Pourvu que la nuit s’achève, Nadia Hashimi

Présentation de l’éditeur. Lorsque Zeba est retrouvée devant chez elle, le cadavre de son mari gisant à ses pieds, il paraît évident aux yeux de tous qu’elle l’a tué. Depuis son retour de la guerre, Kamal était devenu un autre homme, alcoolique et violent. Mais cette épouse et mère de famille dévouée est-elle vraiment capable d’un tel crime ? Présumée coupable, Zeba est incarcérée dans la prison pour femmes de Chil Mahtab, laissant derrière elle ses quatre enfants.

C’est à Yusuf, fraîchement revenu des États-Unis pour régler une dette symbolique envers son pays d’origine, l’Afghanistan, que revient la défense de ce cas désespéré. Mais la prisonnière garde obstinément le silence. […]

Hashimi

Mon avis. Un beau texte qui prend le temps de s’écrire…

Focus sur l’Afghanistan : Zeba a été arrêtée car trouvée dans la petite cour de sa maison, face à son mari sauvagement assassiné. La jeune femme, mutique, est emmenée dans la prison pour femmes de Chil Mahtab, en attendant son jugement et sa condamnation, voire son exécution. Il est d’ailleurs déjà « heureux » qu’elle ait eu le temps d’être  emprisonnée plutôt que d’emblée assassinée par la famille de son mari…

L’histoire de Zeba met l’accent sur les coutumes ancestrales d’un pays où il ne fait décidément pas bon être femme. Pour preuve, le nombre important de femmes, jeunes et moins jeunes, purgeant une peine de prison sans avoir commis, à nos yeux d’Occidentaux, aucun crime. Certaines préfèrent d’ailleurs rester protégées dans ce lieu clos plutôt que d’être en danger « à l’extérieur », (dés)honneur oblige.

Zeba a tout loisir de réfléchir sur sa vie, son enfance, ses enfants désormais confiés aux « bons » soins de sa belle-sœur, son mari autour duquel le « noir » semblait s’agglutiner. Elle se voit attribuer un avocat, Yusuf, revenu temporairement des États-Unis pour renouer avec son pays d’origine. Mais comment œuvrer  efficacement tant que Zeba refuse de parler alors que tout l’accuse ?

  « Zeba ferma les yeux. Que faisait-elle subir à ce jeune homme ? N’était-ce pas une erreur de l’attirer avec elle dans cet abîme ? Il était si jeune, trop jeune pour prendre part à ce bain de sang. Cela le détruirait, sans nul doute, et elle serait la seule responsable du désastre. » [p. 147]

Inutile de vous plonger dans ce roman si vous recherchez de l’action car tout est dans la réflexions, les souvenirs de l’un et l’autre, distillant çà et là – parfois très/trop lentement – d’infimes informations permettant au lecteur de soulever un coin du voile pudiquement/hypocritement posé sur cette société où l’homme, la rumeur et l’honneur imposent, et la femme dispose. Et nous tenons, douloureusement, la main de Zeba, en attendant l’inéluctable…

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