Le Couple idéal (enfin), Angéla Morelli

Présentation de l’éditeur. UN GOUJAT ÉGOCENTRIQUE  ! Voilà comment Clara, libraire, qualifie désormais l’écrivain mondialement célèbre Craig Anderson, qui était son auteur de polars favori. Était, car leurs échanges sur les réseaux sociaux lui ont permis de découvrir une toute nouvelle facette de M. Anderson, laquelle n’est pas très reluisante. Après tout, s’il ne supporte pas les critiques de ses romans, il n’a qu’à pas les lire  ! Et, comme si cette désagréable déconvenue ne suffisait pas, ce mois d’août à Paris est aussi désert que caniculaire. Heureusement, un séduisant touriste écossais pousse presque tous les jours la porte de sa librairie La Caverne d’Ali-Baba et multiplie les prétextes pour la croiser par hasard…

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Mon avis. La (belle) fin de la série Les Parisiennes

C’est l’histoire de deux rencontres : celle de Clara et Craig Anderson, auteurs à succès de polars, rencontre qui a démarré sous les pires auspices puisque Anderson est tombé par hasard sur une critique (négative) de son dernier roman rédigée par Clara et publiée sur le blog de sa librairie ; l’auteur a aussitôt réagi sur twitter et s’en sont suivis des échanges houleux entre l’écrivain passablement condescendant et la Parisienne passionnée, d’autant que celui-ci sait, en son for intérieur, que les critiques de Clara sont justifiées et qu’il aurait bien besoin de changer son fusil d’épaule.

  « – […] Je croyais pourtant que tu adorais cet auteur.

   – L’auteur, oui. Le mec, pas du tout. Il est égocentrique et fermé à la critique. C’est pourtant lui qui est venu me chercher. » [p. 93]

La deuxième rencontre est celle de Clara et Logan Fraser, un Écossais en voyage à Paris en compagnie de Milady (comme dans Les Trois Mousquetaires), son adorable chienne. Autant Clara éprouve de l’animosité à l’égard d’Anderson, autant elle se laisse charmer par l’érudition livresque, l’élégance et l’humour de Fraser.

  « Le mercredi matin, Clara contempla sa garde-robe avec plus d’attention que d’habitude.

   Logan avait proposé de la croiser par hasard au Tout à Trac avant l’ouverture de la librairie. Elle avait beau s’en défendre, cette idée faisait naître une légère, oh très légère excitation au creux de son ventre. Une petite appréhension agréable qu’elle n’avait pas ressentie depuis une éternité. » [p. 135]

Je ne peux décemment pas en dévoiler davantage ; sachez cependant que, sous sa jolie plume, l’humour de l’auteure est toujours bel et bien présent, et qu’Émilie et Louise surgissent subrepticement au détour des pages. S’ajoute en outre un personnage charmant et haut en couleurs, en mal d’amour, ami gay/gai et confident de ces dames : Antoine.

  « Je suis tatoué,  je mets du fond de teint quand je n’ai pas assez dormi et on me prend pour un putain d’hétéro ! Ma vie est foutue, gémit-il en enfouissant théâtralement son visage entre ses mains. » [p. 109]

Une lecture bien agréable, tout simplement.

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La Rencontre idéale (ou presque), Angéla Morelli

Présentation de l’auteur.  UN SÉJOUR DÉTOX. Voilà comment Louise envisage ses vacances dans la maison de campagne que lui a prêtée une amie : air pur et nature devraient l’aider à se déconnecter de sa vie parisienne survoltée. Mais, surtout, c’est l’occasion parfaite de débuter sa période sans homme ; au beau milieu de la Picardie, cela ne devrait pas être très compliqué de résister à la tentation. Du moins, c’est ce qu’elle pense avant de rencontrer Joffrey, son voisin apiculteur, et Arnaud, l’artisan chargé des travaux de la grange attenante. Deux hommes radicalement différents, mais qui ont un point commun : le danger qu’ils représentent pour ses bonnes résolutions. Parviendra-t-elle à tenir sa promesse ?

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Mon avis. Louise, Parisienne convaincue, a accepté de superviser les travaux de réfection de la grange appartenant à une amie d’Émilie – cf. L’homme idéal (en mieux) -, en Picardie. L’avantage du lieu : pratiquer « sans danger » son « sevrage de la gent masculine ». Deux « hic » : Joffrey, séduisant apiculteur rencontré dès son arrivée ; et Arnaud, horripilant entrepreneur chargé des travaux. Louise a fait le pari, avec ses amies restées dans la capitale, qu’elle résisterait courageusement à toute attraction masculine. Si aucun danger n’est visiblement à craindre du côté d’Arnaud, ours mal léché avec lequel la relation a démarré sur de très mauvaises bases – euphémisme -, il en va différemment de Joffrey qui a tout pour lui plaire et paraît être prêt à se lancer dans une « approche approfondie ». »

  « – Ce n’est pas grave, reprit-elle en souriant. Je…

   – Non, vous avez raison, l’interrompit-il, sarcastique. Ça fait juste vingt minutes qu’on poireaute, rien de grave.

   – Je vous ai déjà dit que j’étais désolée, répliqua Louise en relevant le menton. Tout ceci n’est qu’un malheureux concours de circonstances…

   – Est-ce que le malheureux concours de circonstances voudrait bien avoir l’amabilité de nous ouvrir la porte de la grange ?

   Louise le considéra en silence quelques instants avant de tourner les talons.

   – Je vais chercher les clés, annonça-t-elle sèchement. » [p. 56 – 57]

  « Louise était dans la panade.

   Voilà qu’elle venait de faire la connaissance d’un homme plus que comestible alors qu’elle n’avait même pas encore atteint sa destination. » [p. 25]

    « Remarque, elle dînait finalement peu souvent avec un homme. C’est la partie qu’ils sautaient toujours vu qu’ils filaient droit au lit. Ou au canapé. Ou sur le tapis. Bref. Ça pouvait être une expérience intéressante… » [p. 36]

C’est dire que même si Louise était vraiment décidée (?)  à demeurer abstinente, elle aurait fort à faire pour résister.

On retrouve dans ce roman la verve et l’humour présents dans L’homme idéal (en mieux) mais ici, l’action se focalise sur Louise, la perfection féminine incarnée ; remarquable et remarquée où qu’elle soit, elle peine à ne pas jauger tout spécimen masculin comme entrant dans une des catégories suivantes : « la catégorie « là, tout de suite » et la catégorie « over my body« , aussi connue sous le nom de « même pas si l’humanité était décimée et qu’on devait repeupler la planète ». » [p. 199]

Au fur et  à mesure du récit apparaissent les fêlures de cette femme à qui tout/tous souri(en)t extérieurement. Et même si l’on pressent très vite dans quelle direction soufflera le vent, j’ai passé un très bon moment en sa compagnie.

Les prières de sang, Jean-Marc Dhainaut

Présentation. Alan Lambin, spécialiste en paranormal, est appelé à enquêter dans un vieux monastère ayant accueilli autrefois quatre templiers en fuite. Depuis, ses murs semblent dissimuler un lourd secret solidement gardé par des âmes hostiles. Les parchemins ne mentent pas, ni ces cris que chacun peut entendre la nuit dans les sombres couloirs du monastère. Et dire que tout a commencé parce qu’une étudiante a acheté un jour une armoire ayant appartenu aux moines. Une armoire qui n’avait pas perdu la mémoire…

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Mon avis. Du très bon fantastique…

J’ai retrouvé avec plaisir Alan et Mina, ces « chasseurs de fantômes » découverts avec l’excellent La maison bleu horizon. Ils sont cette fois sollicités par Céline, une jeune femme aux études qui doit bientôt accoucher. Elle vit seule et depuis quelque temps surviennent des événements étranges qui commencent à lui faire véritablement peur. Ceux-ci semblent liés à une armoire ancienne récupérée par la jeune femme lors d’une brocante.

Le récit nous emmène en Normandie mais également en des temps anciens où les Templiers faisaient régner leur loi, pour le meilleur et parfois le pire ; en témoigne l’atmosphère terrifiante régnant en des lieux qu’ils ont occupés dans le passé.

J’ai passé un bon moment en compagnie du couple d’enquêteurs, même si les atermoiements relatifs à leur relation sont parfois agaçants. Je lirai volontiers leurs futures aventures.

Merci aux éditions Taurnada pour ce partenariat.

Ce titre entre dans le challenge de La Licorne 4.

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Le guide nature : Les petites bêtes, Collectif

Présentation de l’éditeur. Du vieux mur au fond du jardin en passant par l’étang forestier et la prairie fleurie, partez à la découverte des innombrables petites bêtes qui habitent près de chez vous. Dense et clair, ce guide de terrain deviendra votre fidèle compagnon de toute excursion au pays des minuscules. A glisser dans votre poche.

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Mon avis. Un guide rempli d’informations et abondamment illustré. Il devrait ravir ceux qui s’intéressent à ces « petites bêtes », volantes ou rampantes.

Après quelques renseignements relatifs au matériel susceptible d’être utilisé pour partir à la découverte de ce monde miniature, et les quelques règles d’or à respecter au fil de l’exploration, le livre se découpe en plusieurs parties : d’abord autour de la maison (sous notre toit, dans les feuilles mortes, les faux ennemis) ; ensuite les « petites bêtes à six pattes » (criquets…, libellules…, punaises, papillons, mouches, abeilles, guêpes, fourmis et coccinelles) ; et enfin les « autres petites bêtes », à savoir araignées, limaces et escargots.

Ce guide présente brièvement chaque catégorie envisagée en proposant une illustration détaillée et en en précisant chaque fois les spécificités à l’aide de symboles et abréviations (lieu, régime alimentaire, activité,…). Le bord de la quatrième de couverture est agrémenté d’une règle de 18,5 cm.

Une véritable mine de renseignements qui permet de se rendre compte que l’on en connaît finalement peu sur ces « petites bêtes » qui n’ont pas toujours bonne presse…

Merci aux éditions La Salamandre pour ce partenariat.

La lune est à nous, Cindy Van Wilder

Présentation de l’auteur. Max et Olivia n’ont pas grand-chose en commun. Max, solitaire et complexé, peine à s’intégrer dans son nouveau lycée. Olivia, sociable et hyperactive, vient d’être recrutée par la très populaire chaîne YouTube « Les Trois Grâces » et s’investit dans le milieu associatif. Ils n’ont rien en commun, si ce n’est qu’ils sont en surpoids, et que le monde le leur fait bien payer. Lorsqu’ils se rencontrent, ils se comprennent instantanément. Et décident de réagir – chacun à sa manière. L’habit ne fait pas le moine, dit-on… Ni Max ni Olivia ne s’attend aux défis qu’ils vont rencontrer. Et si l’aiguille de la balance n’était pas le seul challenge ? Et s’il était possible de décrocher la lune, même après être tombé à terre… ?

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Mon avis. Un très beau texte à proposer à tous…

Ce récit à deux voix met en lumière deux héros : Olivia, alias Olive, dont les parents sont décédés alors qu’elle n’avait que sept ans. Ses frères et elle ont été recueillis par leurs oncle et tante, des « tuteurs » avec qui la relation n’est pas toujours au beau fixe. Depuis que ses frères ont quitté le « nid » pour le travail ou les études, Olivia se retrouve seule avec Claire et David et s’évertue surtout à faire le moins possible de vagues afin d’éviter les conflits. Sa bulle d’oxygène, elle la trouve au Dépôt, le centre culturel où elle est bénévole, un lieu aux mille couleurs où la jeune métisse trouve pleinement sa place. Un peu « enveloppée », elle a trouvé son « public » via un compte instagram sur lequel elle parle de mode.

  « Plus que quelques kilomètres et je serai chez moi.

   J’examine à nouveau la photo qui s’étale sur mon écran, celle qu’Imane vient de m’envoyer.

   Ma petite bande de fous furieux.

   Ma famille de cœur. » [p. 11]

L’autre personnage principal se nomme Max(imilien), alias Bouboule. Ses drames : son père et sa mère divorcent et son frère et lui sont contraints de quitter la maison familiale du sud de la France pour suivre leur mère revenue en Belgique, plus précisément la région de La Louvière ; à cela s’ajoutent ses kilos excédentaires et son homosexualité non assumée.

  « Les joies du GPS. Ou alors Ploucland lui a définitivement fait perdre la boule.

   J’examine les environs.

   Aucun miracle à l’horizon, mon général.

   C’est toujours aussi moche, aussi gris. Aussi plat.

   Pour couronner le tout, de larges gouttes recommencent à s’écraser sur les vitres. » [p. 18]

  « J’essaie d’ignorer que nous ne sommes plus que trois. » [p. 23]

Ces deux-là vont « se trouver », d’une manière originale puisqu’il ne sera pas ici question de tomber amoureux mais de « tomber en amitié ». Comme une évidence.

Et ils auront bien besoin l’un de l’autre pour s’épauler quand la médisance se fera plus forte et les réseaux sociaux impitoyables à tous points de vue. Ils pourront aussi compter sur les amis du Dépôt, indéfectible soutien.

  « Toute la boue qui me salit de l’intérieur se répand comme la peste.

   Sous la douche, je me frotte à m’en déchirer la honte.

   J’ai honte.

   J’ai peur.

   Et en même temps, je m’en veux. Je m’en veux tellement de m’être exposée de cette manière, d’avoir cru que je pouvais être normale, et que, surtout, on pouvait m’accepter comme je suis. » [p. 131]

Ce récit, que je vous recommande, aborde, l’air de rien, bon nombre de blessures de la vie que peuvent rencontrer les jeunes aujourd’hui ; en outre, le cadre de l’action, proche de chez moi, renforce l’impression de réalité. Le tout, saupoudré d’humour et d’émotion.

Avec des Si et des Peut-être, Carène Ponte

Présentation de l’éditeur. Professeur de français, Maxine vit en colocation avec Claudia (et ses crèmes au jus d’herbe fermenté), elle aime Flaubert (ses élèves, Stromae), courir avec ses deux meilleures amies (trois cents mètres) et aller chez le dentiste (sa sœur).
Maxine croit aux signes et aux messages de l’Univers. Pourtant elle ne peut s’empêcher de se demander : « Et si j’étais allée ici plutôt que là, si j’avais fait ceci au lieu de cela, ma vie serait-elle chamboulée ? »
En bonne prof de français, Maxine aime le conditionnel…
Mais à trop réfléchir « avec des si et des peut-être », ne risque-t-on pas d’oublier de vivre au présent ?
Et si la vie décidait de lui réserver un drôle de tour ?

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Mon avis. De nouveau une agréable lecture estivale…

Nous découvrons Max(ine), professeure de français dynamique qui tente, tant que faire se peut, de faire découvrir à ses élèves des auteurs dont ils n’ont parfois (!) que faire.  Elle vit avec une improbable colocataire, passe des moments de « déconnade » intense avec ses copines, et fantasme sur le nouveau proviseur. Elle se prend également souvent à  imaginer ce que serait son présent si elle « avait fait si », si elle « avait choisi ceci plutôt que cela ». Bref, elle redéroule en pensée un fil autre de sa vie… jusqu’à ce que la réalité (?) prenne le pas sur les aimables fictions auxquelles elle a songé.

Ce roman se lit aisément et suscite la réflexion autour des questions que l’on s’est tous déjà posées autour des « si » et des « peut-être », ces chemins que l’on a suivis dans l’existence, imaginant ce que serait notre vie si nous avions bifurqué, pour l’une ou l’autre raison… L’humour présent tout au long du récit et les situations cocasses rendent la lecture bien agréable…

Merci aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

Le Trésor de l’île sans nom, Gilles Abier ; illustrations de Mini Ludvin

Présentation de l’éditeur. Il existe une île sans nom, qui n’est répertoriée sur aucune carte et qui cache au fond de son volcan éteint le TRÉSOR d’une bande de pirates. Là vivent en secret les COQUINS, des enfants que leurs parents flibustiers destinent à une vie respectable, loin des dangers de la piraterie.

Cependant, quand un navire inconnu vient accoster en l’absence des adultes, les Coquins n’ont pas le choix : il leur faut prendre la relève et TOUT FAIRE POUR PROTÉGER LEUR ÎLE !

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Mon avis. Un véritable récit d’aventures qui devrait plaire aux jeunes lecteurs…

Nous découvrons une bande d’enfants vivant sur une île  censée ne pas exister ; ce sont les enfants de pirates célèbres partis « rançonner » au loin. Ces derniers ont confié leur progéniture à des personnes de confiance chargées de parfaire leur éducation dans les domaines les plus variés. Quant aux enfants, ils rêvent bien sûr de partir à l’aventure.

Lorsqu’un bateau s’approche trop de l’île, ses habitants se chargent aussi vite de l’éloigner en simulant une éruption volcanique ; le bateau s’empresse alors de s’éloigner… jusqu’au jour où le stratagème semble ne pas fonctionner…

  « Tribord n’en croit pas ses yeux. Même après une troisième explosion, la caravelle se dirige toujours droit sur eux ! » [p. 60]

Les enfants, surnommés les Coquins, portent bien leur sobriquet et auront l’occasion de mettre leurs talents potentiels à l’épreuve lorsque des indésirables semblent sur le point d’accoster. Mais disposeront-ils de la réactivité et de l’intelligence nécessaires pour contrer ce danger ?

Un roman à recommander aux jeunes flibustiers.

Merci à Poulpe Fictions pour ce partenariat.

Love & Gelato, Jenna Evans Welch

Présentation de l’éditeur. « J’ai fait le mauvais choix. »

Avant de mourir, la mère de Lina lui a demandé d’aller en Italie pour faire la connaissance de son père. Mais pourquoi ne lui a-t-elle jamais parlé de lui ?

À peine arrivée, Lina n’a qu’une envie : rentrer le plus vite possible aux États-Unis. Puis elle rencontre Ren, un garçon de son âge, qui lui sert de guide, et elle se laisse peu à peu séduire par ce pays. Lina entreprend alors de lire le journal que sa mère tenait à l’époque où elle vivait à Florence et s’aperçoit que sa vie renfermait bien des secrets. En suivant ses traces, elle découvre une vérité bouleversante…

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Mon avis. Un « chouette » moment en compagnie de (Caro)Lina…

Aucune véritable surprise lors de la lecture de ce roman ; non seulement la quatrième de couverture laisse peu de place à l’implicite, mais on comprend bien avant Lina ce qu’il en est de son père et pourtant, pourtant, ce fut une lecture bien agréable et je me suis bien volontiers laissé emporter à Florence, aux côtés de cette jeune fille, tantôt (un brin) agaçante, tantôt (très) touchante…

Lina vient de perdre sa mère qui, juste avant de quitter ce monde, la prie de se rendre en Italie, sur les traces d’un père dont l’adolescente n’a cependant jamais entendu parler et dont elle n’a que faire. Mais elle a fait une promesse à sa mère : elle la tiendra donc mais est bien décidée à rentrer aussi vite que possible aux États-Unis.

  « Ma mère nous avait tenus à l’écart l’un de l’autre pendant seize ans. Pourquoi nous réunir aujourd’hui ? » [p. 102]

Ce récit plein de fraîcheur – malgré les températures estivales – ne sombre cependant pas dans une légèreté factice et fait la part belle à l’Italie, tout particulièrement Florence qui devient un personnage à part entière.

  « L’ascension valait vraiment la peine. La vue de Florence était aussi époustouflante que dans la description de ma mère : une mer de toits rouges sous un ciel uniformément bleu, et des collines verdoyantes qui formaient comme un écrin de douceur tout autour de la ville. » [p. 205]

Un roman qui se déguste comme une bonne glace…

Traduction : Pascale Jusforgues

Titre VO : Love & Gelato (2016).

Merci aux éditions Bayard pour ce partenariat.

La Main de l’Empereur, tome 2, Olivier Gay

Présentation de l’éditeur. Les guerres koushites sont finies mais l’Empire ne connaît toujours pas la paix. Les barons profitent de la situation pour se rebeller, et la corruption règne au sein de la capitale. Aux côtés du jeune duc Gundron, Rekk reprend du service. Il peut toujours compter sur les femmes de sa vie, Bishia et Dareen, pour le guider dans la bonne direction. Mais est-ce vraiment la bonne ? Pour protéger ceux qu’il aime, le Boucher est prêt à tout.

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Mon avis. Une apothéose…

J’avais beaucoup aimé les épisodes précédents (ici, ici et ici) et subjectivement, je trouve que celui-ci les surpasse. Il m’a d’ailleurs donné l’envie de relire ceux qui, chronologiquement quant à la vie du Boucher, suivent cet opus (Les épées de glace 1 et 2) alors qu’ils ont été publiés antérieurement (vous me suivez ?).

On retrouve Rekk, à l’issue des guerres koushites, désireux de laisser derrière lui les intrigues de la Cour pour vivre pleinement son amour avec Bishia. Le souci, c’est que l’empereur ne l’entend pas de cette oreille, d’autant qu’il juge que décidément, son général est devenu par trop populaire.

Hormis un épisode au cours duquel Rekk devra se battre aux côtés du bouillonnant duc Gundron dépouillé par ses vassaux, le récit laisse « quelque peu » de côté  les combats ; pourtant, Rekk aura fort à faire dans la mission qu’il s’est assignée, avec l’apparente bénédiction de l’empereur : remettre de l’ordre dans les rues de Musheim et pour ce faire, lutter  contre la corruption (hé oui, là aussi). Le voici devenu prévôt. Sauf que le Boucher n’avait pas pris la pleine mesure de ce que son intransigeance aurait comme conséquences…

  « – Voilà, finit-il par dire, en tendant la lettre à Rekk. Par cet édit, je te nomme prévôt de Musheim et, à ce titre, responsable de l’intégralité des gardes de la ville. Je t’accorde ma confiance… puisses-tu en faire bon usage.

   – Vous ne le regretterez pas, Votre Grâce. Voici enfin l’occasion de me racheter.

   – Oui, oui, c’est ça. Rachète-toi bien.

   Rekk s’inclina bien bas puis sortit de la pièce. Bel attendit que le bruit de ses pas ait décru avant de s’autoriser un sourire.

   – Oh ! Rekk. « Je ne veux plus verser le sang des innocents mais je n’ai aucun problème avec celui des coupables. » Tu vas vite découvrir que le plus difficile, c’est de savoir qui est qui. » [p. 171]

 

J’ai particulièrement aimé le travail des personnages : malgré les méfaits commis, Rekk s’avère touchant, surtout quand, de temps à autre, on se rappelle qu’il n’a qu’une vingtaine d’années et est le jouet, parfois naïf, du pouvoir ; Dareen demeure celle que l’on a connue précédemment ; Bishia reste fidèle à elle-même… (tout est dans les points de suspension) ; s’ajoute un personnage qui attire inévitablement l’attention : Bahus, un géant désireux de se mesurer à Rekk, quoi qu’il puisse lui en coûter.

Quant à la fin,  qui permet de « boucler la boucle », elle est grandiose. Ni plus. Ni moins.

 

Ce titre entre dans le challenge de La Licorne, 4.

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Le Parlement des cigognes, Valère Staraselski

Présentation. Cracovie, au cœur de l’Europe : durant la visite d’une galerie de peintures, de jeunes Français rencontrent un vieillard insolite portant nœud papillon en laine et canne à pommeau. Il se tient immobile devant un tableau représentant des cigognes. Qui est cet homme si irradiant d’énergie ?

Au travers d’un récit bouleversant, le vieil homme témoigne de son expérience dans un pays jadis asservi par les nazis. Il livre cette part de vérité sans laquelle il n’est pas de liberté possible. Cette vérité irréparable que l’on porte en soi pour toujours.

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Mon avis. Un beau texte qui m’a cependant laissée sur ma faim…

L’éditeur met en exergue la rencontre entre un groupe de jeunes Français en visite à Cracovie et un vieux monsieur qui a survécu à l’hégémonie nazie ; pourtant, cette rencontre arrive assez tardivement dans le récit et c’est bien dommage. Car même si les pages relatives à la découverte de la ville sont joliment tournées – la neige y devient presque un personnage -, elles sont purement descriptives et ne servent en rien le propos.

« Tout était blanc. Une sorte de très vaste terrain vague sans fin dont on devinait qu’il devait s’interrompre au pied d’une déclinaison : le tertre de Krak avec sa surface fascinante de blancheur au sommet qui renvoyait une couleur immaculée. Et, par-dessus, le ciel immense, presque infini à force d’être bleu. La réverbération du soleil sur la neige était telle que chacun se protégeait les yeux ou dirigeait son regard au sol juste devant soi. » [p. 39]

Or le témoignage relaté par le vieil homme, extrêmement poignant, est le point d’orgue de ce récit mais cette partie-là est esquissée alors qu’elle aurait dû, selon moi, être davantage déployée…

    « À Lubaczów, à l’automne 1943, on a massacré les Juifs de la manière suivante : on les avait tous chassés depuis leurs domiciles jusqu’à la place centrale. Les rues menant à la place avaient été barrées. Une fois sur la place, on les avait obligés à courir et on avait tiré sur eux pendant qu’ils couraient, jusqu’à les tuer tous. » [p. 63]

Merci à l’auteur pour ce service presse.