux qui vivent « hors Système » : l’adolescente est enlevée en compagnie de trois compagnons ; commence alors une longue errance, au sens propre comme au figuré…

  « J’écarquille les yeux, sous le choc. Nos transpondeurs, hors d’usage ? J’échange un regard catastrophé avec mes amis. J’essaie par réflexe de me connecter au serveur de l’implantation pour faire une recherche sur les causes d’un signal interrompu. Mais rien ne me répond. Je suis soudain prise de vertiges. Est-ce que c’est pour ça qu’on a eu si mal ? Parce qu’ils ont détruit les processeurs intégrés à nos cerveaux ? Mon souffle s’accélère. Non… Ca ne peut être qu’une panne ou un problème de réseau… On ne peut pas être coupé du Système ! […] Nos regards se croisent et la réalité nous frappe de son horreur. Nous sommes déconnectés. Isolés du reste du monde. Perdus, à la merci de n’importe quel danger. […]

Je ne peux pas y croire. Dans le Système, on cultive l’amour, la non-violence, le respect. La notion même de nuisible a disparu pour les animaux. » [p. 81 – 82]

  « Je ne veux plus être ici. Je ne veux plus être entourée de ces individus agressifs et dangereux. Aucun membre ne ferait preuve d’autant de violence. Aucun membre n’a jamais fait preuve de violence du tout. Le concept même a disparu avec la Grande Connexion au Système. » [p. 95]

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce récit qui met le doigt là où ça fait mal : peut-on priver pour leur « bien » des êtres humains de leur libre arbitre et de leurs émotions ?

Lani découvre un monde qui existe en marge du sien, un monde qui, dans un premier temps, semble non civilisé : tout ce en quoi elle croyait s’érode, lentement mais sûrement…

J’ai beaucoup aimé la description fouillée du Système et le fossé entre les deux mondes qui suscite inévitablement la réflexion, d’autant qu’aucun des deux camps n’est « tout blanc » ou « tout noir ».  J’ai apprécié aussi la découverte progressive de Lani sur ce qu’elle est/aurait dû être/devrait être/sera (?).

Deux légers bémols : certaines longueurs, entre autres lors la « marche forcée » des prisonniers ou quelques répétitions en matière de vocabulaire (l’adjectif « doux », par exemple, revient très souvent). Mais franchement, ce sont des détails en regard de la richesse de l’univers imaginé.

Je lirai la suite, c’est certain… d’autant que la fin appelle inévitablement (!) le tome 2.

Merci aux éditions Milan pour ce partenariat.

Ce titre entre dans le challenge de La Licorne, 5è édition.

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N’oublier jamais, Michel Bussi

Présentation de l’éditeur. À Yport, parti courir sur la plus haute falaise d’Europe, Jamal a d’abord remarqué l’écharpe, rouge, accrochée à une clôture. Puis la femme, incroyablement belle, la robe déchirée, le dos face au vide, les yeux rivés aux siens. Jamal lui tend l’écharpe comme on tend une bouée. Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, gît le corps inerte de l’inconnue. À son cou, l’écharpe rouge.
Tout le monde pense qu’il l’a poussée. Il voulait simplement la sauver.
C’est la version de Jamal. Le croyez-vous ? 

Noublierjamais

Mon avis. Une fois est moins coutume, c’est une de mes anciennes élèves qui m’a prêté ce livre et m’a proposé de le lire (merci, Clara). Je me suis donc volontiers exécutée.

Mise en situation (petit clin d’œil aux enseignants) : Jamal effectue son jogging quotidien dans la froidure d’Yport ; il a en effet décidé de participer à une course d’endurance, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, malgré/à cause de/grâce à sa prothèse, et pour ce faire, il se doit de suivre un entrainement draconien. C’est au cours de son périple matinal que, par un malencontreux concours de circonstances, il se retrouve nez à nez avec une sublime jeune femme qui se jette dans le vide sous ses yeux.

Le hic, c’est que personne ne semble croire à sa version, si bien qu’il devient vite le suspect, puis le coupable, idéal : vous pensez bien, comme il (se) le répète à de multiples reprises, « à bien y réfléchir, n’est-il pas plus facile de croire la version des flics et des experts plutôt que celle d’un Arabe infirme qui bosse chez les fous ? ». [p. 91]

Difficile de poser le lire une fois que je l’ai eu commencé tant je voulais savoir ce qu’il allait advenir de Jamal, voire si ce qu’il racontait au lecteur correspondait à la réalité, ou à sa réalité.

  « Mon seul témoignage contre celui de tous les autres.

   Qui, désormais, pourrait me croire ?

   Qui pourrait encore parier sur mon innocence ?

   Personne…

   Personne sauf vous ? » [p. 281]

Deux bémols cependant : l’écriture aurait gagné à être davantage « travaillée » ; en outre, les rebondissements de la dernière partie sont, à mon sens, un tantinet trop nombreux.

Ce titre entre dans le challenge de La Licorne, 5è édition.

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Pourvu que la nuit s’achève, Nadia Hashimi

Présentation de l’éditeur. Lorsque Zeba est retrouvée devant chez elle, le cadavre de son mari gisant à ses pieds, il paraît évident aux yeux de tous qu’elle l’a tué. Depuis son retour de la guerre, Kamal était devenu un autre homme, alcoolique et violent. Mais cette épouse et mère de famille dévouée est-elle vraiment capable d’un tel crime ? Présumée coupable, Zeba est incarcérée dans la prison pour femmes de Chil Mahtab, laissant derrière elle ses quatre enfants.

C’est à Yusuf, fraîchement revenu des États-Unis pour régler une dette symbolique envers son pays d’origine, l’Afghanistan, que revient la défense de ce cas désespéré. Mais la prisonnière garde obstinément le silence. […]

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Mon avis. Un beau texte qui prend le temps de s’écrire…

Focus sur l’Afghanistan : Zeba a été arrêtée car trouvée dans la petite cour de sa maison, face à son mari sauvagement assassiné. La jeune femme, mutique, est emmenée dans la prison pour femmes de Chil Mahtab, en attendant son jugement et sa condamnation, voire son exécution. Il est d’ailleurs déjà « heureux » qu’elle ait eu le temps d’être  emprisonnée plutôt que d’emblée assassinée par la famille de son mari…

L’histoire de Zeba met l’accent sur les coutumes ancestrales d’un pays où il ne fait décidément pas bon être femme. Pour preuve, le nombre important de femmes, jeunes et moins jeunes, purgeant une peine de prison sans avoir commis, à nos yeux d’Occidentaux, aucun crime. Certaines préfèrent d’ailleurs rester protégées dans ce lieu clos plutôt que d’être en danger « à l’extérieur », (dés)honneur oblige.

Zeba a tout loisir de réfléchir sur sa vie, son enfance, ses enfants désormais confiés aux « bons » soins de sa belle-sœur, son mari autour duquel le « noir » semblait s’agglutiner. Elle se voit attribuer un avocat, Yusuf, revenu temporairement des États-Unis pour renouer avec son pays d’origine. Mais comment œuvrer  efficacement tant que Zeba refuse de parler alors que tout l’accuse ?

  « Zeba ferma les yeux. Que faisait-elle subir à ce jeune homme ? N’était-ce pas une erreur de l’attirer avec elle dans cet abîme ? Il était si jeune, trop jeune pour prendre part à ce bain de sang. Cela le détruirait, sans nul doute, et elle serait la seule responsable du désastre. » [p. 147]

Inutile de vous plonger dans ce roman si vous recherchez de l’action car tout est dans la réflexions, les souvenirs de l’un et l’autre, distillant çà et là – parfois très/trop lentement – d’infimes informations permettant au lecteur de soulever un coin du voile pudiquement/hypocritement posé sur cette société où l’homme, la rumeur et l’honneur imposent, et la femme dispose. Et nous tenons, douloureusement, la main de Zeba, en attendant l’inéluctable…

Harry et Franz, Alexandre Najjar

Présentation de l’éditeur.
 » – Dans notre travail, monsieur l’abbé, nous nous appuyons tout d’abord sur la rumeur, en partant du principe qu’il n’y a pas de fumée sans feu, puis nous l’étayons par des éléments de preuve réunis par nos soins.
– Et que dit la rumeur dans le cas de Baur ?
– Harry Baur a interprété des rôles de juifs dans plusieurs films, ce qui n’est pas anodin. »

Harry et Franz est le roman d’une rencontre inattendue entre l’un des plus grands acteurs français de l’entre-deux-guerres, Harry Baur, incarcéré et torturé par les nazis, et un aumônier allemand, l’abbé Franz Stock, qui assistait avec abnégation les prisonniers français. […]

HarryFranz

Mon avis. Un beau texte…

Ce récit raconte, par la voix de l’abbé Stock (Franz), les échanges que ce dernier a pu avoir avec le grand – dans tous les sens du terme – Harry Baur, incarcéré par les nazis…

Plongée dans le Paris de 1940. On y suit l’abbé Stock, un prêtre allemand qui gère la Mission catholique allemande et rend visite aux prisonniers français aux mains des nazis. C’est ainsi qu’il sera amené à rencontrer Harry Baur, l’acteur incarcéré depuis peu car soupçonné d’être juif. La délation a fait son œuvre…

Je dois avouer que je n’avais jamais entendu parler de ce prêtre qui a fait l’impossible pour soutenir, réconforter, apporter un peu de chaleur humaine/un savon/de quoi écrire… à ceux/celles qui attendent, parfois/souvent entre deux séances de torture, leur éventuelle libération/probable exécution.

Ce sont les échanges entre ces deux personnalités hors norme qu’a imaginés l’auteur, mettant l’accent sur le prêtre qui a conscience que l’impardonnable est en train de se produire, qui aime autant son pays d’origine – si seulement il pouvait être expurgé des nazis – que son pays d’adoption.

  « La honte de me sentir pris entre deux camps, deux pays, deux peuples que j’aime profondément. Saleté de guerre. » [p. 12]

  « J’ai appris à encaisser les coups et les déceptions, en m’en remettant à Dieu. J’ai perdu mes illusions, mais gardé la foi de celui qui peut déplacer des montagnes. » [p. 43]

De l’autre côté, l’acteur qui en arrive à se demander s’il ne vaudrait pas « mieux » avouer ce que les bourreaux veulent lui faire dire afin que la torture s’arrête…

Un grand merci aux Éditions Plon pour ce partenariat.

Pyromane, Wojciech Chmielarz

Présentation  de l’éditeur.  A Varsovie, au cœur d’un hiver glacial, l’inspecteur Mortka est appelé sur le lieu d’un incendie. Dans les ruines fumantes, on découvre le corps de Jan Kameron, un businessman qui fraye parfois avec la mafia. Sa femme, Klaudia, lutte pour sa vie à l’hôpital.

Mortka aimerait croire à un accident, mais il lui faut se rendre à l’évidence : un pyromane sévit dans les rues de la capitale, balançant des cocktails Molotov par les cheminées et semant la mort sur son passage.

Il faudra toute la ténacité de Mortka pour mener à bien une enquête où les fausses pistes abondent.

Sans compter sa hiérarchie qui lui colle une profileuse dans les pattes, et le comportement suspect de son adjoint porté sur la boisson.

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Mon avis. Je suis tombée par hasard sur une chronique relative à La Ferme aux poupées, du même auteur – dont je n’avais jusqu’alors jamais entendu parler – ; j’ai ainsi eu envie de découvrir la première enquête de Mortka avec Pyromane.

J’ai apprécié ce roman, somme toute de facture classique pour un policier. On y découvre un inspecteur aux méthodes parfois peu orthodoxes, qui ne lâche rien lorsqu’il tient une piste. Depuis son divorce, il est contraint de vivre en colocation tellement ses finances sont maigres ; or ses colocataires manquent de savoir-vivre, c’est le moins que l’on puisse dire, si bien que le Kub rogne sur ses heures de sommeil plus souvent qu’à son tour. Il essaie en outre, tant bien que mal, de se ménager du temps pour voir ses jeunes fils.

  « L’inspecteur Jakub Mortka, dit le Kub, finit une dernière gorgée de café dans le gobelet de son thermos. La boisson chaude le réveillait plaisamment. Il s’examina dans le rétroviseur. Il avait une tête affreuse. Pas rasé, les yeux cernés, un teint gris terreux qui lui donnait au moins cinq ans de plus que dans la réalité. » [p. 21]

C’est sur les traces d’un pyromane qu’il se lance en compagnie de son adjoint, Kochan, dont le comportement semble de plus en plus étrange.  Il doit également composer avec une hiérarchie qui ne le soutient pas toujours. Cerise sur le gâteau : un ponte de la mafia polonaise souhaite « ardemment » que le Kub lui rende des comptes…

Un récit qui se lit aisément et permet de découvrir Varsovie et ses turpitudes, avec une (excellente) fin peu conventionnelle…

Traduction : Erik Veaux.

Titre original : Podpalacz (2012).

Gallica, Livre troisième : Les Enfants de la Veuve, Henri Lœvenbruck

Présentation de l’éditeur. L’hiver s’abat sur l’an 1154 dans les couleurs sombres de l’apocalypse. Les Brumes, ces créatures de légende, ont quitté le monde. Ce sont les hommes, à présent, qui meurent les uns après les autres, emportés par cette épidémie dont nul ne connaît le nom.

Bohem, celui que les Compagnons du Devoir nomment Liberté Outremer, saura-t-il trouver le remède à cette malédiction ? Trouvera-t-il la troisième voie ? Car il est l’Enfant de la Veuve, le passeur des mondes. Il est l’héritier de la parole perdue, celui qui pourra achever l’hiver, guider les hommes et les loups vers un nouveau printemps.

Pendant que le monde se déchire, que les rois et les soldats du Christ s’affrontent dans un ultime combat, Bohem cherche le chemin d’une nouvelle chance. S’il échoue, Gallica, à jamais, échappera à nos mémoires. 

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Mon avis. Un plaisir de cheminer à nouveau en compagnie de Bohem, Mjolln, Loeva…

La quête qui s’offre/s’impose maintenant à Bohem, c’est d’abord d’essayer de retrouver et délivrer Vivienne, et ensuite, de trouver un remède capable d’enrayer cette « épidémie » qui, après avoir décimé les Brumes, s’en prend désormais aux hommes. Le groupe hétéroclite, qui a rejoint Bohem dans cette marche (é)perdue vers des lieux découverts au fur et à mesure par le jeune homme lors de ses « explorations » du monde de Djar, continue à croire en lui, malgré les décès quotidiens.

Côté politique, Emmer, roi de Brittia, est fermement décidé à se débarrasser définitivement de Livain, à la tête de Gallica. Et inversement. La lutte est âpre et chacun de combats laisse derrière lui une véritable boucherie. S’ajoutent en outre, en catimini, les manœuvres de l’Église.

Ce dernier opus prend son temps pour faire évoluer les personnages, à l’instar des kilomètres parcourus par le groupe de Bohem, dans le froid et la faim. Sans certitude d’apercevoir, un jour, l’arrivée.

  « L’hiver de l’an 1154 s’était abattu sur les terres de Gallica avec la force et la violence d’un raz de marée. Jamais le pays n’avait connu de saison aussi rude que celle-là. Le ciel, un matin, avait refusé de s’éclaircir et depuis lors il continuait de plonger le pays dans de tristes ténèbres. Les hommes sortaient peu, réfugiés devant leurs cheminées, et les bêtes, elles, enduraient au-dehors les morsures du froid. Il n’y avait guère que le voile pâle de la neige pour éclairer encore timidement le paysage, alors que les flocons qui tombaient jour et nuit étouffaient l’horizon. Les arbres dénudés étaient des statues noires, entortillées, au milieu de longues plaines. [intégrale p. 707]

Merci aux éditions J’ai Lu pour ce partenariat.