Les Oscillations du cœur, Anne Idoux-Thivet

Présentation de l’éditeur. Discrète et fleur bleue, la Japonaise Aïko Ishikawa est une designer textile talentueuse. Veuf inconsolable, l’écrivain Jean-Marc Poulain se définit lui-même comme une « ancienne gloire de la littérature ». Quant à la déroutante Angélique Meunier, elle est mathématicienne au CNRS.

Que peuvent bien avoir en commun ces trois personnages ? En apparence rien, sauf peut-être leur amour pour de curieux petits jouets vintage appelés culbutos. Par hasard, ils découvrent que certains de ces joujoux renferment de mystérieux messages : « Le phare m’appelle », « Les amants sont des âmes sœurs », « Demain je pars »…

Lié par cette étrange trouvaille, l’étonnant trio parviendra-t-il à percer cette singulière énigme ?

Couverture Les oscillations du coeur

Mon avis. Un livre « doudou »…

Trois personnages singuliers voient leurs routes se croiser grâce à une passion commune : les culbutos ou poussahs, ces jouets qui basculent et reviennent systématiquement à leur position une fois l’impulsion donnée.

Le roman s’ouvre sur Aïko, une jeune femme qui a quitté son Japon natal pour venir s’installer en France, à Arles précisément, la ville de son idole, Claudine Casserole (!), une chanteuse française au charme suranné. Aïko puisse son inspiration de designer textile dans les culbutos qu’elle collectionne.

La deuxième voix, c’est celle de Jean-Marc, un (presque) quinquagénaire se définissant lui-même, en son for (très) intérieur, comme un « has been de la littérature ». Veuf depuis peu, il souffre profondément de l’absence de Barbara, décédée dans un accident de voiture. Alors que son premier roman s’était vendu à 800.000 exemplaires, les suivants ont à peine connu un succès d’estime. En triant les affaires de la défunte, il découvre d’elle une facette totalement inconnue : son goût pour les romans à l’eau de rose qu’elle nommait « tatasseries » ; un intérêt qui culmine dans l’animation d’un blog : « le Cercle des Colombes amatrices des romans Colombine ». Dans la foulée, il se retrouve fortuitement confronté au mécanisme ingénieux du culbuto de Barbara.

Enfin apparaît Angélique, dont la passion pour les mathématiques n’a d’égale que sa difficulté à entretenir des relations avec ses congénères. Elle a trente-cinq ans, vit toujours chez ses parents, ne se sent rassurée que par les chiffres et voue une passion sans borne au Gömböc.

   « Angélique aurait bien aimé parler du Gömböc, mais on lui avait expliqué qu’il était impoli de monopoliser une conversation pendant des heures – sur ce sujet précis, elle était intarissable – en se répandant sur ses propres centres d’intérêt. Elle avait relu cette règle à la page 26 de son cahier d’habiletés sociales. » [p. 106 – 107]

   « – Tu ne devrais plus porter de nœud papillon, lui suggéra Aïko. Ou bien des modèles beaucoup plus originaux qui te donneraient un look branché plutôt que… rétro. Pareil pour ton gilet sans manches. On peut faire nettement mieux. Et…

    Elle se censura brusquement.

    –  Oh ! Je suis désolée, Jean-Marc. Je n’en reviens pas d’avoir dit ça !

    – Moi non plus, l’enfonça Angélique, je n’en reviens pas que tu aies dit ça ! Toi qui es neurotypique, tu devrais savoir depuis longtemps qu’on doit tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. Cela dit, tu as raison. Jean-Marc a l’air ringard. Sa tenue le vieillit. On lui donnerait plus de cinquante ans, alors que je suis presque sûre qu’il est seulement quadra. C’est dommage. Dans le temps, il devait être pas mal du tout.

    Aïko baissa la tête, aussi contrite qu’aurait pu l’être une gamine de huit ans.

    Contre toute attente, le principal intéressé ne protesta pas. » [p. 130 – 131]

C’est par l’intermédiaire des culbutos et du blog de Barbara repris incognito en main par Jean-Marc que le trio sera amené à se rencontrer, désireux de résoudre l’énigme relative aux billets insérés à l’intérieur des petits objets basculants.

J’ai beaucoup aimé ce récit tendre mais qui ne sombre jamais dans la mièvrerie ; chacun des personnages est amené à évoluer (in)sensiblement au contact des deux autres au fil d’une quête ardue qui mettra du piment dans leur quotidien.

Une lecture bien agréable…

Merci aux éditions Michel Lafon pour ce partenariat.

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